
La première interview de Zapatero depuis sa mise en examen n'apporte aucun fait nouveau, le parquet demande un rapport élargi sur les bijoux
L'ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a rompu deux mois de silence sur TVE sans apporter de nouvelles preuves, tandis que les procureurs anticorruption réclament une enquête plus approfondie sur le trésor de bijoux d'1,3 million d'euros découvert dans son bureau.
L'interview
Le 23 juillet, José Luis Rodríguez Zapatero est apparu sur 'Mañaneros 360' de TVE pour sa première interview publique depuis sa mise en examen en mai pour trafic d'influence présumé et blanchiment d'argent lié au sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra en 2021. Il a nié tout rôle dans le plan de sauvetage de 53 millions d'euros, rejeté les allégations selon lesquelles il aurait créé une société offshore et écarté l'idée que ses filles Laura et Alba auraient servi de prête-noms.
La dernière chose que j'aurais faite aurait été d'essayer de faire de mes filles des prête-noms pour quoi que ce soit. Allons, s'il vous plaît.
L'ancien Premier ministre a insisté sur sa présomption d'innocence et critiqué les fuites de ses agendas privés. Mais les critiques ont noté qu'il n'avait rien ajouté à ce qu'il avait dit au juge le 17 juin.
Le mystère des bijoux
L'élément le plus dommageable reste la cache de plus de 100 pièces de bijoux saisies dans le coffre de son bureau, estimée à 1,3 million d'euros par le bijoutier madrilène Ansorena. Zapatero les a qualifiés de « cadeau de courtoisie d'il y a de nombreuses années », conservé sans « intention patrimoniale ». Il a refusé de nommer le donateur ou la date, affirmant qu'il s'expliquerait d'abord devant le juge.
Maintenant, ils me provoquent une profonde allergie. Imaginez ce que cette affaire a signifié pour moi, moi qui n'ai jamais mis les pieds dans une bijouterie.
Pressé de dire si l'Arabie saoudite était la source, il a refusé de répondre. Il a également nié toute intention de frauder le fisc, affirmant que les bijoux étaient conservés avec des objets de famille.
La pression judiciaire monte
Le juge José Luis Calama attend depuis 37 jours l'explication que Zapatero avait promise dans « une semaine ou dix jours » après sa comparution du 17 juin. La procureure anticorruption Elena Lorente, frustrée par le retard, a déposé une demande quelques jours avant l'interview pour obtenir un rapport élargi d'Ansorena. Elle souhaite une évaluation marchande plus précise (soupçonnant que le chiffre pourrait être plus élevé) et une analyse de la date de montage des pierres pour estimer la date du cadeau.
- Le gouvernement injecte 53 millions d'euros dans Plus Ultra pendant la pandémie
- Zapatero mis en examen pour trafic d'influence et blanchiment d'argent
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- Le parquet anticorruption demande un rapport élargi d'Ansorena sur les bijoux
- Zapatero donne sa première interview publique sur TVE, n'apporte aucun fait nouveau
La démarche du parquet indique que l'enquête avance indépendamment de la stratégie médiatique de Zapatero.
Réactions politiques
Vicente Vallés, présentateur d'Antena 3 Noticias 2, a qualifié l'interview d'« étrange » car une personne accusée devrait d'abord présenter des preuves à un juge, et une personnalité publique ne devrait apparaître que lorsqu'elle a quelque chose de nouveau à dire.
Zapatero s'est laissé interviewer, à proprement parler, pour ne rien dire qu'il n'ait déjà dit. Pour se déclarer innocent et nier toutes les accusations. Mais il n'a apporté aucune contribution qui rende ses paroles plus crédibles ; il nie tout, rien de plus.
Les collègues du Parti socialiste auraient été déçus, bien que le gouvernement maintienne son soutien. La rédaction d'EL PAÍS a qualifié les explications de « tardives et insuffisantes », tout en reconnaissant son droit à un procès équitable.
La suite
Zapatero doit maintenant fournir le récit détaillé qu'il a promis au juge Calama. Le rapport d'Ansorena pourrait soit corroborer son récit de « cadeau de courtoisie », soit renforcer les soupçons d'actifs cachés. Avec les aveux d'autres figures du réseau d'influence présumé qui affaiblissent déjà sa défense, la position juridique de l'ancien Premier ministre reste précaire.

