Le président polonais Karol Nawrocki a provoqué une vive controverse juridique mercredi 1er avril en n'invitant que deux des six juges récemment élus au Tribunal constitutionnel. Alors que Dariusz Szostek et Magdalena Bentkowska ont prêté serment au palais présidentiel, quatre autres candidats élus par le Sejm restent dans l'attente d'une invitation officielle.

Prestation de serment sélective

Le président Karol Nawrocki n'a fait prêter serment qu'à deux des six juges élus par le Sejm, citant le fait que seuls deux sièges sont devenus vacants durant son mandat.

Atteinte du quorum

L'ajout de Dariusz Szostek et Magdalena Bentkowska permet au Tribunal constitutionnel d'atteindre le seuil minimal de 11 juges nécessaire pour siéger en formation plénière.

Contestation du ministère de la Justice

Le ministre Waldemar Żurek dénonce une violation de la Constitution et suggère des méthodes alternatives d'assermentation pour les quatre juges restants.

Le président polonais Karol Nawrocki a reçu mercredi 1er avril la prestation de serment de deux des six juges nouvellement élus au Tribunal constitutionnel, en n'invitant au palais présidentiel que Dariusz Szostek et Magdalena Bentkowska. Les quatre autres candidats élus par le Sejm n'ont pas reçu d'invitation. Le chef de la Chancellerie du Président, Zbigniew Bogucki, a annoncé la décision lors d'une conférence de presse peu après midi, affirmant que les prestations de serment s'étaient déroulées « conformément à l'ordre juridique et constitutionnel ». La cérémonie au palais présidentiel s'est tenue en présence du président du Tribunal constitutionnel Bogdan Święczkowski, de la première présidente de la Cour suprême Małgorzata Manowska, et du vice-président de la Cour suprême administrative. M. Bogucki a déclaré que les deux nouveaux juges devaient « se présenter immédiatement au Tribunal et prendre leurs fonctions juridictionnelles ». Deux postes vacants, un mandat : le raisonnement juridique de la présidenceM. Bogucki a exposé deux motifs justifiant l'approche sélective du président. Le premier est d'ordre chronologique : le président Nawrocki a prêté serment le 6 août 2025, et deux sièges au Tribunal sont devenus vacants les 5 et 20 décembre 2025, soit durant son propre mandat. „Le président a décidé qu'il relevait de sa responsabilité fondamentale en tant que chef de l'État, mais aussi dans le cadre du mandat débuté le 6 août, de pourvoir ces deux postes vacants” — Zbigniew Bogucki via Polsat News La seconde raison concerne la capacité opérationnelle du Tribunal. M. Bogucki a souligné que la formation plénière du Tribunal nécessite un minimum légal de 11 juges ; or, avec seulement 9 juges en exercice avant la cérémonie de mercredi, l'arrivée de M. Szostek et de Mme Bentkowska permet d'atteindre exactement ce seuil. M. Bogucki a averti que toute tentative de faire prêter serment devant un autre organe ou à distance constituerait « un délit constitutionnel et un crime grave ». 11 (juges) — minimum requis pour la formation plénière du Tribunal constitutionnel Le ministre de la Justice s'inquiète pour les quatre juges restantsLes quatre juges élus par le Sejm qui n'ont pas été invités sont Krystian Markiewicz, Maciej Taborowski, Marcin Dziurda et Anna Korwin-Piotrowska. Le ministre de la Justice et procureur général, Waldemar Żurek, a publiquement contesté la décision présidentielle, appelant M. Nawrocki à préciser si les quatre restants recevraient une invitation « demain ou après-demain ». M. Żurek a soutenu que le président a l'obligation constitutionnelle d'accepter le serment de tous les juges élus par le Sejm, prévenant qu'un refus constituerait une « violation flagrante de la Constitution ». Il a suggéré trois scénarios alternatifs pour les juges restants : une prestation de serment devant le Parlement, devant le président du Sejm, ou à distance. „Force est de constater que l'expression « devant le président » peut ne plus signifier aujourd'hui « directement, face à face, en présence du président »” — Waldemar Żurek via PAP M. Żurek a également accusé M. Nawrocki de tenter d'« usurper le pouvoir » en traitant la cérémonie de serment comme un acte présidentiel discrétionnaire plutôt que comme une formalité constitutionnelle. Le Premier ministre Donald Tusk avait déclaré précédemment que « le président n'a pas le choix » et que les juges élus « prêteraient serment d'une manière ou d'une autre », selon des informations de Fakt24. Durcissement des positions politiques face à la coalitionLe Sejm avait élu les six juges en mars 2026, les candidats étant issus des différents partis de la coalition gouvernementale : Krystian Markiewicz, Maciej Taborowski et Marcin Dziurda étaient recommandés par la Coalition civique (KO), Anna Korwin-Piotrowska par la Gauche, Dariusz Szostek par Pologne 2050 et Magdalena Bentkowska par le Parti paysan polonais (PSL). Les commentateurs politiques de TVN24, Arleta Zalewska et Konrad Piasecki, ont estimé que l'approche sélective du président était une manœuvre tactique délibérée, conçue pour entraîner la coalition gouvernementale dans une confrontation politique plutôt que pour opposer un refus pur et simple. Le juge fraîchement assermenté Dariusz Szostek a confirmé avoir personnellement demandé à M. Nawrocki pourquoi seuls deux juges avaient été conviés, recevant l'explication relative aux vacances survenues durant le mandat présidentiel. M. Szostek a également déclaré qu'il prendrait ses fonctions au Tribunal après les vacances de Pâques, tout en notant que toute composition du Tribunal inférieure à 15 juges est « imparfaite ». Le Tribunal constitutionnel a été instauré en 1982 et a commencé ses travaux juridictionnels en 1986. La cour est au cœur d'un différend politique persistant en Pologne depuis 2015, date à laquelle le parti alors au pouvoir, Droit et Justice (PiS), a introduit des modifications dans la nomination et le fonctionnement du Tribunal, jugées attentatoires à l'indépendance judiciaire par ses détracteurs. Le litige sur la composition et la légitimité du Tribunal s'est poursuivi sous les gouvernements successifs et demeure non résolu en 2026.Événements clés du différend sur le serment au TK: — ; — ; — ; — ; —

Mentioned People

  • Karol Nawrocki — Prezydent Rzeczypospolitej Polskiej od 6 sierpnia 2025 roku
  • Waldemar Żurek — Minister sprawiedliwości w trzecim gabinecie Donalda Tuska i Prokurator Generalny od 2025 roku
  • Zbigniew Bogucki — Szef Kancelarii Prezydenta RP od 2025 roku
  • Dariusz Szostek — Profesor prawa i nowo zaprzysiężony sędzia Trybunału Konstytucyjnego
  • Magdalena Bentkowska — Adwokat i nowo zaprzysiężona sędzia Trybunału Konstytucyjnego
  • Krystian Markiewicz — Profesor prawa i sędzia wybrany do Trybunału Konstytucyjnego w 2026 roku
  • Maciej Taborowski — Profesor w Instytucie Nauk Prawnych PAN oraz wybrany sędzia
  • Marcin Dziurda — Profesor Uniwersytetu Warszawskiego i wybrany sędzia
  • Anna Korwin-Piotrowska — Sędzia i była prezes Sądu Okręgowego w Opolu, wybrana do Trybunału

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