Le groupe de luxe français Hermès a enregistré une baisse de son titre allant jusqu'à 14 % le mercredi 15 avril 2026, suite à la publication de résultats trimestriels inférieurs aux attentes. Cette contre-performance s'explique notamment par un ralentissement de la demande en Asie et les répercussions du conflit impliquant l'Iran sur le tourisme international.
Chute historique pour Hermès
Le titre Hermès a reculé de 14 %, sa plus forte baisse depuis 1993, suite à une croissance des ventes de 5,6 % contre 7,1 % attendus.
Impact du conflit régional
La guerre impliquant l'Iran pèse sur le tourisme et la consommation au Moyen-Orient, affectant particulièrement les ventes dans les aéroports.
Crise sectorielle
Le luxe européen a perdu 176 milliards de dollars de capitalisation boursière en 2026, LVMH et Kering étant également lourdement touchés.
Les actions du groupe de luxe français Hermès ont chuté de 14 % le mercredi 15 avril 2026, marquant la plus forte baisse quotidienne du titre depuis l'introduction en Bourse de la société en 1993. Ce repli fait suite à l'annonce d'une croissance des ventes au premier trimestre en deçà des prévisions des analystes. Hermès a publié un chiffre d'affaires de 4,1 milliards d'euros pour le premier trimestre, soit une progression annuelle de 5,6 %, contre une croissance de 7,1 % anticipée par les analystes selon les données de FactSet. Ces résultats décevants reflètent la double pression de l'affaiblissement de la demande en Asie et de l'impact direct de la guerre en cours impliquant l'Iran sur la clientèle du Moyen-Orient et le tourisme international. Le mouvement de vente s'est propagé à l'ensemble du secteur : le titre Kering, propriétaire de Gucci, a reculé de 10 % après l'annonce d'une baisse de 8 % des ventes de sa marque phare. Burberry, Christian Dior, LVMH et Moncler ont chacun perdu entre 2 % et 3 % sur l'indice paneuropéen Stoxx 600, d'après les informations de Kathimerini. Gucci enregistre son onzième trimestre consécutif de baisseLa marque phare de Kering, Gucci, a enregistré son onzième déclin trimestriel consécutif des ventes, une série qui souligne l'ampleur du défi de redressement auquel le groupe est confronté. La baisse de 8 % au premier trimestre a été plus marquée que ne le prévoyaient les analystes. Les actions Kering avaient déjà commencé à céder plus de 4 % lors des échanges de pré-ouverture sur Tradegate. Les analystes de Citi ont noté que, bien que Kering ait confirmé ses objectifs, la voie vers une reprise pour Gucci reste incertaine et probablement progressive, compte tenu du contexte macroéconomique difficile et des tensions géopolitiques actuelles. „Bien que les objectifs aient été confirmés, le calendrier d'un redressement de Gucci reste incertain et probablement progressif, face à un contexte macroéconomique exigeant et aux tensions géopolitiques persistantes” — Citi analysts via Reuters Les collections de Demna, le créateur géorgien devenu directeur artistique de Gucci en 2025, ont été accueillies favorablement par les consommateurs américains mais n'ont pas encore suscité une dynamique internationale globale, selon le Wall Street Journal. Chez LVMH, les investisseurs attendent que les collections de Jonathan Anderson, nommé directeur artistique de Dior en 2025, dynamisent la division mode et maroquinerie qui génère près de 80 % du résultat opérationnel du groupe. Le titre Kering affichait déjà un recul d'environ 7 % depuis le début de l'année 2026 avant les pertes de mercredi, rapporte Reuters. Le secteur du luxe européen perd 176 milliards de dollars de valeur boursièreLes dix plus grandes sociétés de luxe européennes cotées en Bourse ont perdu environ 176 (milliards de dollars) — de capitalisation boursière effacés du secteur du luxe européen en 2026 depuis le début de l'année 2026, selon des données compilées par Bloomberg. LVMH représente à lui seul près de 100 milliards de dollars de cette perte totale, alors même que l'indice Stoxx 600 progressait de 4,6 % sur la même période. LVMH, qui avait publié plus tôt dans la semaine sa plus faible performance trimestrielle historique, connaissait déjà son pire début d'année avant la séance de mercredi. La chute d'Hermès a effacé environ 20 milliards de dollars de capitalisation boursière avant que le titre ne récupère une partie de ses pertes. LVMH et Hermès, qui occupaient respectivement la première et la quatrième place des plus grandes entreprises européennes en février 2025, sont descendus aux cinquième et neuvième rangs au moment de cet épisode boursier. Nick Anderson, analyste chez Berenberg, a écrit que la confiance du marché avait été ébranlée et qu'il faudrait probablement plusieurs publications de résultats plus solides, sous réserve de la situation au Moyen-Orient, pour qu'elle se rétablisse. „La confiance du marché a manifestement été ébranlée. Il faudra probablement quelques publications plus nettes, si la situation au Moyen-Orient le permet, pour que la confiance renaisse” — Nick Anderson via BloombergHermès: 14, Kering: 10, Burberry: 3, Christian Dior: 3, LVMH: 3, Moncler: 2 La guerre en Iran pèse lourdement sur les ventes au Moyen-Orient et dans les aéroportsLe conflit impliquant l'Iran, qui a débuté le 28 février 2026, a restreint à la fois les dépenses locales des acheteurs du Moyen-Orient et les flux touristiques internationaux dans la région, touchant directement les réseaux de distribution du luxe. Hermès a précisé que l'activité de vente en gros a été significativement affectée par la baisse des ventes dans les concessions, notamment au Moyen-Orient et dans les aéroports, alors que les ventes dans ses propres magasins ont progressé de 7 % malgré le ralentissement du trafic touristique. Le Moyen-Orient et les couloirs de voyage internationaux associés représentent entre 7 % et 8 % du marché mondial du luxe, selon Le Figaro. Les analystes d'UBS et de Bernstein s'interrogent sur les limites du modèle économique d'Hermès, où l'accès aux sacs Birkin et Kelly est conditionné par d'autres achats en boutique. Les ventes de la division prêt-à-porter d'Hermès ont stagné ce trimestre, tandis que la prime des sacs Birkin sur le marché de la revente s'est réduite, suggérant une demande moins intense. L'Asie a constitué un autre point faible, Hermès n'y affichant qu'une croissance de 2 %, les analystes évoquant une demande atone en Chine continentale.
Mentioned People
- Nick Anderson — analityk w firmie Berenberg
- Luca de Meo — dyrektor generalny grupy Kering
- Demna — dyrektor kreatywny marki Gucci
- Bernard Arnault — prezes i dyrektor generalny LVMH
- Jonathan Anderson — dyrektor kreatywny marki Christian Dior
Sources: 25 articles
- Hermès Stock Tumbles as Birkin Bag Maker Flags Slowdown (The Wall Street Journal)
- The Hermès Birkin Bag Isn't Immune in a Slump: Heard on the Street (The Wall Street Journal)
- Luxury Stocks Are Suddenly on Flash Sale (The Wall Street Journal)
- Hermes, Kering shares sink as Iran war knocks luxury revival (Reuters)
- Le conflit au Moyen-Orient met à mal les géants du luxe (Le Figaro.fr)
- Ο πόλεμος στη Μέση Ανατολή "βούλιαξε" τα πολυτελή brands | Η ΚΑΘΗΜΕΡΙΝΗ (H Kαθημερινή)
- Europe's Once-Hot Luxury Firms Have Shed $180 Billion in 2026 (Bloomberg Business)
- European Luxury Stocks Drop as Iran War Stymies Sector's Comeback (The Wall Street Journal)
- Der Börsen-Tag: Hermes-Aktie stürzt ab (N-tv)
- Hermès y el factor Irán: por qué el desplome del 10% en Bolsa asusta al lujo (EL MUNDO)