
Le gendarme budgétaire espagnol exige plus de 10 milliards d'euros de coupes pour respecter la règle nationale de 2026
L'autorité indépendante a prévenu que sans mesures immédiates, l'Espagne risque de violer son plafond national de dépenses, le gouvernement central et la plupart des régions dépassant les objectifs.
La croissance des dépenses presque le double du taux autorisé
L'Autorité indépendante de responsabilité fiscale (AIReF) a relevé sa prévision de croissance des dépenses primaires nettes en 2026 à 6,4 %, soit presque le double du taux de référence de 3,5 % fixé par la règle nationale de dépenses. Cette mise à jour, publiée mercredi dans son rapport sur l'exécution budgétaire, la dette publique et la règle de dépenses, marque une forte détérioration par rapport aux 5,8 % projetés en mai. La croissance des recettes est estimée à 6 %, laissant un écart annuel équivalent à 1,1 % du PIB. Cumulativement, les dépenses ont déjà augmenté de 16,5 %, bien au-dessus des 13 % convenus dans le Plan budgétaire et structurel à moyen terme.
Si vous voulez respecter le plan budgétaire et structurel à moyen terme, soit des mesures sont prises, soit la variation des dépenses primaires nettes nettes des mesures de recettes ne sera pas atteinte.
Taille de l'ajustement requis
L'autorité estime que pour respecter la règle nationale de dépenses cette année, des mesures supplémentaires équivalant à 0,6 % du PIB seraient nécessaires, soit un ajustement de plus de 10 milliards d'euros. Si elles étaient mises en œuvre, le déficit public global passerait de 2,6 % du PIB actuellement projeté à 1,9 %, et le taux de croissance des dépenses nettes dans le cadre européen tomberait à 4,7 %. Le compte de contrôle cumulé, qui suit les écarts budgétaires vis-à-vis de Bruxelles, se rapprocherait de zéro, offrant une marge de sécurité plus large. L'AIReF a également revu à la hausse sa prévision de croissance du PIB de trois dixièmes à 2,5 % pour 2026, portée par une forte demande intérieure et des tendances démographiques, mais a prévenu que cela ne suffira pas à compenser le dépassement des dépenses.
Large dépassement à tous les niveaux de gouvernement
Le gouvernement central est la principale source de risque, avec une croissance prévue des dépenses computables de 8,8 %, soit plus de cinq points au-dessus de la limite légale. Les communautés autonomes devraient connaître une augmentation de 4,2 %, également au-dessus du taux de référence de 3,5 %, malgré une amélioration de leurs soldes grâce à des transferts ciblés plus élevés pour les soins de dépendance. Les collectivités locales sont le seul sous-secteur en voie de respecter la règle, avec une croissance de 2,2 %. L'AIReF a noté que la plupart des régions tenues de soumettre des plans économico-financiers après avoir enfreint la règle de 2025 ont présenté des documents présentant des lacunes, sans mesures correctives supplémentaires pour 2026 et 2027.
- Gouvernement central
- 8.8 %
- Gouvernements régionaux
- 4.2 %
- Collectivités locales
- 2.2 %
- Taux de référence
- 3.5 %
Conflit entre les cadres national et européen
Alors que la règle nationale exige une action immédiate en 2026, le respect des exigences européennes pourrait être reporté grâce aux clauses de sauvegarde pour les dépenses de défense et les mesures énergétiques, à condition que Bruxelles accepte le maximum de 0,3 % du PIB notifié par l'Espagne. Cependant, l'AIReF a souligné que le report des ajustements ne ferait que concentrer la charge en 2027 et 2028, lorsque le mandat du gouvernement actuel prend fin et que des élections générales sont prévues. L'autorité a exhorté le ministère des Finances à définir une stratégie budgétaire à moyen terme et à présenter le budget de l'État pour 2027 dans les délais.
Que les mesures soient prises en 2026, 2027 ou 2028, si elles ne sont pas prises, les engagements ne seront pas tenus.
Déficits régionaux et plans sous surveillance
L'AIReF a examiné les plans économico-financiers de sept régions qui n'ont pas respecté la règle de dépenses de 2025 : Andalousie, Cantabrie, Castille-La Manche, Catalogne, Estrémadure, Galice et Madrid. Elle a constaté qu'en général, les plans ne contiennent pas suffisamment de mesures pour maintenir la croissance des dépenses computables dans les taux de référence et, dans certains cas, souffrent de lacunes d'information. Pour la Castille-La Manche, le risque de non-respect est particulièrement élevé en 2027, car l'amélioration des transferts de l'État pour la dépendance est compensée par des mesures récentes en matière de personnel. Le plan de l'Andalousie a été critiqué pour ne pas inclure l'impact d'un accord de carrière horizontal pour les fonctionnaires ou les réductions d'impôts annoncées.


