
Les forces yéménites affrontent une offensive houthie près de la côte de la mer Rouge alors que le bilan dépasse 120 morts
Plus de 120 combattants et civils sont morts dans le sud-ouest du Yémen après que les rebelles houthis ont lancé une offensive à travers Taïz et Hodeïda visant à s'emparer de hauteurs surplombant le détroit de Bab el-Mandeb.
Affrontements et bilans des pertes dans le sud-ouest
De violents combats ont éclaté dans le sud-ouest du Yémen le jeudi 3 septembre 2026, après que les forces houthies ont lancé une vaste offensive terrestre appuyée par des tirs de roquettes et des frappes de drones le long de la côte de la mer Rouge. Les combats se sont concentrés sur l'ouest de Taïz et le sud de Hodeïda, aboutissant à l'affrontement le plus meurtrier entre les deux camps depuis plusieurs années. Vendredi 4 septembre 2026, le bilan total dépassait 120 morts selon des bilans militaires et médicaux rapportés par l'AFP, en hausse par rapport à une estimation initiale de plus de 80 morts. Les pertes gouvernementales sont passées de 39 à 66 soldats et combattants alliés, avec notamment 24 tués près de la côte et 15 tués à Taïz. Côté rebelle, des sources médicales ont enregistré au moins 62 morts houthis, après que les premiers rapports dans les zones contrôlées par les Houthis ont fait état de 42 morts. Des pertes civiles ont également eu lieu, notamment des morts lors d'une frappe de missile balistique sur un restaurant à al-Makha rapportée par Saba TV.
Poussée stratégique vers Bab el-Mandeb et al-Makha
L'assaut houthi visait à s'emparer de territoires élevés surplombant la côte de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement maritime de 30 kilomètres de large entre le Yémen et Djibouti qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden et à l'océan Indien. Des sources militaires gouvernementales ont déclaré à l'AFP que les unités rebelles tentaient d'encercler et d'isoler la ville portuaire d'al-Makha, tenue par le gouvernement, des territoires adjacents. Les combattants houthis ont capturé des positions de tir élevées au-dessus des lignes gouvernementales près de la mer Rouge, la ville côtière d'al-Khokha et les zones intérieures autour de Taïz. Le contrôle de ces collines permettrait aux unités rebelles de cibler les navires commerciaux et militaires traversant la voie navigable. Les forces houthies avaient auparavant occupé al-Makha avant d'en être chassées en 2017 par les troupes gouvernementales yéménites et une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite. Le journaliste d'Al Jazeera Yousef Mawry a rapporté de Sanaa que les rebelles cherchaient à avancer vers le port pour établir un levier tactique en vue d'affrontements régionaux plus larges.
- Les forces gouvernementales et la coalition dirigée par l'Arabie saoudite chassent les Houthis d'al-Makha
- L'Iran bloque le détroit d'Ormuz après un conflit régional
- Les Houthis déclarent un blocus naval contre les navires saoudiens
- Les Houthis lancent une offensive terrestre dans l'ouest de Taïz et le sud de Hodeïda
- Les troupes gouvernementales reprennent des collines à l'ouest de Taïz alors que le bilan dépasse 120 morts
Contre-attaques gouvernementales et mobilisations de troupes régionales
Pour résister à l'avancée houthie, le gouvernement yéménite internationalement reconnu a mobilisé des renforts depuis son siège administratif sud à Aden et les a déployés sur les lignes de front à Taïz. Un responsable gouvernemental à Aden a confirmé que cette mobilisation de troupes avait été initiée à la demande directe de l'Arabie saoudite. Vendredi, les forces gouvernementales yéménites ont mené des contre-attaques et repris les collines d'al-Khazan et d'al-Makahna dans le district de Jabal Habashi à l'ouest de la ville de Taïz. Malgré ces reconquêtes territoriales, les combattants houthis ont conservé le contrôle de plusieurs positions prises jeudi, dont une base militaire stratégique dans l'ouest de Taïz. La chaîne d'État Saba a rapporté que des renforts gouvernementaux supplémentaires continuaient d'arriver le long du front côtier pour stabiliser les périmètres défensifs.
- Forces gouvernementales et alliées
- 66 personnes
- Combattants houthis
- 62 personnes
- Civils
- 1 personnes
Blocus maritimes et routes pétrolières alternatives
Le déclenchement de la violence met fin à la trêve établie en 2022, qui s'est effondrée après les frappes israéliennes et américaines contre l'Iran et les frictions militaires régionales qui ont suivi. Fin juillet 2026, les autorités houthies ont déclaré un blocus naval contre les navires saoudiens naviguant à travers Bab el-Mandeb. Au cours du mois écoulé, le groupe a mené des attaques de missiles et de drones contre des cibles saoudiennes, notamment des pétroliers et des camions de marchandises. Le détroit de Bab el-Mandeb est devenu le seul corridor maritime accessible pour l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut, après que l'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz du côté oriental de la péninsule arabique fin février 2026. Alors que les Houthis contrôlent actuellement le port nord de Hodeïda, ils ne possèdent pas de terres directement limitrophes de Bab el-Mandeb, laissant al-Makha et la côte sud comme un territoire stratégique contesté.


