
Un juge approuve le règlement de 1,5 million de dollars entre Musk et la SEC malgré des « signaux d’alarme »
Un juge fédéral a approuvé le règlement de 1,5 million de dollars entre la SEC et Elon Musk concernant la divulgation tardive de sa participation dans Twitter, tout en critiquant vivement la structure de l'accord et en laissant la question de la responsabilité aux électeurs.
La divulgation tardive
Au début de l'année 2022, Elon Musk a accumulé une participation dans Twitter, franchissant le seuil de 5 % de détention le 14 mars. Selon la loi sur les valeurs mobilières, il disposait de 10 jours pour déclarer cette position. Il n'a déposé le rapport requis que le 4 avril, soit un retard de 11 jours. Pendant cette période, Musk a acheté pour plus de 500 millions de dollars d'actions supplémentaires, atteignant finalement une participation de 9,2 %. La SEC a ensuite estimé que ce retard lui avait permis de sous-payer d'au moins 150 millions de dollars, car d'autres investisseurs ont vendu à des prix qui ne reflétaient pas encore son intérêt.
- Musk franchit le seuil de 5 % de détention dans Twitter
- Musk dépose la déclaration requise, avec 11 jours de retard
- La SEC intente une action en justice contre Musk
- Règlement conclu : la fiducie paiera une amende de 1,5 million de dollars
- La juge Sooknanan approuve le règlement avec des réserves
Le règlement
La SEC a intenté une action en justice au début de l'année 2025, quelques jours avant l'entrée en fonction de Donald Trump. Après un changement de direction à la fois à l'agence et à la Maison-Blanche, un règlement a été conclu en mai 2026. Selon ses termes, une fiducie révocable au nom de Musk paiera une amende civile de 1,5 million de dollars et acceptera une injonction permanente contre de futures violations. La SEC a accepté d'abandonner toutes les accusations contre Musk personnellement, et l'accord ne comporte aucune reconnaissance de culpabilité.
- Préjudice des investisseurs (estimation SEC)
- 150 millions $
- Amende civile
- 1.5 millions $
Les réserves du juge
La juge de district américaine Sparkle L. Sooknanan a approuvé le jugement sur consentement le 8 juillet à Washington, D.C., mais son ordonnance était empreinte de critiques. Elle a signalé plusieurs « signaux d'alarme » dans la manière dont le règlement a été assemblé, notamment l'ajout tardif de la fiducie en tant que défenderesse et le dépôt d'une plainte modifiée seulement trois minutes avant la requête en approbation.
Si la fiducie est un alter ego ou une extension de M. Musk, pourquoi les mesures correctives ne visent-elles pas M. Musk, plutôt que la fiducie ?
Sooknanan s'est également demandé si les régulateurs accorderaient la même indulgence à d'autres contrevenants présumés, demandant si l'arrangement était « une offre unique conçue pour M. Musk ».
Contexte politique
Le règlement est intervenu après un changement de direction à la SEC et dans un contexte d'examen minutieux des relations de Musk avec l'administration Trump. Musk a contribué au financement de la campagne présidentielle de Trump en 2024, et Sooknanan avait auparavant remis en question le fait que le milliardaire bénéficiait d'un « traitement de faveur ». Son opinion finale n'a pas répondu directement à cette question, laissant plutôt la réponse aux électeurs.
Une approbation contrainte
Malgré son malaise, la juge a conclu qu'elle disposait d'une autorité limitée. Une cour qui examine un jugement sur consentement, a-t-elle écrit, est « limitée à évaluer si le jugement sur consentement proposé répond aux normes minimales d'équité et de raisonnabilité, ou s'il « fait au contraire un simulacre de pouvoir judiciaire » ». Elle ne pouvait pas affirmer que le règlement franchissait ce seuil élevé, elle était donc contrainte de l'accepter.
Que le pouvoir exécutif (via la SEC) en ait fait assez pour tenir M. Musk responsable de sa violation présumée est, comme beaucoup d'autres questions, une décision que nos concitoyens devront prendre dans l'isoloir.


