
Le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko touché par des gaz lacrymogènes lors des manifestations étudiantes à Paris
Le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko a été touché par des gaz lacrymogènes alors qu'il tentait de séparer des étudiants et des policiers antiémeute à Paris, les manifestations pour l'éducation dans tout le pays ayant donné lieu à plus de 5 000 interpellations et à une interdiction gouvernementale des grenades assourdissantes.
L'intervention du maire place de la Nation
Lors des manifestations nationales du mardi 6 octobre 2026, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko s'est placé entre les policiers antiémeute et les étudiants protestataires place de la Nation, dans l'est de Paris. Vêtu d'un costume et d'une cravate, l'édile de 53 ans a levé les bras et crié aux agents qui avançaient de s'arrêter avant que la police ne le repousse. Les forces de l'ordre ont déployé des gaz lacrymogènes pendant l'altercation, touchant Bagayoko et obligeant des passants à lui rincer les yeux au sérum physiologique dans la rue. La manifestation, organisée pour dénoncer le manque de personnel et la dégradation des conditions dans les établissements publics du secondaire, a donné lieu à des affrontements sporadiques entre jeunes et forces de l'ordre, tout en restant pacifique sur la majeure partie du parcours. Des figures politiques de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier et le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, ont également participé à la manifestation dans la capitale.
J'ai été témoin d'un usage de la force totalement disproportionné contre des jeunes qui demandent simplement à être entendus.
Mobilisation nationale et tactiques policières
Les manifestations de mardi ont mobilisé plus de 250 000 participants dans tout le pays selon les chiffres du gouvernement, tandis que les organisateurs ont estimé la participation à près de 450 000 personnes. Dans toute la France, le ministère de l'Intérieur a recensé 488 interpellations et 48 blessés parmi les forces de l'ordre pour la seule journée de mardi. Depuis le début des protestations le vendredi 2 octobre 2026, le total des interpellations dépasse 5 000 personnes, majoritairement des mineurs. Le bilan total des blessés recensés dans le mouvement fait état de 715 policiers et d'environ 85 enseignants, ainsi que de dégradations de biens et de jets de projectiles dans plusieurs centres urbains. Le mercredi 7 octobre 2026, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé l'interdiction immédiate des grenades assourdissantes dans le maintien de l'ordre lors des manifestations, après un incident survenu lundi où un mineur a été amputé d'une main en tentant de renvoyer un engin explosif vers les lignes policières.
- Bagayoko aide les pompiers à éteindre une benne en feu au lycée Bartholdi
- Début des manifestations étudiantes sur les moyens de l'éducation dans les villes françaises
- Un mineur perd une main à cause de l'explosion d'une grenade assourdissante lors des manifestations
- Bagayoko est touché par des gaz lacrymogènes lors des affrontements étudiants place de la Nation
- Le ministère de l'Intérieur interdit les grenades assourdissantes alors que les interpellations cumulées dépassent 5 000
Réactions politiques et enquêtes administratives
Bagayoko, entré en fonction en mars comme premier représentant de La France Insoumise à diriger une commune française de plus de 100 000 habitants, s'est adressé directement aux manifestants après les affrontements. Dans des déclarations publiques sur les réseaux sociaux, le maire a appelé les organisations étudiantes à éviter la violence tout en poursuivant leur mobilisation.
À la jeunesse mobilisée, je dis : vos revendications sont justes. Continuez à vous organiser et à faire entendre vos voix. Mais ne cédez à aucune provocation. Restez unis et non violents.
L'intervention du maire a suscité les condamnations d'élus de droite. Éric Ciotti, maire de Nice, a demandé au Conseil des ministres de révoquer Bagayoko de ses fonctions municipales, l'accusant d'avoir incité au désordre et trahi ses responsabilités institutionnelles. La préfecture de Paris a également ouvert une enquête sur Bagayoko concernant une prétendue légitimation de la violence lors de précédentes manifestations scolaires. Des comptes de droite avaient auparavant diffusé des extraits vidéo tronqués d'une manifestation du 29 septembre 2026 devant le lycée Bartholdi à Saint-Denis, affirmant que Bagayoko avait mis le feu à une benne à ordures. Les vidéos complètes publiées ensuite par L'Humanité et Libération ont confirmé que le maire avait aidé les pompiers à éteindre les flammes et éloigné la benne des grilles de l'établissement.


