
Les États-Unis élargissent les sanctions contre l'Iran aux actifs maritimes et numériques tandis que Téhéran inscrit 45 pétroliers du Golfe sur liste noire
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé des mesures visant le transport maritime, la technologie et les actifs numériques, tandis que Téhéran a interdit 45 navires dans le détroit d'Ormuz dans un contexte de médiation du Pakistan.
Mesures financières et accès au dollar
Les États-Unis ont élargi les catégories d'activités iraniennes soumises à des sanctions, ciblant les actifs numériques, la technologie et le transport maritime. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a annoncé cette expansion après une tribune dimanche décrivant cette décision comme une offensive économique contre les entités qui facilitent le commerce iranien. Bessent a averti que les entreprises étrangères et les institutions financières aidant Téhéran seraient exclues du système de compensation en dollars américains.
Pour être très clair : toute entité qui facilite le blanchiment d'argent pour le compte de l'Iran sera coupée du système du dollar américain. Le compte à rebours a commencé. Si elles facilitent des transactions et font partie de l'écosystème qui transforme le pétrole iranien en argent et en répression, elles deviendront des cibles.
Les mesures font suite aux discussions entre le président Donald Trump et des dirigeants étrangers concernant la coopération économique contre l'Iran. Bien que des sanctions secondaires n'aient pas encore été imposées aux institutions financières chinoises, Bessent a déclaré qu'aucune banque étrangère n'est au-dessus de l'application des lois américaines.
- Les dernières négociations bilatérales directes entre les États-Unis et l'Iran se concluent sans accord
- L'inflation annuelle iranienne atteint 66 % alors que les tensions économiques augmentent
- Le secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright déclare que les exportations quotidiennes de pétrole du détroit d'Ormuz dépassent 8 millions de barils
- L'Iran inscrit 45 pétroliers sur liste noire tandis que Scott Bessent publie une tribune dans le Financial Times sur les mesures économiques
- Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir se rend à Téhéran alors que le Trésor américain dévoile des sanctions élargies
- Le ministre omanais des Affaires étrangères doit se rendre à Téhéran pour des discussions sur le transit dans le détroit d'Ormuz
Liste noire des pétroliers dans le détroit d'Ormuz
Téhéran a répondu à la pression économique américaine en élargissant les restrictions sur le trafic maritime à travers le détroit d'Ormuz, un corridor qui gérait environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux avant le début du conflit il y a six mois. L'Autorité du golfe Persique pour le détroit, un organisme créé par l'Iran, a inscrit 45 pétroliers commerciaux sur liste noire dimanche soir pour avoir prétendument violé les règles de transit. La liste comprend de très grands pétroliers bruts, des transporteurs de gaz naturel liquéfié, des pétroliers de gaz de pétrole liquéfié et des navires de produits pétroliers propres.
Les navires concernés incluent des pétroliers appartenant à ADNOC Logistics and Shipping (basé aux Émirats arabes unis), à sa filiale Navig8 Tankers, et au transporteur national saoudien Bahri. Les autorités iraniennes ont averti que les pétroliers inscrits sur liste noire risquent des amendes, la détention et la confiscation de la cargaison. Les responsables ont ajouté que les navires effectuant des transferts entre navires avec ces pétroliers s'exposeraient aux mêmes sanctions.
Pression économique intérieure en Iran
Six mois de perturbations maritimes liées à la guerre et de sanctions ont accéléré les tensions économiques en Iran. Le président iranien Masoud Pezeshkian a reconnu ces difficultés, attribuant les pénuries intérieures et les turbulences du marché à des décennies de sanctions américaines et internationales. Le 22 juillet, le taux d'inflation annuel de l'Iran s'élevait à 66 %, contre 46 % enregistré en février. Le rial iranien a également baissé face au dollar américain, s'échangeant à 1,88 million de rials pour un dollar, contre 1,65 million de rials avant la guerre.
- 2026-02
- 46 %
- 2026-07-22
- 66 %
Malgré ces tensions, le ministère iranien de la Défense a maintenu que le pays est prêt à un affrontement prolongé. Parallèlement, les Émirats arabes unis ont suspendu tous les échanges commerciaux et transactions financières avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre.
Médiation régionale et voies diplomatiques
Les efforts diplomatiques pour désamorcer le conflit se sont poursuivis lundi alors que le chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est arrivé à Téhéran pour des réunions avec de hauts responsables iraniens et des figures proches du guide suprême iranien. Le Pakistan a cherché un rôle de médiateur entre Washington et Téhéran, après la cessation des négociations bilatérales directes entre les États-Unis et l'Iran en juin.
En parallèle, Oman mène des discussions concernant le transit maritime dans le détroit d'Ormuz, le ministre omanais des Affaires étrangères devant se rendre à Téhéran mardi. Sur le front énergétique, le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a déclaré que les expéditions moyennes de pétrole brut sur sept jours à travers le détroit dépassaient encore 8 millions de barils par jour. Les tensions en matière de sécurité maritime se sont poursuivies simultanément, un projectile ayant touché un pétrolier à l'ouest du port saoudien de Yanbu en mer Rouge lundi.

