
Le maire d'Alès Christophe Rivenq exfiltré par le RAID après des menaces de la DZ Mafia 'Nouvelle Génération' et une suspicion de voiture piégée
Christophe Rivenq, maire d'Alès, a été évacué par la police d'élite dans la nuit du 20 au 21 juillet après que les renseignements ont averti d'une attaque violente imminente de la DZ Mafia 'Nouvelle Génération', un cartel de drogue basé à Marseille.
Menaces croissantes
Le 16 juillet, l'épouse du maire d'Alès Christophe Rivenq a trouvé dans leur boîte aux lettres une enveloppe contenant deux balles de 9 mm. Le même jour, des tags menaçants sont apparus sur la clôture de leur domicile, notamment « DZNG » (DZ Mafia Nouvelle Génération), « CVN » (le quartier des Cévennes à Alès désormais contrôlé par le groupe) et l'insulte « FDP ». Le maire a été informé et le procureur de la République d'Alès a ouvert une enquête pour menaces de mort et intimidation.
Le 17 juillet, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a envoyé la CRS 84 à Alès et ordonné une protection policière pour l'élu. Rivenq a d'abord refusé la protection. Puis, dans la soirée du 20 juillet, une nouvelle alerte est arrivée : la police soupçonnait qu'une voiture piégée avait été placée près du domicile du maire. La menace a été jugée sérieuse et sourcée, selon l'entourage du ministre.
## L'exfiltration Dans la nuit du 20 au 21 juillet, le RAID, l'unité d'intervention d'élite de la police nationale française, a évacué Christophe Rivenq de son domicile. L'opération a fait suite à une alerte de la DGSI, le service de renseignement intérieur français, qui a averti le ministre de l'Intérieur qu'« un projet d'action violente pourrait être en préparation contre le maire d'Alès » et que son exécution était « imminente ». L'existence de la voiture piégée suspectée n'a pas été confirmée à ce stade.
C'est un acte d'intimidation envers le maire d'Alès, mais au-delà, envers tous ceux qui luttent contre le trafic de drogue. Et nous ne nous laisserons pas intimider.
Le ministre, s'exprimant à l'Assemblée nationale le 21 juillet, a promis que « toute la lumière sera faite » sur cette affaire. Le Parquet national de lutte contre la criminalité organisée (PNACO) a repris l'enquête, qui était initialement traitée par le commissariat d'Alès et l'unité spécialisée de lutte contre la criminalité organisée du Gard.
DZ Mafia Nouvelle Génération
La signature « DZNG » est apparue pour la première fois le 17 janvier sur des tags à Bassens, un quartier nord de Marseille, selon Le Monde. Depuis, cette nouvelle branche de la DZ Mafia a progressivement étendu son influence dans plusieurs villes du sud-est de la France. Bruno Bartocetti, secrétaire national pour la zone sud du syndicat de police Unité Force Ouvrière, a expliqué que ces groupes fonctionnent comme des franchises de la DZ Mafia, conservant le nom mais cherchant une plus grande autonomie par rapport à l'organisation d'origine.
Les groupes qui revendiquent ce nom sont en quelque sorte des franchises de la DZ Mafia, dont ils conservent le nom.
L'émergence de la DZ Mafia Nouvelle Génération reflète une volonté d'émancipation par rapport à la filière historique du cartel basé à Marseille, connu pour ses méthodes violentes dans le trafic de drogue.
Enquête et réponse
Après l'exfiltration, la sécurité autour des bâtiments municipaux d'Alès a été renforcée, selon le responsable de la communication de la ville, Romain Capelle. Le maire lui-même n'a pas souhaité s'exprimer publiquement le 21 juillet. La saisine du PNACO centralise l'enquête au niveau national, tandis que la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Marseille avait déjà repris le dossier du parquet d'Alès.
- Enveloppe contenant deux balles de 9 mm et tags « DZNG » trouvée au domicile du maire.
- Protection policière proposée ; le maire refuse.
- Nouvelle menace : suspicion de voiture piégée près du domicile du maire.
- Le RAID exfiltre le maire de son domicile.
- Le ministre de l'Intérieur Nuñez s'exprime à l'Assemblée nationale ; le PNACO reprend l'enquête.
La détermination du maire
Avant l'exfiltration, Christophe Rivenq avait déclaré à l'AFP n'avoir « jamais reçu de menaces de ce niveau ». Il a lié l'intimidation à son combat actif contre le trafic de drogue : « Cela montre que les actions que nous menons contre la DZ et le trafic de drogue portent leurs fruits. » Il a insisté sur le fait qu'il ne se laisserait pas intimider.
La peur ne dépassera jamais ma détermination.
Le maire, âgé de 60 ans et membre des Républicains, est une voix éminente contre le narcotrafic dans le Gard. Le ministre de l'Intérieur a fait écho à cette détermination, déclarant que l'intimidation ne vise pas seulement un maire mais tous ceux qui luttent contre le trafic de drogue.


