Gouvernement · Marseille et Ludwigshafen
À 104 ans, Albert Corrieri demande à la Cour européenne de condamner la France à payer pour son travail forcé durant la Seconde Guerre mondiale
Albert Corrieri, 104 ans, a saisi la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir 43 200 euros d'arriérés de salaires pour le travail forcé qu'il a effectué en Allemagne nazie entre 1943 et 1945, après le rejet de sa demande par la justice française.
Texte IA fondé sur les articles de RTBF, La Libre.be, Le Figaro.fr et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
Albert Corrieri a été envoyé en Allemagne à 20 ans sous le STO de Vichy et a travaillé dans une usine chimique de Ludwigshafen de 1943 à 1945, où il chargeait des wagons de charbon tout en étant interné.
Le 15 juin 2026, il a déposé une requête auprès de la CEDH réclamant 43 200 euros d'arriérés de salaires après le rejet de son dossier par la justice française.
Son avocat soutient que l'affaire vise à faire reconnaître le travail forcé de la Seconde Guerre mondiale comme un esclavage moderne et critique l'absence de fonds dédié aux survivants.
Une action similaire pour un autre rescapé du STO s'est terminée avec son décès l'automne dernier ; l'âge de M. Corrieri fait de cette procédure une course contre la montre.
- 13 marsDébut du travail forcé dans une usine chimique à Ludwigshafen
- 15 avr.Fin du travail ; blessé lors d'un bombardement allié
- 2025La cour administrative d'appel de Marseille rejette la demande de salaires supplémentaires
- 15 juinDépôt d'une requête auprès de la Cour européenne des droits de l'homme
Contexte
Albert Corrieri était plombier sur le Vieux-Port de Marseille lorsque, à l'âge de 20 ans, le régime collaborationniste de Vichy l'a envoyé en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO). Du 13 mars 1943 au 15 avril 1945, il a été interné dans un camp et contraint de charger des wagons de charbon dans une usine chimique à Ludwigshafen, au service de l'effort de guerre nazi. Il travaillait six jours par semaine, par tranches de dix heures, et a été blessé au bras lors d'un bombardement allié.
La demande
Le 15 juin 2026, le centenaire a annoncé qu'il se tournait vers la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir le paiement de ces heures. Il réclame 43 200 euros, calculés sur la base de 10 euros par heure. Les tribunaux français ont déjà rejeté sa demande. En 2025, la cour administrative d'appel de Marseille a estimé qu'une loi du 14 mai 1951, qui prévoit l'indemnisation de tous les préjudices subis par les victimes du STO, y compris les pertes financières, avait déjà réglé son cas. M. Corrieri soutient qu'il a été indemnisé pour le préjudice, mais qu'il n'a pas été rémunéré pour le travail lui-même.
« J'étais réduit à un état d'esclavage, forcé d'effectuer les travaux les plus pénibles sous la menace des armes, six jours par semaine, dix heures d'affilée, jour et nuit, sans recevoir un seul centime de salaire. »
« J'estime que la France a une dette envers moi. »
Enjeux juridiques et historiques
Michel Pautot, l'avocat de M. Corrieri, insiste sur le fait que l'affaire dépasse le cadre d'une demande personnelle. Il souhaite que la Cour européenne reconnaisse le travail forcé de la Seconde Guerre mondiale comme une forme d'esclavage moderne. M. Pautot soutient que l'État français aurait dû mettre en place un fonds dédié pour le petit nombre de survivants encore en vie.
« Ce combat dépasse sa personne. Il s'agit de faire reconnaître l'esclavage moderne de la Seconde Guerre mondiale. »
Ultime recours
M. Pautot avait précédemment représenté un autre rescapé du STO, Erpilio Trovati, mais cette action s'est éteinte avec le décès de M. Trovati l'automne dernier. Pour M. Corrieri, âgé de 104 ans, la saisine de la cour de Strasbourg est son dernier recours.
« Le temps presse. À 104 ans, Albert est au grand crépuscule de sa vie. La Cour européenne est donc notre dernier espoir. »
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Sources et contexte
- RTBFUn Français forcé de travailler en Allemagne pendant la Seconde Guerre saisit la Cour européenne des droits de l'homme - RTBF Actus
- La Libre.beÀ 104 ans, un Français veut obtenir "le paiement de ses heures" lors de ses années de travail forcé pendant la Seconde Guerre mondiale
- Le Figaro.fr" J'ai été réduit à l'état d'esclavage " : à 104 ans, Albert Corrieri saisit la CEDH pour faire reconnaître son travail forcé en Allemagne nazie
- SudOuest.frUn travailleur forcé saisit la Cour européenne des droits de l'homme pour se faire payer ses heures effectuées pendant la Seconde guerre mondiale
- Albert Corrieri
- Ancien travailleur forcé du STO âgé de 104 ans réclamant des salaires impayés à la France
- Michel Pautot
- Avocat représentant M. Corrieri, plaidant pour la reconnaissance du travail forcé de la Seconde Guerre mondiale comme esclavage moderne
- Lieux
- Marseille, Ludwigshafen
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