
Le pape Léon XIV met en garde contre un schisme alors que la FSSPX défie le Vatican avec des consécrations épiscopales non autorisées
La Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) traditionaliste s'apprête à consacrer quatre évêques sans l'approbation papale à Écône, en Suisse, le 1er juillet, défiant l'appel direct du pape Léon XIV et risquant un schisme formel et l'excommunication.
Une défiance qui couve depuis des décennies
La Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX), fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, rejette depuis longtemps des enseignements clés du Concile Vatican II, notamment sur l'œcuménisme et la réforme liturgique. L'ordre est présent dans 70 pays et compte actuellement 2 évêques, 733 prêtres, 264 séminaristes, 145 frères et 250 sœurs, avec un nombre indéterminé de fidèles laïcs.
La dernière fois que la FSSPX a consacré des évêques sans le consentement de Rome, c'était le 30 juin 1988, lorsque Lefebvre a ordonné quatre prélats. Deux jours plus tard, le pape Jean-Paul II a déclaré que l'archevêque et les évêques nouvellement consacrés avaient encouru l'excommunication automatique. La levée de ces excommunications en 2009 par Benoît XVI, ainsi que les discussions doctrinales ultérieures, n'ont pas résolu les différends sous-jacents.
L'appel de dernière minute du pape
Le 29 juin, le pape Léon XIV a envoyé une lettre passionnée au supérieur général de la FSSPX, Davide Pagliarani, implorant la direction d'abandonner les consécrations prévues.
Rempli d'amour chrétien, je vous appelle et vous demande de tout mon cœur : revenez de ce chemin ! Je vous exhorte à considérer avec le plus grand sérieux le bien spirituel des fidèles, car un acte de schisme les priverait de la possibilité de recevoir licitement, et dans certains cas même validement, les sacrements.
Le pape a rappelé à la FSSPX que l'Église a montré « attention et bienveillance » envers son attachement à la tradition, mais a insisté sur le fait que procéder serait « un acte de schisme », un péché grave contre l'unité.
Déchirer la tunique sans couture du Christ est un péché extrêmement grave. Que le Seigneur éclaire vos consciences et réveille vos cœurs.
La FSSPX répond, mais ne cède pas
Le 30 juin, Pagliarani a répondu au pape. Sa lettre remerciait le Saint-Père mais demandait une suspension des décisions jusqu'à un discernement plus approfondi, sans indiquer d'arrêt des consécrations. Il a soutenu que la FSSPX sert l'Église et se soucie de son unité, et a cité des témoignages de soutien de deux évêques nommés par le Vatican.
L'intention de la Fraternité reste le service de l'Église catholique et le souci de son unité, non la recherche d'une rupture.
Pagliarani a également publié une confession de foi ouverte en 154 points une semaine plus tôt, réitérant les critiques doctrinales de l'Église post-conciliaire.
Quelle est la suite : excommunication ou dialogue ?
Le Vatican a été clair : consacrer des évêques sans le mandat du pape est un acte schismatique qui entraîne l'excommunication automatique en vertu du droit canonique. La cérémonie, impliquant un Suisse, un Américain et deux Français, est prévue pour le 1er ou le 2 juillet à Écône, en Suisse.
- Mgr Marcel Lefebvre consacre quatre évêques sans le consentement papal.
- Le pape Jean-Paul II déclare Lefebvre et les nouveaux évêques excommuniés.
- Le pape Léon XIV envoie une lettre exhortant la FSSPX à abandonner les nouvelles consécrations.
- La FSSPX prévoit de consacrer quatre évêques supplémentaires à Écône, en Suisse.
Si les ordinations ont lieu, le statut canonique de la FSSPX, déjà irrégulier, serait probablement rompu entièrement, affectant la validité des sacrements administrés par ses prêtres. La lettre du pape exprimait une profonde douleur mais laissait la porte ouverte au dialogue, exhortant la fraternité à reconsidérer.


