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Gouvernement·-2 h

À 104 ans, Albert Corrieri demande à la Cour européenne de condamner la France à payer pour son travail forcé durant la Seconde Guerre mondiale

Albert Corrieri, 104 ans, a saisi la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir 43 200 euros d'arriérés de salaires pour le travail forcé qu'il a effectué en Allemagne nazie entre 1943 et 1945, après le rejet de sa demande par la justice française.

Contexte

Albert Corrieri était plombier sur le Vieux-Port de Marseille lorsque, à l'âge de 20 ans, le régime collaborationniste de Vichy l'a envoyé en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO). Du 13 mars 1943 au 15 avril 1945, il a été interné dans un camp et contraint de charger des wagons de charbon dans une usine chimique à Ludwigshafen, au service de l'effort de guerre nazi. Il travaillait six jours par semaine, par tranches de dix heures, et a été blessé au bras lors d'un bombardement allié.

La demande

Le 15 juin 2026, le centenaire a annoncé qu'il se tournait vers la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir le paiement de ces heures. Il réclame 43 200 euros, calculés sur la base de 10 euros par heure. Les tribunaux français ont déjà rejeté sa demande. En 2025, la cour administrative d'appel de Marseille a estimé qu'une loi du 14 mai 1951, qui prévoit l'indemnisation de tous les préjudices subis par les victimes du STO, y compris les pertes financières, avait déjà réglé son cas. M. Corrieri soutient qu'il a été indemnisé pour le préjudice, mais qu'il n'a pas été rémunéré pour le travail lui-même.

J'étais réduit à un état d'esclavage, forcé d'effectuer les travaux les plus pénibles sous la menace des armes, six jours par semaine, dix heures d'affilée, jour et nuit, sans recevoir un seul centime de salaire.

J'estime que la France a une dette envers moi.

Enjeux juridiques et historiques

Michel Pautot, l'avocat de M. Corrieri, insiste sur le fait que l'affaire dépasse le cadre d'une demande personnelle. Il souhaite que la Cour européenne reconnaisse le travail forcé de la Seconde Guerre mondiale comme une forme d'esclavage moderne. M. Pautot soutient que l'État français aurait dû mettre en place un fonds dédié pour le petit nombre de survivants encore en vie.

Ce combat dépasse sa personne. Il s'agit de faire reconnaître l'esclavage moderne de la Seconde Guerre mondiale.

Ultime recours

M. Pautot avait précédemment représenté un autre rescapé du STO, Erpilio Trovati, mais cette action s'est éteinte avec le décès de M. Trovati l'automne dernier. Pour M. Corrieri, âgé de 104 ans, la saisine de la cour de Strasbourg est son dernier recours.

Le temps presse. À 104 ans, Albert est au grand crépuscule de sa vie. La Cour européenne est donc notre dernier espoir.

Du travail forcé à la Cour européenne
  1. Début du travail forcé dans une usine chimique à Ludwigshafen
  2. Fin du travail ; blessé lors d'un bombardement allié
  3. La cour administrative d'appel de Marseille rejette la demande de salaires supplémentaires
  4. Dépôt d'une requête auprès de la Cour européenne des droits de l'homme
Marseille · Ludwigshafen

5 sources

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