
Le projet de loi sur l'aide à mourir franchit l'examen à l'Assemblée, rejet de la clause de conscience ; vote le 30 juin, adoption finale le 15 juillet
Après une troisième lecture marathon, les députés français doivent voter le 30 juin sur un projet de loi légalisant l'aide à mourir, avec une adoption finale prévue le 15 juillet. Le texte exclut une clause de conscience pour les établissements privés confessionnels, déclenchant des manifestations de 4 000 personnes et des avertissements selon lesquels des maisons de retraite chrétiennes pourraient fermer.
Marathon législatif
Le projet de loi, promesse phare du second mandat du président Emmanuel Macron, crée un droit à « l'aide à mourir » pour les patients atteints de maladies graves et incurables sous conditions strictes. Plus de 1 800 amendements ont été déposés lors de la troisième lecture, qui s'est tenue du 22 juin au soir du 27 juin, mais seulement 23 ont été adoptés. Le rapporteur général Philippe Vigier (MoDem) et ses corapporteurs ont travaillé à préserver les équilibres trouvés lors de la lecture précédente, visant la majorité la plus large possible.
Clause de conscience rejetée
L'un des points les plus controversés était une clause de conscience proposée qui aurait permis aux établissements de santé privés de refuser d'administrer des doses létales. Les députés ont voté pour l'exclure, ne laissant aucune option légale de retrait pour les hôpitaux et maisons de retraite confessionnels. Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, a qualifié cette décision d'« acharnement idéologique » et a averti que les établissements de santé chrétiens pourraient être contraints de fermer ou de quitter la France. « Nous ne pouvons pas donner la mort », ont déclaré d'autres prestataires de soins catholiques dans une déclaration citée par Le Figaro.
Les établissements de santé chrétiens pourraient être contraints de fermer ou de quitter la France.
Manifestation de rue
Dimanche 28 juin, quelque 4 000 personnes se sont rassemblées place de Fontenoy à Paris dans ce que les organisateurs ont appelé « un dernier cri » contre la légalisation de l'euthanasie. Le rassemblement a eu lieu deux jours seulement avant le vote prévu à l'Assemblée, reflétant les profondes divisions sociétales sur les choix de fin de vie.
- Début de la troisième lecture à l'Assemblée nationale
- Fin de la troisième lecture après examen de plus de 1 800 amendements
- 4 000 manifestants rassemblés place de Fontenoy à Paris
- Vote de l'Assemblée nationale sur le projet de loi
- Vote solennel final prévu si le Sénat rejette à nouveau le projet de loi
Paysage politique
Les partis de droite et d'extrême droite, dont Les Républicains et le Rassemblement National, restent fermement opposés. Leurs députés ont fait valoir que les critères d'éligibilité sont trop vagues, les garanties procédurales trop faibles et les délais trop courts. « Je sors de ces débats avec une sorte de vertige », a déclaré le député LR Thibault Bazin, se plaignant d'une protection insuffisante pour les personnes vulnérables. La gauche et le centre soutiennent largement le texte, qui évite délibérément les termes de « suicide assisté » et d'« euthanasie » – un choix linguistique que les critiques jugent trompeur sur la réalité de ce qui est autorisé.
Prochaines étapes
Après le vote du 30 juin, le projet de loi retournera au Sénat, qui devrait le rejeter pour la troisième fois. Cela déclencherait une lecture définitive à l'Assemblée nationale le 15 juillet, où aucun nouvel amendement ne pourra être introduit et les députés auront le dernier mot. Le gouvernement espère adopter la loi avant la pause estivale.


