
Soyouz MS-29 décolle avec un équipage américano-russe, le chef de la NASA visite Baïkonour pour la première fois en huit ans
Anil Menon devient le premier astronaute américain à voler à bord d'un Soyouz russe depuis l'aggravation de la guerre en Ukraine, tandis que l'administrateur de la NASA Jared Isaacman effectue une rare apparition au cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan.
Lancement depuis Baïkonour
Un vaisseau Soyouz MS-29 transportant deux cosmonautes russes et un astronaute américain a décollé du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan le 14 juillet 2026 à 10 h 47, heure avancée de l'Est (14 h 47 GMT). À bord se trouvaient l'astronaute de la NASA Anil Menon et les cosmonautes de Roscosmos Pyotr Dubrov et Anna Kikina, tous sanglés dans une capsule lors d'une mission qui marque plusieurs premières symboliques. Le lanceur s'est élevé depuis une rampe de lancement récemment réparée, reprenant les vols habités depuis ce site historique, tandis que l'administrateur de la NASA Jared Isaacman observait depuis le sol, la première fois qu'un chef de la NASA se trouve à Baïkonour pour un lancement habité en huit ans.
Symbolisme et diplomatie
La visite d'Isaacman, qui comprenait une rencontre avec l'équipage la veille du lancement, était chargée de signification diplomatique. Il a remercié Roscosmos pour l'effort de préparation, déclarant :
Le travail intégré effectué au cours des derniers mois reflète le professionnalisme et le dévouement de toutes les personnes impliquées.
Isaacman a également rencontré Dmitry Bakanov, le chef de la société spatiale d'État russe Roscosmos, et le vice-Premier ministre russe Denis Manturov. Selon le bureau de Manturov, les entretiens ont porté sur la coopération prospective concernant l'ISS et d'autres projets. L'agence de presse russe Tass a rapporté que Bakanov et Isaacman avaient convenu de prolonger la coopération sur l'ISS jusqu'en 2030, bien que le chef de Roscosmos Bakanov ait précédemment indiqué que la Russie prévoit de commencer la construction de sa propre station orbitale en 2028, avec un objectif opérationnel au milieu des années 2030. La mission porte également un emblème personnel des tensions actuelles : la mère d'Anil Menon est d'origine ukrainienne, un détail qui a rendu le vol mené par la Russie particulièrement frappant pour les publics de Kiev et de Washington.
Arrivée à l'ISS et composition de l'équipage
Le Soyouz a effectué une poursuite de trois heures vers la station, s'amarant automatiquement à 17 h 56 GMT (prévu) ; l'amarrage réel a eu lieu vers 17 h 52 GMT, selon Roscosmos. L'ouverture de l'écoutille a fait de l'ISS un avant-poste de dix personnes, les trois nouveaux venus rejoignant les sept membres de l'expédition sortante 74 : les astronautes de la NASA Jessica Meir, Jack Hathaway et Chris Williams ; l'astronaute de l'ESA Sophie Adenot ; et les cosmonautes de Roscosmos Sergei Kud-Sverchkov, Sergei Mikaev et Andrei Fedyaev.
Il s'agit de la 75e expédition de longue durée vers l'ISS. L'équipage de Soyouz MS-29 doit passer environ huit mois en orbite. Pour Menon, ce vol est sa première mission spatiale, tandis que Dubrov et Kikina en sont à leur deuxième.
- L'administrateur de la NASA Jared Isaacman rencontre l'équipage et le chef de Roscosmos Dmitry Bakanov à Baïkonour
- Soyouz MS-29 décolle du cosmodrome de Baïkonour avec Menon, Dubrov et Kikina
- Le vaisseau s'amarre à l'ISS en mode automatique après environ trois heures en orbite
Un partenariat sous tension
L'ISS reste l'une des rares entreprises conjointes où Washington et Moscou travaillent encore côte à côte. Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022, la relation spatiale bilatérale au sens large s'est détériorée. Les plans visant à impliquer la Russie dans le programme lunaire Artemis de la NASA se sont effondrés, et Roscosmos s'est tourné vers la Chine, coopérant à une mission lunaire potentielle. Les sanctions occidentales ont en outre poussé Moscou à compter sur Pékin pour ses exportations d'énergie et ses importations de technologies clés.
Néanmoins, la station, lancée en 1998, continue d'accueillir des équipages en rotation des États-Unis, de la Russie, de l'Europe, du Canada et du Japon. Le partenariat ISS est désormais officiellement prolongé jusqu'en 2030, même si Roscosmos se prépare à un avenir après le déclassement de la station. La Russie prévoit de commencer la construction de sa propre plateforme orbitale en 2028, avec pour objectif de commencer ses opérations au milieu de la prochaine décennie.


