
L'Agence fiscale espagnole ouvre des inspections sur l'ancien Premier ministre Zapatero et sa famille pour interrompre le délai de prescription
L'Agence fiscale espagnole (AEAT) a ouvert des inspections sur l'ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero, son épouse, ses filles et un associé d'affaires pour d'éventuelles irrégularités fiscales entre 2021 et 2025, et a demandé une suspension pour éviter une duplication avec l'enquête pénale en cours.
Les autorités fiscales ouvrent des inspections
Le 15 juin, l'Agence fiscale espagnole (AEAT) a lancé une série d'inspections fiscales couvrant l'ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero, son épouse Sonsoles Espinosa, leurs filles Alba et Laura, et l'associé d'affaires Julio Martínez Martínez, ainsi que onze de ses sociétés. Les enquêtes, divulguées dans deux communications envoyées au juge de l'Audience nationale José Luis Calama et vues par EL PAÍS, couvrent les années fiscales 2021 à 2025 et examinent l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPF), la TVA (IVA), l'impôt sur la fortune (Patrimonio), l'impôt sur les sociétés (Sociedades) et l'impôt temporaire de solidarité sur les grandes fortunes.
Les notifications ont été envoyées à des dates échelonnées : le 15 juin pour Zapatero, le 22 juin pour ses filles, le 26 juin pour leur société Whathefav, le 19 juin pour les sociétés de Martínez et le 23 juin pour Martínez personnellement. La branche de Valence gère le dossier de Martínez, tandis que Madrid gère celui de la famille. L'agence fiscale a demandé au juge de suspendre les procédures administratives en vertu de la doctrine de la « prejudicialidad penal » (préjudice pénal), arguant que les faits recoupent l'enquête judiciaire en cours sur le sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra.
- Le juge Calama ouvre une enquête distincte sur les bijoux, cite Zapatero à témoigner le 17 juin.
- L'AEAT lance une inspection fiscale sur Zapatero pour l'IRPF, la TVA, le Patrimonio et les Grandes Fortunas.
- L'AEAT ouvre des inspections sur 11 sociétés liées à Julio Martínez.
- Inspections sur les filles de Zapatero, Alba et Laura, pour l'IRPF.
- Inspection sur Whathefav SL pour l'impôt sur les sociétés et la TVA.
- Zapatero et son épouse se rendent au bureau des impôts ; l'AEAT demande la suspension de toutes les inspections ; le juge transmet l'affaire au parquet.
- Le juge Calama joint l'Agence fiscale comme partie lésée dans l'affaire des bijoux.
L'horloge de la prescription
Le syndicat des techniciens du Trésor (Gestha) a interprété ce calendrier comme une manœuvre délibérée pour empêcher l'expiration du délai de prescription de cinq ans. Dans un communiqué publié vendredi, le syndicat a noté que la première visite en personne a eu lieu le lundi 29 juin, lorsque Zapatero et son épouse se sont présentés et que l'AEAT a immédiatement demandé la suspension de toutes les procédures.
Les notifications aux différentes sociétés et personnes ont été faites les 15, 19, 22 et 26 juin, et la première visite d'inspection a été celle de Rodríguez Zapatero et de son épouse le lundi 29, lorsque l'Agence fiscale a demandé la suspension de toutes les procédures. Ce faisant, l'AEAT garantit l'interruption de la prescription pour régler les impôts non payés depuis 2021 par les personnes et entités concernées.
Gestha a souligné que c'est la première fois que l'administration fiscale ouvre des inspections sur des personnes déjà mises en examen dans une affaire pénale pour soupçons d'infractions fiscales, une possibilité expressément autorisée par la loi générale sur les impôts depuis 2015 mais jamais utilisée auparavant pour des personnalités de haut niveau.
Réponse du juge et les bijoux
Le juge Calama, qui dirige l'enquête Plus Ultra, a rendu une ordonnance le 29 juin transmettant le dossier d'inspection fiscale au parquet pour rapport et intégrant les actions administratives dans la procédure pénale. Par ailleurs, le magistrat a accepté l'Agence fiscale comme partie lésée (personación) dans le volet connexe de la saisie de bijoux, où une évaluation préliminaire a estimé les bijoux trouvés dans le coffre de Zapatero à 1,3 million d'euros.
La nature des faits faisant l'objet de l'enquête peut constituer un crime contre le Trésor public et un crime de contrebande.
Une plainte pour fuite entraîne des restrictions
Dans une ordonnance parallèle, le juge Calama a répondu à une plainte de l'ancien Premier ministre concernant la divulgation de ses agendas 2024-2025 et des échanges WhatsApp avec sa secrétaire Gertrudis Alcázar. Le juge a ordonné à l'Unité de lutte contre la criminalité économique et fiscale (UDEF) de ne pas joindre à ses rapports des annexes contenant des « informations inutiles ou non pertinentes », réduisant ainsi la portée des documents susceptibles de se retrouver dans le domaine public.


