
Une commission sénatoriale américaine déclare Fauci en outrage au Congrès après plus de 100 invocations du Cinquième amendement
Une commission sénatoriale américaine a voté 8-7 le 6 août 2026 sur des lignes de parti pour déclarer Anthony Fauci en outrage au Congrès après qu'il a invoqué le Cinquième amendement plus de 100 fois lors d'une audience du 29 juillet sur la réponse à la pandémie de Covid-19.
Vote de la commission
La commission de la Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales du Sénat a voté 8-7 le 6 août 2026 sur des lignes de parti pour déclarer le Dr Anthony Fauci en outrage au Congrès. Le vote, avec tous les Républicains pour et tous les Démocrates contre, est intervenu une semaine après que Fauci a comparu devant la même commission le 29 juillet et a invoqué le Cinquième amendement plus de 100 fois, refusant de répondre aux questions sur son rôle dans la réponse à la pandémie de Covid-19. Le président de la commission, le sénateur Rand Paul du Kentucky, avait prévenu qu'il y aurait des conséquences à ce refus de témoigner.
- Fauci comparaît devant la commission sénatoriale, invoque le Cinquième amendement plus de 100 fois
- La commission vote 8-7 sur des lignes de parti pour déclarer Fauci en outrage au Congrès
- Paul doit renvoyer l'affaire au DOJ ou demander un vote du Sénat complet (besoin de 60 voix, les Républicains en ont 53)
- Pour (Républicains)
- 8 votes
- Contre (Démocrates)
- 7 votes
Le différend sur le Cinquième amendement
Paul a fait valoir que la protection constitutionnelle contre l'auto-incrimination ne s'appliquait pas parce que Fauci avait reçu une grâce présidentielle de Joe Biden couvrant la période de 2014 à janvier 2025, éliminant tout risque de poursuites fédérales pour des actes commis dans cette fenêtre. Fauci et les Démocrates de la commission ont rétorqué qu'il avait une crainte fondée d'auto-incrimination, compte tenu des déclarations publiques de Républicains exprimant leur désir de le poursuivre. Fauci avait précédemment accusé Paul d'avoir une obsession démesurée à son égard et de chercher toute déclaration qui pourrait justifier les promesses publiques répétées de Paul selon lesquelles Fauci finirait derrière les barreaux.
Le docteur Fauci ne courait aucun risque de poursuites fédérales. Il lui suffisait de dire la vérité.
La grâce ne protège pas Fauci des procédures pénales au niveau des États ni des enquêtes sur des témoignages que les législateurs considèrent comme faux, laissant sans réponse les questions juridiques sur la validité de l'invocation du Cinquième amendement après une grâce présidentielle.
Conseil juridique et réaction politique
L'avocat de Fauci, David Schertler, a qualifié le vote de manœuvre politique vulgaire et l'a présenté comme la continuation d'une vendetta personnelle du sénateur Paul contre un fonctionnaire qui a consacré 50 ans à la santé publique et sauvé d'innombrables vies. Schertler a déclaré qu'il était honteux et mal que Paul abuse de son pouvoir en tentant d'armer le ministère de la Justice contre un fonctionnaire public honorable.
Le vote s'est strictement aligné sur les lignes de parti, conformément au schéma observé à Washington chaque fois que des votes touchent à Fauci. Donald Trump, qui a géré les 11 premiers mois de la pandémie et a félicité Fauci pour l'opération de vaccin Warp Speed, a gardé une distance mesurée, déclarant qu'il n'est pas un grand fan de Fauci mais réservant une rhétorique bien plus dure à ses ennemis de longue date. Corriere della Sera note que Trump est conscient que des documents objectivement troublants obtenus par les Républicains, notamment une demande de sous-subvention américaine de 2018 à Wuhan sur les coronavirus rejetée par l'agence du Pentagone DARPA comme trop risquée, pourraient avoir des conséquences géopolitiques imprévisibles s'ils étaient confirmés.
Relevés téléphoniques et notes personnelles
Le sénateur Ron Johnson a déclaré avoir obtenu une copie du contenu du téléphone de Fauci auprès de l'administration Trump, exprimant l'espoir que ces données pourraient répondre à de nombreuses questions que Fauci a refusé d'aborder lors de l'audience. Les informations ont été fournies par le ministère de la Santé, dirigé par Robert Kennedy Jr., un autre adversaire de Fauci. Les notes personnelles de Fauci récupérées sur des serveurs gouvernementaux ont également été remises.
Quelle est la suite
Paul a désormais deux options procédurales : demander un vote du Sénat complet, où 60 voix sont requises mais le Parti républicain n'en détient que 53, ou envoyer la recommandation de la commission directement au ministère de la Justice, contournant la chambre complète dans une démarche qui rompt avec le précédent. Le DOJ n'est pas obligé d'agir, mais le procureur en chef par intérim Todd Blanche a suivi toutes les directives de Trump jusqu'à présent, selon AGI. L'outrage au Congrès peut entraîner une peine d'emprisonnement, comme l'ont montré Steve Bannon et Peter Navarro, qui ont chacun purgé quatre mois de prison fédérale pour avoir refusé de témoigner devant le Congrès. Fauci fait également déjà l'objet d'enquêtes de plusieurs procureurs généraux d'État républicains.


