
Une enfant non vaccinée meurt à Palerme d'une suspicion de diphtérie, les procureurs ouvrent une enquête
Une fillette non vaccinée est morte d'une défaillance multiviscérale à l'hôpital pour enfants de Palerme après une suspicion de diphtérie, ce qui a déclenché une enquête du parquet sur les soins médicaux et les vaccinations obligatoires manquées.
Hospitalisation et issue fatale
Une jeune fille, identifiée comme Anna Rosa Bartolotta et décrite comme âgée de trois ou quatre ans, est décédée dans la nuit du 19 au 20 août 2026 à l'hôpital pour enfants de Palerme. Elle s'est présentée à l'hôpital le jeudi précédent avec des symptômes incluant fièvre, vomissements et perte d'appétit. Le personnel médical l'a renvoyée après des tests initiaux avec un diagnostic d'amygdalite et a demandé à la famille de revenir si les symptômes persistaient. Malgré un traitement antipyrétique, sa forte fièvre a continué pendant les deux jours suivants.
Le samedi 15 août 2026, l'enfant a été amenée dans un état critique à l'hôpital Cervello de Palerme, où les médecins l'ont intubée. Compte tenu de son état dégradé, le personnel médical l'a transférée à l'unité de soins intensifs pédiatriques de l'hôpital pour enfants Di Cristina. Alors qu'une défaillance multiviscérale se développait, les chirurgiens l'ont déplacée en chirurgie cardiaque pour la placer sous oxygénation extracorporelle (ECMO). L'intervention n'a pas réussi à enrayer le déclin, et elle est décédée aux premières heures de jeudi.
- La patiente se présente avec fièvre et vomissements et est renvoyée avec un diagnostic d'amygdalite
- Admise à l'hôpital Cervello dans un état critique et intubée
- Transférée à l'hôpital pour enfants Di Cristina et placée sous oxygénation extracorporelle (ECMO)
- Décède dans la nuit d'une défaillance multiviscérale dans un contexte de suspicion de diphtérie
Contexte familial et refus de vaccination
Lors des évaluations cliniques, le personnel médical a établi que l'enfant n'avait reçu aucune vaccination obligatoire depuis la naissance. La famille, résidant dans le quartier ZEN de Palerme, a déclaré avoir refusé les vaccinations par crainte que les vaccins ne soient responsables de l'autisme, citant un parent autiste. Le calendrier vaccinal national italien prescrit le vaccin hexavalent au début de la petite enfance, couvrant la diphtérie ainsi que d'autres vaccinations pédiatriques obligatoires.
Le consensus scientifique et les agences de santé publique confirment qu'aucun lien de causalité n'existe entre les vaccins et l'autisme. Les autorités sanitaires italiennes notent qu'une couverture vaccinale généralisée est nécessaire pour maintenir l'immunité collective, qui protège les personnes vulnérables incapables de se faire vacciner en raison de conditions médicales spécifiques. La Sicile enregistre actuellement la plus forte proportion d'enfants non vaccinés parmi les régions italiennes.
Enquête judiciaire et vérification médicale
Le parquet de Palerme a saisi le corps de l'enfant et ordonné une autopsie pour déterminer la cause précise du décès. Les enquêteurs ont ouvert une enquête formelle sur les circonstances entourant l'absence de vaccination obligatoire de l'enfant et les protocoles cliniques appliqués lors de sa sortie initiale de l'hôpital. Les autorités régionales effectuent également des tests de laboratoire pour confirmer si Corynebacterium diphtheriae est à l'origine de l'infection mortelle.
Le conseiller régional à la santé Marcello Caruso a confirmé le processus de test jeudi.
Nous effectuons des tests pour confirmer s'il s'agit de la diphtérie. Les résultats seront disponibles plus tard.
Épidémiologie de la diphtérie et couverture vaccinale
La diphtérie est une maladie infectieuse bactérienne aiguë causée par Corynebacterium diphtheriae, certaines souches produisant des toxines capables d'endommager le cœur, les reins et le système nerveux. L'infection cible principalement les voies respiratoires, formant des membranes épaisses sur la gorge et les amygdales qui obstruent la respiration, et présente un taux de létalité compris entre 5 % et 10 %. Les formulations vaccinales disponibles depuis 1920 utilisent une anatoxine inactivée qui déclenche la production d'anticorps protecteurs sans provoquer de toxicité.
La maladie avait disparu d'Italie pendant plus d'une décennie après les campagnes nationales de vaccination. Les registres du ministère de la Santé indiquent cinq cas au total en Italie depuis 2000. Entre 2015 et 2017, les services de santé italiens ont enregistré huit infections confirmées, dont une seule était un cas cutané producteur de toxines, tandis que les autres impliquaient des souches non toxinogènes. À l'échelle mondiale, les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé ont enregistré environ 2 500 cas mortels en 2011 et 4 680 cas signalés en 2013.


