
Des colons israéliens mettent le feu à deux mosquées en Cisjordanie et taguent « vengeance » sur les murs
Des colons ont frappé deux mosquées dans des villages au nord de Ramallah avant l'aube mercredi, brûlant les salles d'ablution et taguant des slogans en hébreu, tandis que des Palestiniens les affrontaient et que les forces israéliennes ont ensuite tiré des gaz lacrymogènes sur la foule.
Les attaques nocturnes
Deux mosquées palestiniennes ont été incendiées à quelques heures d'intervalle tôt mercredi matin, dans ce que des responsables locaux ont décrit comme la dernière escalade d'une vague de violences de colons qui dure depuis des mois dans toute la Cisjordanie occupée. À Jiljiliya, à une dizaine de kilomètres au nord de Ramallah, un groupe de colons israéliens est arrivé entre 2 h et 3 h du matin, a trouvé la porte de la salle de prière principale verrouillée et a incendié la salle d'ablution à l'étage inférieur. La Défense civile palestinienne, assistée de jeunes du village, a réussi à contenir le feu avant qu'il ne se propage au sanctuaire principal.
Les colons ont mis le feu à la salle d'ablution, endommagé la mosquée principale du village et écrit des messages hostiles sur les murs extérieurs.
À moins de dix kilomètres de là, à al-Mazraa al-Nubani, un second groupe a lancé un cocktail Molotov sur la mosquée al-Farouk Omar ibn al-Khattab. Le maire, Saad Dagher, a déclaré à l'AFP que les assaillants avaient fui lorsque des résidents étaient sortis de leurs maisons et que les flammes n'avaient touché qu'une partie du bâtiment. Il a précisé qu'il s'agissait de la première attaque contre une mosquée dans son village, après des actes de vandalisme antérieurs contre des maisons et des bâtiments agricoles.
Les tags et la signature de la « Jeunesse des collines »
Des journalistes de l'AFP qui se sont rendus sur le site de Jiljiliya ont documenté des murs calcinés portant des inscriptions en hébreu : « Vengeance », « La nuit des mosquées » et « Salutations de la jeunesse des collines », une référence à un mouvement de colons radicaux. Les mêmes slogans ont été rapportés par plusieurs médias. À Deir Dibwan, une tentative d'incendie distincte a visé la mosquée al-Marah après la prière du Maghreb ; un fidèle palestino-américain de 92 ans, Yasser Saqer Rashid, a raconté à Al Jazeera qu'un colon avait pointé une bombe incendiaire vers son visage à travers la fenêtre.
J'ai été choqué de voir un colon tenant une bombe incendiaire, la pointant vers mon visage et mes vêtements près de la fenêtre. Il voulait me brûler vif.
Le ministère palestinien des Affaires religieuses a indiqué que des dizaines de bâtiments religieux ont été brûlés ou vandalisés depuis le début de l'année. La Commission de colonisation et de résistance au mur a recensé 22 attaques distinctes contre des sites religieux musulmans au cours de la période récente, selon Al Jazeera.
La réponse de l'armée israélienne et le contexte général
L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a condamné les incidents et annoncé l'ouverture d'une enquête. Deux suspects ont pris la fuite avant l'arrivée des forces, a déclaré l'armée. Les médias palestiniens ont rapporté que lorsque les habitants ont affronté les colons lors de l'attaque de Jiljiliya, les forces israéliennes ont ensuite investi la ville en tirant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Aucune blessure n'a été signalée dans les incendies de mosquées eux-mêmes, mais quatre Palestiniens ont été blessés lors d'une agression de colons distincte au sud de Naplouse le même jour.
Les attaques sont survenues le même jour que le sommet du G7 à Évian, dont la déclaration finale appelait explicitement à la fin des violences des colons. Des données de l'ONU publiées la semaine précédente faisaient état d'un rythme « record » d'attaques de colons, avec une moyenne de six par jour. Plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies jugées illégales au regard du droit international, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens. Les ministres d'extrême droite Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich ont ouvertement soutenu l'expansion des colonies ; mercredi, de nouvelles constructions ont été approuvées pour 576 logements et un bâtiment de yeshiva à Hébron, sans le consentement de la municipalité palestinienne.
Nous sommes inébranlables ici et nous ne partirons pas. C'est notre terre, héritée de nos ancêtres, et nous y resterons jusqu'au Jour du Jugement.
Un ciblage récurrent des lieux saints
Les deux attaques de mercredi font suite à une tentative d'incendie trois jours plus tôt contre la mosquée al-Noor à Burqa, également près de Ramallah, où des fidèles se trouvaient à l'intérieur lors de l'assaut. Les observateurs notent que les mosquées sont devenues des cibles récurrentes alors que l'activité de colonisation s'étend. Le ministère palestinien des Affaires religieuses a qualifié les attaques d'escalade dangereuse et de provocation visant à la fois les symboles islamiques et chrétiens, tenant les autorités israéliennes pour pleinement responsables et exhortant à une intervention internationale pour protéger les lieux de culte et traduire les auteurs en justice.
- Des colons tentent d'incendier la mosquée al-Noor à Burqa alors que des fidèles sont à l'intérieur ; des pneus et des matériaux inflammables sont enflammés aux portes.
- Des colons incendient la salle d'ablution de la mosquée de Jiljiliya ; la Défense civile palestinienne et les villageois contiennent le feu.
- Seconde attaque : un cocktail Molotov est lancé sur la mosquée al-Farouk à al-Mazraa al-Nubani ; les flammes n'endommagent qu'une partie du bâtiment.
- Le sommet du G7 à Évian publie une déclaration finale appelant à la fin des violences des colons ; de nouvelles constructions à Hébron sont approuvées sans le consentement palestinien.


