Le Fonds monétaire international a revu à la baisse ses prévisions de croissance globale pour 2026 à la suite du déclenchement du conflit au Moyen-Orient le 28 février dernier. L'institution de Washington alerte sur une poussée inflationniste à 4,4 % provoquée par les perturbations majeures sur le marché de l'énergie.

Révision de la croissance mondiale

Le FMI abaisse sa prévision de croissance pour 2026 à 3,1 % en raison du conflit au Moyen-Orient débuté le 28 février.

Choc inflationniste

L'inflation mondiale devrait atteindre 4,4 %, dopée par une hausse attendue de 19 % des prix de l'énergie suite au blocus du détroit d'Ormuz.

Performance de l'Espagne

Malgré une baisse à 2,1 %, l'Espagne reste en tête de la croissance de la zone euro, mais conserve le taux de chômage le plus élevé (9,8 %).

Pression américaine sur le FMI

Scott Bessent demande au FMI de se recentrer sur la stabilité financière plutôt que sur les politiques climatiques.

Le FMI a abaissé sa prévision de croissance mondiale pour 2026 à 3,1 %, contre les 3,3 % projetés en janvier, invoquant la guerre au Moyen-Orient qui a débuté le 28 février 2026 avec les frappes des États-Unis et d'Israël sur l'Iran. Cette révision marque un recul par rapport à l'expansion de 3,4 % enregistrée en 2025 et représente un net infléchissement de la trajectoire que le Fonds suivait avant l'éclatement du conflit. Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du FMI, a écrit dans le rapport trimestriel sur les Perspectives de l'économie mondiale que la guerre avait interrompu une période d'expansion soutenue. „Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février 2026 a soudainement assombri les perspectives mondiales. Le conflit a tronqué ce qui était une trajectoire de croissance ininterrompue.” — Pierre-Olivier Gourinchas via The New York Times Le rapport a été publié alors que les responsables politiques mondiaux se réunissaient à Washington pour les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. Cet événement, qui devait initialement se concentrer sur les tensions commerciales et l'intelligence artificielle, a été dominé par les retombées économiques du conflit.

L'inflation bondit sous l'effet du blocus d'Ormuz sur les prix de l'énergie L'inflation mondiale pour 2026 est désormais projetée à 4,4 %, contre une prévision de 3,8 % en janvier et au-dessus des 4,1 % enregistrés en 2025. Cette hausse s'explique par la flambée des prix du pétrole et du gaz consécutive au blocus par l'Iran du détroit d'Ormuz. Le scénario de référence du FMI suppose que le conflit restera relativement bref et que les perturbations des prix de l'énergie commenceront à s'atténuer au second semestre 2026, avec une hausse modérée des prix de 19 % sur l'ensemble de l'année. Lors d'une conférence de presse, M. Gourinchas a toutefois tempéré ce diagnostic, précisant que le Fonds se situait actuellement à un point intermédiaire entre le scénario de référence et le scénario défavorable. „Chaque jour qui passe et chaque jour où nous connaissons de nouvelles perturbations énergétiques nous font glisser vers la situation la plus défavorable.” — Pierre-Olivier Gourinchas via France 24 Le Fonds a esquissé deux alternatives plus sombres : un scénario « défavorable » où la croissance tombe à 2,5 %, et un scénario « grave » où les crises énergétiques se prolongeraient jusqu'en 2027, forçant les banques centrales à relever les taux d'intérêt. Dans ce dernier cas, la croissance mondiale chuterait à 2 % en 2026 et 2027, une contraction comparable à l'ampleur de la crise financière de 2008 et de la pandémie de 2020. Les économies émergentes importatrices de matières premières et souffrant de faiblesses budgétaires préexistantes sont les plus exposées. La région Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie centrale voit sa croissance collective réduite de moitié environ. La prévision de croissance de l'Arabie saoudite a été revue à la baisse de 1,4 point de pourcentage, à 3,1 % pour 2026.

Espagne: 2.1, États-Unis: 2.3, Canada: 1.5, Zone euro: 1.1, Allemagne: 0.8, Royaume-Uni: 0.8, France: 0.9, Italie: 0.5, Japon: 0.7, Arabie saoudite: 3.1

L'Espagne en tête de la zone euro malgré un chômage toujours élevé La prévision de croissance du PIB de l'Espagne pour 2026 a été ramenée à 2,1 %, soit une baisse de 0.2 point. Le pays conserve néanmoins la première place parmi les grandes économies de la zone euro, avec un taux de croissance plus de deux fois supérieur à celui de l'ensemble de l'union monétaire, projeté à 1,1 %. Le gouvernement espagnol a réagi rapidement mardi pour souligner cet écart positif, y voyant la preuve de la résilience de son économie et d'une « meilleure performance relative par rapport au reste de la zone euro dans un environnement de forte incertitude mondiale », selon les informations de ABC. Pour 2027, l'Espagne devrait croître de 1,8 %, un chiffre supérieur à la moyenne de la zone euro (1,2 %), bien qu'inférieur d'un dixième à l'estimation de janvier. Le FMI prévoit une inflation espagnole à 3 % en 2026, au-dessus de la moyenne de 2,6 % de la zone euro citée par La Razón, et supérieure de six dixièmes à l'estimation de janvier pour l'Espagne. Toutefois, le taux de chômage en Espagne devrait se maintenir à 9,8 % en 2026 et 2027, soit le niveau le plus élevé de la zone euro, où la moyenne devrait tomber à 6,2 %. Le FMI a également noté qu'en excluant la croissance démographique des chiffres bruts du PIB, l'avantage de l'Espagne en termes de croissance par habitant sur la zone euro se réduit considérablement, les deux taux convergeant à 0,9 % en 2026, l'Espagne tombant même sous la moyenne de la zone euro en 2027.

Prévisions de croissance du PIB espagnol — Janvier contre Avril 2026: Croissance PIB Espagne 2026 (before: 2,3 % (prévision de janvier), after: 2,1 % (prévision d'avril)); Croissance PIB Espagne 2027 (before: 1,9 % (prévision de janvier), after: 1,8 % (prévision d'avril)); Croissance mondiale 2026 (before: 3,3 % (prévision de janvier), after: 3,1 % (prévision d'avril)); Inflation mondiale 2026 (before: 3,8 % (prévision de janvier), after: 4,4 % (prévision d'avril))

Bessent exhorte le FMI à se recentrer alors que la guerre domine les débats Le secrétaire au Trésor des États-Unis, Scott Bessent, a profité de l'ouverture des réunions de printemps pour exhorter le FMI à revenir à ce qu'il a décrit comme sa mission principale : promouvoir la stabilité financière et corriger les déséquilibres mondiaux, plutôt que de s'étendre vers des domaines comme la politique climatique. M. Bessent a félicité la Banque mondiale pour s'être éloignée des ambitions climatiques au profit du soutien à l'énergie nucléaire, tout en suggérant que le FMI devait « montrer l'exemple » et rediriger son attention. Les réunions, qui devaient initialement porter sur les tarifs douaniers et les déséquilibres budgétaires découlant du programme économique de l'administration Trump, ont été occultées par les conséquences économiques du conflit iranien. „Avant la guerre, nous nous apprêtions à réviser nos prévisions à la hausse, à 3,4 %.” — Pierre-Olivier Gourinchas via France 24 La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a présidé une institution qui, selon M. Gourinchas, avait vu l'économie mondiale faire preuve d'une résilience surprenante face aux politiques commerciales protectionnistes avant le début du conflit — une résilience désormais mise à rude épreuve. Le Fonds a souligné que même dans le meilleur des scénarios, certains dommages sont déjà irréversibles et que le retour à la trajectoire de croissance d'avant-guerre dépendra étroitement de la rapidité avec laquelle la situation se stabilisera dans le golfe Persique.

3.7 (pour cent) — Taux de croissance mondial moyen historique, 2000-2019

Mentioned People

  • Pierre-Olivier Gourinchas — główny ekonomista Międzynarodowego Funduszu Walutowego od 2022 roku
  • Kristalina Georgieva — dwunasta dyrektor zarządzająca Międzynarodowego Funduszu Walutowego od 2019 roku
  • Scott Bessent — Sekretarz Skarbu Stanów Zjednoczonych

Sources: 17 articles