
Vox présente un programme de dérégulation pour supprimer les lois sur l'égalité, le travail et le climat, affirmant que l'hyperréglementation coûte 90 milliards d'euros par an à l'Espagne
Le parti d'extrême droite espagnol Vox a profité de son assemblée générale annuelle pour réclamer une dérégulation massive, proposant l'abrogation des plans obligatoires d'égalité et LGBTI en entreprise, la suppression du registre des horaires de travail, ainsi qu'une refonte des lois sur le travail et le climat.
Un manifeste de dérégulation
Vox a présenté son Programme de dérégulation lors de son assemblée générale ordinaire samedi, dépeignant l'épais maquis réglementaire du pays comme la cause du déclin économique, de la désindustrialisation et de la paralysie sociale. Le document, intitulé « Le droit au but ! Une vie plus facile », identifie les secteurs primaire, énergétique, industriel et du logement, le système des autonomies et l'immigration de masse comme des domaines paralysés par ce que le parti appelle « l'hyperréglementation ». Le parti estime le coût annuel de la bureaucratie excessive à 90 000 millions d'euros.
Le plan exige une révision « approfondie » de l'ensemble des réglementations et promet que les mesures déjà mises en œuvre dans les trois régions où Vox gouverne avec le Parti populaire (PP) de centre-droit, l'Estrémadure, l'Aragon et Castille-et-León, constitueront la colonne vertébrale d'une architecture de dérégulation « intégrale ».
Alejandro Nolasco, président de Vox en Aragon et vice-président régional chargé du portefeuille de la dérégulation, a fait cette remarque en détaillant les quinze exigences qu'un agriculteur de sa région doit remplir pour s'inscrire comme bénéficiaire de la loi sur l'agriculture familiale.Nous allons sortir la tronçonneuse et les ciseaux, et cela va finir vite.
Huit lois ciblées pour abrogation
Vox inscrit huit lois nationales comme priorités pour une abrogation pure et simple. Quatre d'entre elles concernent le changement climatique ou la mobilité durable. La liste inclut également la loi sur le logement, la réforme du travail, la loi sur les déchets et les sols contaminés, ainsi que les règles sur les services à la clientèle. Les plans obligatoires d'égalité et LGBTI dans les entreprises sont qualifiés de « bureaucratie idéologique déguisée en progrès ». Le parti fait valoir que l'égalité devant la loi est déjà garantie par la Constitution et qu'aucune entreprise ne devrait être contrainte de certifier son adhésion à un « agenda ». Le registre obligatoire des horaires de travail est qualifié de « fardeau absurde », tandis que le protocole obligatoire de déconnexion numérique est jugé inutile, les conditions de travail devant simplement être convenues entre l'employeur et l'employé.
Les lois, nées pour incarner l'ordre et rendre la coexistence possible, ont été étranglées par l'hypertrophie réglementaire contemporaine et ont dégénéré en un chaos normatif qui pénalise l'initiative, entrave la croissance et condamne l'avenir.
« Priorité nationale » et poussée centralisatrice
Au-delà des abrogations, Vox veut mettre un terme à ce qu'il appelle le « chaos autonomique » en reprenant des compétences pour l'État central et en adoptant des lois d'harmonisation. Le parti veut une seule évaluation environnementale par projet, avec des délais fixes et des pénalités en cas de retard. Il propose également une loi sur le marché ouvert qui permettrait aux biens et services de circuler librement dans toute l'Espagne. Une « boîte aux lettres de dérégulation » permettrait à tout citoyen de signaler une règle comme redondante, tandis que des tables rondes sectorielles sur la dérégulation réuniraient des associations d'entreprises et des organismes professionnels.
Le parti se fixe une règle « un entré, trois sortis » : pour chaque nouvelle norme approuvée, trois doivent être abrogées. Fondamentalement, la doctrine du silence administratif positif, qui présume l'accord si les autorités ne répondent pas dans les délais, serait appliquée largement, avec une seule exception pour les procédures d'immigration, de nationalité et de résidence, où le silence ne jouerait jamais en faveur du demandeur.
Regard sur Bruxelles
Le programme de Vox s'en prend également aux normes de l'Union européenne. Il exige la réforme ou l'abolition d'un large éventail de mesures de l'UE, du Pacte vert et des directives sur la durabilité aux règles d'efficacité énergétique et aux réglementations sur les permis de travail pour les ressortissants de pays tiers. Sur le plan intérieur, le parti veut accélérer les investissements dans les réseaux électriques, accélérer les projets de stockage d'énergie et de pompage-turbinage, donner la priorité à l'énergie nucléaire et améliorer la gestion de l'eau grâce à des interconnexions entre bassins.

