Le président Donald Trump a conditionné le maintien de Jerome Powell à son départ volontaire d'ici le 15 mai 2026, tout en maintenant une enquête du ministère de la Justice sur la gestion de la banque centrale. Cette escalade intervient alors que la nomination de son successeur désigné, Kevin Warsh, se heurte à des obstacles majeurs au Sénat.

Ultimatum de départ

Donald Trump exige le départ de Jerome Powell d'ici le 15 mai 2026, sous peine de licenciement.

Blocage parlementaire

Le sénateur républicain Thom Tillis bloque la nomination de Kevin Warsh en signe de protestation contre l'enquête du ministère de la Justice.

Controverse judiciaire

Malgré l'annulation des citations à comparaître par un juge, les procureurs poursuivent leurs investigations sur le chantier du siège de la Fed.

Indépendance de la Fed

M. Powell prévoit de rester au Conseil des gouverneurs jusqu'en 2028, invoquant le cadre légal pour contester les pressions politiques.

Le président Donald Trump a menacé de limoger le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, si celui-ci ne quitte pas ses fonctions d'ici le 15 mai 2026. Cette déclaration accentue une confrontation de plusieurs mois portant sur les taux d'intérêt et une enquête criminelle concernant le 2.5 (milliards de dollars) — coût de la rénovation du siège de la Fed sous enquête du ministère de la Justice du siège de la banque centrale à Washington. Lors d'un entretien accordé à Fox Business mercredi, M. Trump a déclaré à propos de M. Powell : « S'il ne part pas à temps — j'ai reporté son licenciement, je voulais le licencier, mais je déteste la polémique, vous savez. Je veux éviter les controverses, mais il sera licencié. » Le président a simultanément exclu l'abandon de l'enquête du ministère de la Justice, la qualifiant non seulement d'investigation criminelle mais aussi d'« enquête sur l'incompétence » visant M. Powell. Le candidat choisi par M. Trump pour succéder à Powell, Kevin Warsh, doit comparaître devant la commission bancaire du Sénat le 21 avril, ne laissant que 24 jours — et 13 jours de session parlementaire — pour une confirmation complète avant l'échéance du 15 mai. Un sénateur républicain détient le sort de Kevin WarshLe sénateur Thom Tillis, républicain de Caroline du Nord et membre de la commission bancaire du Sénat, a promis de bloquer la nomination de M. Warsh tant que le ministère de la Justice ne mettrait pas fin à son enquête sur M. Powell, créant ainsi un obstacle majeur pour la Maison-Blanche. La commission dispose d'une majorité républicaine de 13 voix contre 11, ce qui signifie que l'opposition de M. Tillis peut à elle seule provoquer une impasse. Lors de son entretien, M. Trump a reconnu la situation, affirmant qu'il devrait « composer avec » si M. Tillis ne cédait pas, tout en minimisant la position du sénateur qu'il juge être celle d'un élu sur le départ. M. Warsh, ancien membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale de 2006 à 2011, a reçu des signaux favorables d'autres élus républicains. Cependant, l'inquiétude croissante du parti concernant l'impact de l'enquête criminelle sur l'indépendance de la banque centrale menace l'obtention des 51 voix nécessaires au Sénat. Scott Alvarez, ancien conseiller juridique de la Fed, a livré un constat sans détour : „« Ils sont sur le point de transformer une victoire en défaite en poursuivant cette enquête politique sans fondement »” — Scott Alvarez via The New York Times. Même si la Maison-Blanche tentait de contourner la commission, les réticences républicaines rendent une confirmation en session plénière avant le 15 mai peu probable. Un juge annule les citations à comparaître, mais les procureurs persistentLe juge fédéral James Boasberg a annulé en janvier les citations à comparaître émises par le ministère de la Justice à l'encontre de la Fed, estimant que l'enquête semblait conçue pour faire pression sur M. Powell plutôt que pour révéler de réels délits. „« Le gouvernement n'a fourni aucune preuve que M. Powell a commis un crime autre que celui d'avoir déplu au président. Il existe des preuves abondantes que l'objectif principal (sinon unique) de ces citations est de harceler et de faire pression sur M. Powell pour qu'il cède au président ou qu'il démissionne afin de laisser la place à un président de la Fed plus conciliant »” — James Boasberg via NPR. Le juge Boasberg a ensuite rejeté la demande de réexamen du ministère. Malgré cette décision, deux procureurs et un enquêteur criminel du bureau de la procureure fédérale Jeanine Pirro se sont présentés à l'improviste sur le chantier du siège de la Fed mardi pour demander une visite, selon le Wall Street Journal et le New York Times — une démarche qualifiée par Robert Hur, conseil extérieur de la Fed, de tentative de contournement judiciaire. Jeanine Pirro, procureure du district de Columbia depuis mai 2025 et alliée de longue date de M. Trump, a défendu l'enquête : « Tout projet de construction présentant des dépassements de coûts de près de 80 % par rapport au budget initial mérite un examen approfondi ». Un procureur fédéral avait pourtant admis en mars que l'enquête n'avait révélé aucune preuve de crime, selon Al Jazeera. M. Powell maintient sa position, la Cour suprême arbitre un litige parallèleM. Powell a clairement indiqué qu'il n'avait pas l'intention de partir sans résister, affirmant le mois dernier que si son successeur n'était pas confirmé à la fin de son mandat, il assurerait la présidence par intérim — une position explicitement prévue par la loi, selon lui, et déjà utilisée par le passé. „« C'est ce que la loi prévoit. Et c'est ce que nous allons faire dans cette situation »” — Jerome Powell via NPR. Au-delà de la présidence, le mandat de gouverneur de M. Powell n'expire qu'en janvier 2028, ce qui lui donne la base légale pour rester au Conseil encore deux ans et empêche M. Trump de nommer un remplaçant à son siège. M. Powell a également précisé qu'il ne quitterait pas le Conseil avant que l'enquête du ministère de la Justice ne soit conclue de manière transparente. Le cadre juridique concernant la capacité du président à révoquer des responsables de la Fed reste incertain : la Cour suprême examine actuellement la légalité de la tentative de M. Trump de limoger la gouverneure Lisa Cook, que la haute cour a autorisée à rester en poste en attendant le verdict. Certains alliés de Trump soutiennent qu'il pourrait désigner l'un de ses candidats actuels — tels que Stephen Miran, Michelle Bowman ou Christopher Waller — comme président par intérim, s'appuyant sur un mémorandum de l'ère Carter et un avis de 1983 signé par John Roberts, alors conseiller de la Maison-Blanche. La Réserve fédérale bénéficie de protections statutaires pour son indépendance depuis sa création en 1913. La tradition permettant à un président sortant de rester en poste par intérim jusqu'à la confirmation d'un successeur repose sur des précédents, y compris des situations impliquant M. Powell lui-même. La question juridique de savoir si un président peut révoquer un gouverneur de la Fed sans motif légal n'a pas été tranchée définitivement par la Cour suprême, faisant de l'affaire Cook un arrêt potentiellement historique pour la gouvernance de la banque centrale.

Mentioned People

  • Donald Trump — 47. Prezydent Stanów Zjednoczonych
  • Jerome Powell — 16. przewodniczący Rezerwy Federalnej od 2018 roku
  • Kevin Warsh — Amerykański finansista i były członek Rady Gubernatorów Systemu Rezerwy Federalnej
  • Thom Tillis — Senator Stanów Zjednoczonych z Karoliny Północnej od 2015 roku
  • Jeanine Pirro — Prokurator federalny dla Dystryktu Kolumbii od maja 2025 roku
  • James Boasberg — Główny sędzia Sądu Okręgowego Stanów Zjednoczonych dla Dystryktu Kolumbii

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