Le tribunal de Stuttgart doit se prononcer sur l'affaire de corruption d'un inspecteur de police après l'exclusion d'une preuve clé
Le tribunal régional de Stuttgart rendra son verdict lundi dans le procès pour corruption d'un haut gradé de la police suspendu, après que la chambre a jugé qu'un appel Skype enregistré en secret ne pouvait être utilisé comme preuve.
Les charges
Le prévenu, ancien plus haut gradé de la police du Bade-Wurtemberg, est accusé d'avoir offert à une commissaire principale un traitement de faveur dans le cadre d'une procédure de promotion en échange d'une relation sexuelle. L'offre présumée aurait été formulée lors d'un appel téléphonique. Lors d'un premier procès distinct, il a été acquitté en juillet 2023 de l'accusation de harcèlement sexuel à l'encontre de la même officière lors d'une visite dans un pub, il y a près de cinq ans. Cet acquittement est définitif.
Preuve clé exclue
La pièce maîtresse est une conversation Skype enregistrée clandestinement entre le prévenu et l'inspectrice. Le tribunal a jugé cet enregistrement irrecevable. Le président du tribunal a déclaré que la chambre n'avait pu identifier un manquement au devoir suffisamment concret et promis pour étayer une condamnation.
La conversation ne permet pas de prouver l'infraction présumée.
Le témoin clé, l'inspectrice elle-même, refuse de témoigner. L'accusation avait fondé son dossier de corruption sur la vidéo, tandis que la défense soutient que l'enregistrement était planifié, non spontané, et a émis des doutes sur son authenticité. Les observateurs s'attendent à ce que l'ancien inspecteur soit également acquitté dans ce second procès.
Répercussions politiques
L'affaire a déclenché une crise politique pour l'ancien ministre de l'Intérieur Thomas Strobl (CDU). Une commission d'enquête parlementaire à Stuttgart a examiné le harcèlement sexuel, les pratiques de promotion au sein de la police et la transmission d'une lettre d'avocat par Strobl. Elle a également examiné la manière dont l'inspectrice a été nommée et la façon dont les postes de direction de la police sont pourvus. En réponse, Strobl a purement et simplement supprimé le poste d'inspecteur de police.
La suite
Formellement, le prévenu reste fonctionnaire et continue de percevoir une partie de son salaire, selon le ministère de l'Intérieur. La procédure disciplinaire à son encontre est suspendue dans l'attente de l'issue de l'affaire pénale. Même après le verdict attendu lundi, une résolution finale pourrait être retardée si l'une ou l'autre des parties fait appel devant la Cour fédérale de justice.

