
Le cabinet allemand approuve la réforme énergétique : Reiche pousse la synchronisation du réseau et la réduction des coûts
Le plan de la ministre de l'Économie Katherina Reiche visant à lier l'expansion des énergies renouvelables à la capacité du réseau et à réduire les coûts de redispatch est soumis au cabinet aujourd'hui, alors que l'approbation des aides d'État de l'UE pour le système actuel expire à la fin de l'année.
Pourquoi la réforme est urgente
L'approbation des aides d'État pour le système actuel de soutien aux énergies renouvelables en Allemagne expire à la fin de 2026. Sans nouvelle réglementation en vigueur d'ici là, les nouvelles installations pourraient encore être mises en service mais ne recevraient pas de subventions, selon la Fédération des industries de l'énergie et de l'eau (BDEW). La ministre de l'Économie Katherina Reiche (CDU) a clairement indiqué qu'elle ne veut pas risquer une interruption.
Nous ne voulons pas risquer une interruption.
Des mois de négociations au sein du gouvernement fédéral, principalement entre le ministère de Reiche et le ministère de l'Environnement dirigé par Carsten Schneider (SPD), ont abouti à un paquet que le cabinet devrait approuver aujourd'hui. Une fois adopté, les modifications nécessitent encore l'approbation de la Commission européenne.
- Le cabinet devrait approuver le paquet de réforme énergétique
- L'approbation des aides d'État de l'UE pour le système actuel expire
- Objectif de 80 % de part d'électricité renouvelable
Le problème du goulot d'étranglement du réseau
Plus de la moitié de l'électricité allemande provient déjà de sources renouvelables, et Reiche maintient l'objectif de 80 % d'ici 2030. Mais le déploiement rapide a dépassé la capacité du réseau. Les installations éoliennes et solaires sont souvent réduites parce que les réseaux locaux ne peuvent pas absorber l'électricité qu'elles produisent. Ces interventions, appelées redispatch, coûtent des milliards d'euros chaque année en indemnités.
L'expansion du réseau est censée acheminer l'énergie éolienne du nord vers les centres de consommation du sud, mais le projet de loi note que les obstacles entraînent encore des délais de réalisation de huit à douze ans. « L'expansion du réseau ne peut souvent pas suivre le rythme d'ajout de nouvelles installations », indique le projet. Reiche veut donc synchroniser les deux processus.
Hot Spots et réduction des coûts
Le mécanisme central est une meilleure orientation régionale des nouvelles installations. Les gestionnaires de réseau devront désigner des « Hot Spots » où une part élevée de la production doit être réduite. Dans ces zones, l'indemnisation du redispatch sera supprimée, mais un plafond de la perte est prévu, fixé à un certain pourcentage du rendement annuel de l'installation.
Le projet de loi soutient que cela réduira les coûts de redispatch et soulagera les consommateurs d'électricité des factures plus élevées qui en résultent. Reiche affirme que la subvention EEG compense actuellement les contribuables pour une électricité qui ne peut même pas être utilisée. Les gestionnaires de réseau dans les Hot Spots seront également obligés de prioriser l'optimisation, le renforcement et l'expansion du réseau.
Frictions politiques et objectif 2030
La réforme est controversée. Les associations énergétiques et environnementales accusent Reiche de ralentir la transition énergétique. Au sein du gouvernement, les mois de discussions avec le ministère de Schneider ont souligné les tensions. Le budget fédéral pour 2027 prévoit environ 16,5 milliards d'euros pour le soutien aux énergies renouvelables, une somme que Reiche veut réduire.
Reiche soutient que les énergies renouvelables ont « grandi » et doivent désormais assumer plus de responsabilité financière ainsi que la responsabilité du réseau électrique. Le mot-clé est « systemdienlich » (au service du système). Dans les cercles du ministère de l'Économie, le message est que l'EEG ne devrait plus être un « Rundum-Sorglos-Paket » (package tout compris sans souci).
Si le cabinet approuve le projet aujourd'hui, le projet de loi passe au Bundestag, où d'autres modifications sont probables avant un vote final.


