
Le cardinal Zuppi et le président Mattarella célèbrent la fête de saint François à Assise
Le cardinal Matteo Zuppi a prononcé une homélie sur la paix à Assise aux côtés du président Sergio Mattarella, à l'occasion du rétablissement de la fête nationale de saint François, rejetant l'idée que les armes apportent la paix.
Célébrations de la fête nationale à Assise
Le président italien Sergio Mattarella a assisté à la fête de saint François à Assise le 4 octobre 2026, marquant le retour de la journée dédiée au saint patron de l'Italie comme jour férié national officiel. La cérémonie dans la ville ombrienne a coïncidé avec le 800e anniversaire de la mort de saint François en 1226. Le sous-secrétaire d'État Alfredo Mantovano, la présidente de la région Ombrie Stefania Proietti, des membres du comité exécutif régional, le maire d'Assise Valter Stoppini et le custode du Sacré-Convent, le père Marco Moroni, ont accueilli Mattarella à son arrivée. Moroni a décrit la présence présidentielle comme un cadeau offert au nom de tout le pays.
Le président Mattarella nous fait un très grand cadeau, nous désirions vraiment sa présence et il nous l'offre au nom de toute l'Italie.
Critique du nationalisme et de la puissance armée
Le cardinal Matteo Zuppi, archevêque de Bologne et président de la Conférence épiscopale italienne, a présidé la messe et prononcé une homélie centrée sur les conflits internationaux et les choix politiques. Zuppi s'est adressé à un paysage mondial marqué par la guerre, décrivant le conflit armé comme une folie destructrice où la justice et la paix demeurent les seuls objectifs valables. Il a averti que les sociétés modernes sont de plus en plus attirées par des structures de pouvoir mues par des intérêts commerciaux et des nationalismes qui fabriquent des adversaires au lieu de favoriser l'unité. Le cardinal a soutenu que la guerre n'est pas un destin inéluctable et a exhorté les dirigeants à rejeter l'idée que les instruments militaires peuvent garantir une stabilité durable.
En cette saison, nous sommes tentés et séduits par la culture du pouvoir, vulgaire et intrusive, trompeuse, fruit d'insistances mal placées et d'intérêts économiques énormes et effrontés, de nationalismes qui ruinent les nations, de campagnes qui créent l'ennemi au lieu de chercher ce qui unit.
Leçons de François et la force du droit
Dans son allocution, Zuppi a cité saint François se désarmant en renonçant aux biens matériels, expliquant qu'une telle posture ne représente ni faiblesse, ni accommodement, ni insignifiance. Il a rappelé l'épisode historique de François réconciliant la ville de Gubbio avec un loup prédateur en s'adressant à l'animal comme à un frère et en négociant une solution pour les deux parties. Zuppi a souligné que François s'adressait aux autres par le dialogue plutôt que par l'épée, sans arrogance ni distance. Il a exhorté la société contemporaine à s'appuyer sur la force du droit plutôt qu'à imposer le droit de la force, appelant à des bâtisseurs de paix humbles capables de favoriser la coexistence en des temps menaçants.
François nous rappelle que la guerre n'est pas un destin. Il n'y a pas de temps à perdre, le diviseur trompe et fait croire qu'on trouve la paix avec les armes et non par le dialogue et le droit.
Appels aux dirigeants des nations et à la diplomatie
Zuppi a également évoqué des écrits historiques dans lesquels saint François appelait directement les dirigeants des nations à choisir la paix plutôt que le conflit. Le cardinal a noté que l'ampleur des souffrances humaines sur les champs de bataille contemporains exige une action diplomatique immédiate, sans céder à une rhétorique de division. Il a soutenu que la paix doit englober tout le monde pour être véritable, mettant en garde contre des définitions superficielles de l'amour qui n'exigent rien et ne font que rassurer ceux qui cherchent à se préserver. Zuppi a plutôt plaidé pour une réconciliation concrète et engagée, fondée sur le droit international, le dialogue mutuel et la responsabilité partagée entre les nations.


