
Washington a prévenu Téhéran d'un complot israélien visant à tuer ses négociateurs, selon des responsables
Washington craignait qu'Israël ne cible le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, faisant dérailler les fragiles négociations de cessez-le-feu entamées en avril.
Une guerre qui a commencé par des frappes décapitatoires
Les États-Unis et Israël ont lancé une campagne militaire conjointe contre l'Iran le 28 février 2026. La frappe israélienne d'ouverture a tué le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs autres hauts responsables. Tandis que les forces américaines se concentraient sur la dégradation de la marine et des capacités de missiles iraniens, Israël a donné la priorité à l'élimination de la direction politique et militaire du régime. Parmi les personnes tuées dans la première phase figuraient Ali Larijani, le plus haut responsable de la sécurité nationale iranienne, et l'ancien ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi, tous deux impliqués dans des canaux de communication parallèles avec Washington.
Les craintes de Washington grandissent à mesure que les pourparlers commencent
Au printemps, l'administration Trump s'était orientée vers la diplomatie. Les négociations de cessez-le-feu ont débuté en avril, avec Araghchi et Ghalibaf à la tête du côté iranien. Les responsables américains en sont venus à croire qu'Israël préparait activement l'assassinat des deux hommes.
La Maison-Blanche, craignant qu'une telle attaque ne fasse capoter les pourparlers et ne relance une guerre à grande échelle, a demandé aux gouvernements régionaux d'avertir discrètement Téhéran. Le Wall Street Journal a rapporté en mars que les deux noms figuraient sur une liste de cibles israéliennes et avaient été temporairement retirés à la demande de Washington.Si vous tuez ces gens, vous tuez les pragmatiques.
Les échappées belles de Ghalibaf
Selon trois hauts responsables iraniens cités par le New York Times, Ghalibaf a survécu de justesse à deux reprises. La première fois lors de la guerre de douze jours en juin 2025 ; la seconde cette année quand Israël a frappé une réunion secrète de hauts responsables dans un bunker souterrain. À chaque fois, il a été extrait vivant des décombres. D'autres hauts responsables, dont Khamenei et Larijani, n'y ont pas survécu.
Le voyage à Islamabad et l'alerte en vol
La crise la plus aiguë a éclaté lorsque Ghalibaf s'est rendu à Islamabad en avril pour le premier cycle de pourparlers avec le vice-président américain JD Vance. L'Iran a demandé à Washington de garantir qu'Israël ne tenterait pas de le tuer. Des chasseurs pakistanais ont escorté l'avion iranien de la frontière jusqu'à la capitale. Au vol de retour, les services de sécurité iraniens ont averti l'équipage que des renseignements indiquaient qu'Israël préparait une attaque et que deux chasseurs israéliens avaient pénétré l'espace aérien iranien depuis la frontière occidentale avec l'Irak. L'avion a effectué un atterrissage d'urgence à Mashhad, et Ghalibaf a achevé le voyage jusqu'à Téhéran par la route, un trajet de huit heures.
Un fossé grandissant entre alliés
L'épisode révèle la divergence croissante entre les objectifs de guerre américains et israéliens.
Alors qu'Israël continue de chercher un changement de régime, Washington considère désormais Araghchi et Ghalibaf comme des interlocuteurs indispensables. La Maison-Blanche, interrogée sur ces informations, ne les a ni confirmées ni démenties, se contentant de dire que le président souhaite que le processus de paix se déroule.On reconnaîtrait la détermination fondamentale du Premier ministre israélien à saper toute négociation que les États-Unis pourraient conclure.
- Les États-Unis et Israël lancent la guerre contre l'Iran ; une frappe israélienne tue le guide suprême Khamenei et d'autres hauts responsables.
- Le Wall Street Journal rapporte qu'Araghchi et Ghalibaf figurent sur une liste de cibles israéliennes ; les États-Unis demandent à Israël de cesser la campagne d'assassinats.
- Les négociations de cessez-le-feu commencent. Les États-Unis préviennent l'Iran par l'intermédiaire d'intermédiaires d'éventuelles attaques israéliennes contre les négociateurs.
- Ghalibaf rencontre le vice-président Vance à Islamabad ; des chasseurs pakistanais escortent son avion. Au retour, des chasseurs israéliens pénètrent l'espace aérien iranien, forçant un atterrissage d'urgence à Mashhad.
- L'Iran entame la veillée funèbre publique de Khamenei ; les médias américains révèlent les détails du complot d'assassinat et des avertissements de Washington.
Après-coup et deuil public
L'Iran a entamé aujourd'hui la veillée funèbre publique de l'ayatollah Khamenei dans une vaste salle de prière à Téhéran. Clercs, responsables gouvernementaux, dignitaires étrangers et fidèles ont rendu hommage. La direction prévoit des processions de masse d'une semaine pour démontrer sa loyauté envers la République islamique après quatre mois de guerre. Les révélations concernant le complot d'assassinat, divulguées par des responsables américains, pourraient encore tendre les relations américano-israéliennes alors que les pourparlers indirects entre Washington et Téhéran se poursuivent, le prochain cycle étant déjà convenu après des consultations au Qatar.

