La Chambre des députés italienne a adopté mardi un projet de loi visant à repousser la fermeture définitive des centrales au charbon de fin 2025 à 2038. Ce report de treize ans est justifié par le gouvernement de Giorgia Meloni par des impératifs de sécurité énergétique liés aux tensions au Moyen-Orient.

Report majeur de l'échéance

L'Italie repousse la fermeture de ses centrales au charbon de 2025 à 2038, soit un délai de 13 ans.

Sécurité énergétique prioritaire

Le gouvernement Meloni justifie cette mesure par l'instabilité au Moyen-Orient et la hausse des prix de l'énergie.

Contradiction avec les engagements du G7

Ce revirement intervient seulement deux ans après que l'Italie a présidé un accord du G7 pour une sortie du charbon en 2035.

Obstacles juridiques et techniques

Deux des quatre centrales sur le continent ont déjà perdu leurs permis d'exploitation, rendant leur réactivation difficile.

La chambre basse du Parlement italien a adopté mardi un projet de loi visant à reporter la fermeture définitive des centrales électriques au charbon du pays de la fin 2025 à 2038, un délai de treize ans motivé par des préoccupations de sécurité énergétique liées au conflit en cours en Iran. La Chambre des députés a approuvé la mesure, qui est désormais transmise au Sénat pour un vote final. L'adoption par le Sénat est largement attendue, la coalition au pouvoir y détenant la majorité. Ce texte reflète la volonté du gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni de revoir à la baisse ses engagements climatiques face à la hausse des coûts de l'énergie et aux pressions sur l'approvisionnement. L'Italie dispose actuellement de quatre centrales au charbon en réserve, dont trois appartiennent à Enel, le principal fournisseur d'énergie du pays.

Échéance de sortie du charbon en Italie: Date limite de sortie du charbon (before: Fin 2025 (selon le plan PNIEC 2024), after: 2038 (selon le nouveau projet de loi))

Le conflit en Iran pousse Rome à privilégier la sécurité énergétique L'Italie dépend fortement des importations de gaz et fait face à une pression croissante de l'industrie et des consommateurs, alors que les coûts de l'énergie ont bondi à la suite du conflit au Moyen-Orient. Gilberto Pichetto Fratin, ministre italien de l'Environnement et de la Sécurité énergétique, a déclaré ce mois-ci que les quatre centrales en réserve pourraient être réactivées si le conflit au Moyen-Orient devait provoquer une crise énergétique. La Ligue, membre de la coalition et instigatrice de ce report, a qualifié la décision de « juste et responsable » au regard de ce qu'elle appelle la « grave crise énergétique internationale » actuelle. Toutefois, des experts interrogés par l'AFP ont averti que la réactivation des centrales ne ferait pas baisser les prix de l'électricité. Deux des quatre centrales, situées sur le continent, ont perdu leur autorisation d'exploiter le charbon en janvier et nécessiteraient de nouvelles demandes de permis — un processus qui pourrait prendre des années et se heurter à une opposition locale et juridique, selon le centre de réflexion sur le climat ECCO. Les deux centrales restantes, situées en Sardaigne, devraient fermer d'ici 2028-2029, une fois que l'île sera reliée au réseau continental par un nouveau câble sous-marin. La production d'électricité issue du charbon représentait moins de 1 % de la production électrique nationale italienne en 2025, selon le gestionnaire du réseau de transport d'électricité Terna.

Le WWF condamne un recul sur les engagements du G7 La décision a suscité de vives critiques de la part des organisations environnementales et de l'opposition de centre-gauche, qui accusent le gouvernement de renoncer à ses engagements climatiques. Le WWF Italie a qualifié ce vote de « dangereux demi-tour pour la lutte contre le changement climatique et pour la santé des citoyens ». Le commissaire européen chargé de l'Action pour le climat, Wopke Hoekstra, présent à Rome mardi pour une audition au Sénat sur le mix énergétique italien, a refusé de commenter la décision. Cette initiative contredit directement un engagement que l'Italie a elle-même contribué à négocier il y a seulement deux ans : en 2024, alors qu'elle assurait la présidence du G7, l'Italie avait dirigé une réunion au cours de laquelle les États membres s'étaient mis d'accord pour mettre fin à l'utilisation du charbon dans la production d'électricité d'ici 2035. Beatrice Petrovich, analyste de l'énergie au sein du groupe de réflexion ECCO, a décrit le délai comme « un signal politique inquiétant, tourné vers le passé », ajoutant que « tout gain en matière de sécurité est loin d'être garanti ». L'Italie n'est pas seule à reconsidérer ses engagements : l'Allemagne, la Corée du Sud, les Philippines et le Japon ont également indiqué que les centrales au charbon pourraient aider à atténuer les difficultés énergétiques causées par la guerre, selon Le Soir.

Friedrich Merz questionne la sortie du charbon en Allemagne La décision de l'Italie s'inscrit dans un débat européen plus large sur l'avenir du charbon face aux perturbations du marché de l'énergie. Le chancelier allemand Friedrich Merz a également remis en question l'objectif législatif de l'Allemagne de sortir du charbon en 2038, citant la crise énergétique, bien que l'Allemagne soit déjà en passe de manquer ses objectifs climatiques même avec le plan actuel. Le cadre climatique de l'Union européenne continue de presser les États membres vers l'élimination du charbon, Bruxelles insistant sur la nécessité d'en sortir pour atteindre les objectifs climatiques du bloc. L'initiative de Rome signale une tension croissante entre les calculs nationaux de sécurité énergétique et l'agenda collectif de décarbonation de l'UE. Les analystes décrivent ce vote comme plus symbolique qu'immédiatement effectif, compte tenu des obstacles pratiques et juridiques au redémarrage des centrales continentales, mais préviennent qu'il crée un précédent préoccupant pour la politique climatique sur le continent.

Le plan italien pour l'énergie et le climat, connu sous le nom de PNIEC, engageait le pays à une sortie totale du charbon d'ici la fin 2025, ce qui en faisait l'un des abandons les plus précoces parmi les grandes économies européennes. En 2022, les nations du G7 avaient réaffirmé leurs engagements de sortie du charbon et leurs objectifs climatiques malgré la crise énergétique déclenchée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie. En 2024, sous la présidence italienne du G7, les États membres ont convenu de mettre fin à l'usage du charbon pour l'électricité d'ici 2035. L'Allemagne a inscrit une sortie du charbon en 2038 dans sa législation nationale. Le secteur du charbon en Italie avait déjà considérablement diminué ces dernières années, ne représentant plus que moins de 1 % de la production nationale d'électricité en 2025.

13 (ans) — de retard pour l'échéance de sortie du charbon en Italie

Sortie du charbon en Italie : dates clés: — ; — ; — ; — ; —

Mentioned People

  • Giorgia Meloni — Premier Włoch od października 2022 roku
  • Gilberto Pichetto Fratin — Minister środowiska i bezpieczeństwa energetycznego w rządzie Meloni od 22 października 2022 roku
  • Friedrich Merz — Kanclerz Niemiec od 6 maja 2025 roku

Sources: 7 articles