
Le tribunal d'Athènes condamne d'anciens responsables de l'OPEKEPE pour avoir enterré un rapport de fraude aux subventions ; peine de 5 ans avec sursis prononcée
Un tribunal grec a reconnu l'ancien président de l'OPEKEPE Dimitris Melas et l'ex-directrice Athanasia Reppa coupables de recel de criminel et de manquement au devoir pour ne pas avoir transmis un rapport sur des demandes suspectes de subventions agricoles aux procureurs.
Le verdict
Le tribunal correctionnel à trois membres d'Athènes a unanimement reconnu Dimitris Melas et Athanasia Reppa coupables de recel de criminel et de manquement au devoir, tous deux des délits. Le tribunal les a condamnés à 5 ans et 8 mois de prison, avec sursis en attendant l'appel, et a imposé une interdiction de quitter le territoire jusqu'au procès pour crime. Melas, ancien homme politique de Nouvelle Démocratie, a dirigé l'OPEKEPE de 2021 à 2022 ; Reppa était à la tête des directions de l'aide directe et des travaux techniques et travaille désormais au Fonds de relance.
Le rapport Tycheropoulou
L'affaire découle d'un audit ordonné en 2020 par l'ancien président de l'OPEKEPE Grigoris Varras après une forte augmentation des déclarations de pâturages en 2018, qui a suscité des soupçons de fraude systématique. L'inspectrice Paraskevi Tycheropoulou a identifié 80 à 99 numéros d'identification fiscale (AFM) suspects avec des demandes de subventions potentiellement frauduleuses. Les accusés, qui occupaient des postes de direction à l'époque, ont été accusés de ne pas avoir transmis le rapport au procureur, l'ayant effectivement enterré de novembre 2020 à juillet 2022.
Après des mois d'audience, le tribunal a été convaincu qu'en 2018 il y a eu une augmentation frappante du nombre de pâturages... il y avait des soupçons de fraude systématique et de canalisation de fonds via des mécanismes vers les producteurs. Dans ce contexte, le nouveau président de l'OPEKEPE Grigoris Varras a pris ses fonctions et a ordonné un audit, dans le cadre duquel Paraskevi Tycheropoulou a consigné ses conclusions et soumis un rapport. Dans ce contexte et ayant connaissance des problèmes qui indiquent la connaissance de Melas et Reppa, les deux accusés, selon la conviction judiciaire du tribunal, n'ont pas accompli les actes qu'ils étaient tenus d'accomplir.
- Forte augmentation des déclarations de pâturages suscite des soupçons de fraude
- Le président de l'OPEKEPE Varras ordonne un audit ; le rapport Tycheropoulou identifie 80 à 99 AFM suspects
- Melas et Reppa commencent à dissimuler le rapport au procureur
- Fin de la période de dissimulation ; certains agriculteurs reçoivent 260 000 euros de paiements
- Le tribunal d'Athènes condamne les deux accusés, prononce une peine avec sursis, renvoie l'accusation de crime
Position du procureur et peine
Le procureur Anastasios Panagakos avait exhorté le tribunal à refuser le sursis et à envoyer les accusés en prison, arguant qu'il y avait un risque de récidive et citant le poste actuel de Reppa au Fonds de relance. Il a proposé une caution de 100 000 euros, des comparutions mensuelles au commissariat et une interdiction d'emploi dans le secteur public. La défense a rétorqué que de telles conditions équivaudraient à une punition prématurée avant l'appel. Le tribunal a accordé le sursis mais n'a imposé que l'interdiction de quitter le territoire.
Nous avons ici un recel de criminel et un manquement au devoir de novembre 2020 à juillet 2022. Les deux accusés non seulement n'ont pas envoyé le rapport Tycheropoulou, mais une série d'actions ont été orchestrées. Le rapport n'a pas été envoyé au procureur, bien plus tard les dossiers ont été réexaminés par les directions régionales, mais entre-temps certains producteurs avaient reçu 260 000 euros.
Accusation de crime renvoyée
Le tribunal a séparé l'accusation de vol de documents, la faisant passer d'un délit à un crime car le préjudice total dépassait 120 000 euros. Cette accusation sera jugée par la Cour d'appel criminelle à trois membres d'Athènes. Le tribunal a également décidé d'envoyer les dossiers du procès au Parquet européen pour utilisation dans les enquêtes en cours sur les centres de déclaration de subventions (KYD), le personnel de l'OPEKEPE et la responsabilité politique potentielle.
Réaction et prochaines étapes
Le verdict a suscité des cris d'« injustice » de la part du public. Le tribunal a reconnu à la majorité (2-1) la circonstance atténuante d'une vie antérieure sans antécédents judiciaires pour les deux accusés, malgré l'opposition du procureur. La peine avec sursis signifie que Melas et Reppa restent libres pendant que leur appel est en cours, mais ils sont interdits de quitter la Grèce. Le procès séparé pour crime déterminera la responsabilité ultérieure.


