Le groupe aérien allemand a officialisé jeudi la cessation d'activité de sa filiale régionale, invoquant l'explosion du prix du kérosène et le coût des mouvements sociaux. Cette décision entraîne le retrait de 27 appareils et s'inscrit dans un plan de restructuration en trois étapes touchant l'ensemble de la flotte.

Fermeture immédiate de CityLine

Lufthansa retire 27 avions du service régulier suite à la hausse du prix du kérosène et aux grèves.

Restructuration de la flotte du groupe

Retrait progressif des A340-600 et Boeing 747-400 de la marque principale au profit d'A350 chez Discover Airlines.

Conflit syndical ouvert

Les syndicats UFO et Vereinigung Cockpit dénoncent une décision punitive et confirment la poursuite des grèves.

Incertitude pour 2 100 salariés

Le transfert vers la filiale City Airlines rencontre une forte résistance de la part du personnel affecté.

Lufthansa a annoncé jeudi la fermeture immédiate de sa filiale régionale Lufthansa CityLine. Cette mesure entraîne le retrait du service régulier des 27 appareils opérationnels de la filiale, une décision justifiée par la forte hausse des prix du carburant et les coûts croissants liés aux grèves en cours. La compagnie a précisé que les tarifs du kérosène avaient plus que doublé par rapport à la période précédant le conflit en Iran, rendant l'exploitation de CityLine économiquement non viable. Le directeur financier, Till Streichert, a qualifié cette décision de « mesure douloureuse », notamment pour le personnel, tout en l'intégrant dans un plan plus large de réduction de capacité en trois phases. Bien que l'immobilisation officielle des 27 avions soit fixée au samedi 18 avril, les opérations de vol de CityLine ont cessé dans les faits immédiatement, aucun vol n'étant programmé pour jeudi ou vendredi en raison des mouvements de grève. Cette annonce intervient seulement un jour après le centenaire de Lufthansa, célébré le 15 avril 2026, un événement lui-même perturbé par des manifestations de pilotes et de membres d'équipage de cabine.

Un plan en trois étapes pour restructurer la flotte de Lufthansa La fermeture de CityLine constitue le premier volet des trois mesures présentées par Lufthansa pour réduire ses capacités et ses coûts de fonctionnement. Dans un deuxième temps, d'ici la fin du programme de vols d'été, Lufthansa retirera de la flotte de sa marque principale quatre anciens Airbus A340-600 ainsi que deux Boeing 747-400. La troisième phase, prévue lors du programme d'hiver 2026/2027, verra une réduction supplémentaire de cinq appareils sur les segments court et moyen-courriers. Parallèlement, Discover Airlines, filiale de loisirs du groupe, connaîtra une expansion plus rapide avec l'intégration de neuf Airbus A350 long-courriers supplémentaires. Till Streichert a cité la « hausse marquée des prix du kérosène » et l'« instabilité géopolitique » comme principaux moteurs de cette restructuration, tout en affirmant que la fin de CityLine était « prévue de longue date dans le cadre de notre développement stratégique ». Le groupe a également annoncé son intention de réduire ses frais administratifs, ciblant des économies sur le recrutement, les événements internes et le conseil externe, complétant ainsi le plan déjà annoncé de suppression de 4 000 postes administratifs d'ici 2030.

Plan de réduction de capacité de Lufthansa: Avions CityLine (before: 27 appareils en service régulier, after: Retrait définitif à partir du 18 avril 2026); Flotte long-courrier (marque principale) (before: Comprend 4 A340-600 et 2 Boeing 747-400, after: Retrait d'ici la fin de l'été 2026); Court/moyen-courrier (marque principale) (before: Capacité actuelle, after: Réduction de 5 appareils dès l'hiver 2026/2027); Discover Airlines (before: Flotte actuelle d'A350, after: Ajout de 9 A350 supplémentaires)

Les syndicats dénoncent une guerre contre les salariés La fermeture a suscité une vive condamnation de la part des deux syndicats engagés dans le conflit social actuel. Le syndicat du personnel de cabine UFO voit dans cette décision une mesure de rétorsion directe aux grèves qui ont provoqué des centaines d'annulations de vols dans les aéroports allemands tout au long de la semaine. „« Nous sommes atterrés et choqués par un tel manque de scrupules. C'est une guerre ouverte contre son propre personnel. »” — Harry Jaeger via Reuters Andreas Pinheiro, président du syndicat de pilotes Vereinigung Cockpit, a confirmé que les débrayages chez Lufthansa et CityLine se poursuivraient vendredi comme prévu. Le président de Lufthansa, Carsten Spohr, s'était auparavant plaint que la marque principale ne générait plus de bénéfices sur certaines liaisons courtes, une déclaration interprétée par les syndicats comme le prélude à des mesures punitives. Lufthansa a indiqué qu'elle n'avait pas l'intention de négocier un plan social collectif avec UFO, précisant que les discussions concernant les quelque 500 pilotes et 800 agents de bord se tiendraient avec des partenaires opérationnels. Cette annonce intervient au cours d'une semaine de centenaire que le groupe souhaitait festive, malgré cinq jours de grève alternés lancés par UFO et Vereinigung Cockpit.

coût total des conflits sociaux pour le groupe Lufthansa en 2023

Environ 2 100 emplois concernés par une restructuration sous tension Selon l'entreprise, environ 2 100 employés de CityLine sont touchés par cette fermeture. Lufthansa a déclaré qu'elle chercherait des solutions de maintien de l'emploi au sein du groupe, avec des postes proposés dans d'autres filiales, notamment City Airlines, une compagnie à bas coûts créée spécifiquement pour opérer avec des charges réduites. Cependant, de nombreux employés de CityLine avaient déjà rejeté de précédentes offres de transfert vers City Airlines, d'après les informations de Wirtschafts Woche. Till Streichert a affirmé que l'objectif restait d'offrir aux équipages de CityLine des « options de perspectives professionnelles au sein du groupe Lufthansa ». Un plan social formel doit être conclu avant que la fermeture ne puisse être juridiquement actée, et les discussions avec les partenaires sur ce plan n'ont pas encore débuté. Lufthansa a souligné qu'elle ne négocierait pas avec UFO, une position qualifiée de preuve supplémentaire de mauvaise foi par le syndicat.

Fondée en 1958, Lufthansa CityLine était spécialisée dans les liaisons régionales vers les hubs de Francfort et de Munich. La compagnie opérait en tant que filiale à part entière du groupe Lufthansa, qui comprend également Swiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines et Eurowings. Les conflits sociaux ont coûté au total 418 millions d'euros au groupe Lufthansa en 2023, dont 53 millions d'euros pour la seule filiale CityLine. Le groupe a enregistré un bénéfice net de 1,67 milliard d'euros en 2023, contre 791 millions d'euros en 2022, mais avait anticipé un recul de son résultat d'exploitation en raison de la normalisation de la demande et de coûts durablement élevés.

Mentioned People

  • Till Streichert — Dyrektor Finansowy Grupy Lufthansa
  • Carsten Spohr — Prezes i Dyrektor Generalny (CEO) Lufthansy
  • Harry Jaeger — Ekspert ds. układów zbiorowych w związku zawodowym personelu pokładowego UFO
  • Andreas Pinheiro — Prezes związku zawodowego pilotów Vereinigung Cockpit

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