Volker Türk réélu chef des droits de l'homme de l'ONU avec 144 voix malgré l'opposition des États-Unis, de la Russie et d'Israël
L'Assemblée générale de l'ONU a voté par 144 voix contre 10, avec 13 abstentions, pour accorder au diplomate autrichien un second mandat de quatre ans à compter d'octobre, ignorant une contre-proposition russe et de vives critiques de Washington et de Jérusalem.
Le vote
L'Assemblée générale de l'ONU a donné vendredi à Volker Türk un mandat décisif pour un second mandat en tant que Haut-Commissaire aux droits de l'homme. 144 États membres ont soutenu le diplomate autrichien, tandis que 10 ont voté contre et 13 se sont abstenus. Les autres membres de l'ONU étaient absents ou n'ont pas voté. Le Secrétaire général António Guterres avait proposé Türk pour une reconduction complète de quatre ans avant l'expiration de son premier mandat en octobre 2026.
Ce résultat consolide le mandat de Türk jusqu'en 2030. La Russie avait soumis un projet de résolution concurrent qui aurait prolongé son mandat seulement jusqu'à la fin de 2026, arguant qu'un engagement de quatre ans priverait le prochain Secrétaire général de la possibilité de choisir ce poste de haut niveau. Cette alternative a été rejetée.
Opposition et critiques
La réélection a suivi un débat marqué par de vives critiques à l'encontre du Haut-Commissaire, qui a condamné à plusieurs reprises la guerre de la Russie en Ukraine et la campagne militaire d'Israël à Gaza. Le représentant d'Israël l'a accusé de manquer de professionnalisme et de leadership, affirmant qu'il s'était écarté de la neutralité et de l'impartialité.
Il a manqué de professionnalisme et de leadership. Il s'est écarté de la neutralité et de l'impartialité.
L'envoyé russe a repris l'accusation, affirmant que lorsqu'il s'agit de Moscou, le Haut-Commissaire porte des accusations infondées sans prendre la peine de rassembler des preuves.
Lorsqu'il s'agit de mon propre pays, le Haut-Commissaire porte facilement des accusations infondées contre la Russie sans même faire l'effort de rassembler des preuves.
Menaces de Washington
Le langage le plus acerbe est venu des États-Unis. Le représentant américain Jeff Bartos a déclaré que le système des droits de l'homme de l'ONU perdait de sa crédibilité depuis des décennies et que Türk l'avait mis à l'agonie. Il a averti que Washington réévaluerait immédiatement sa coopération avec les Nations Unies, y compris sa participation et son financement.
Le système des droits de l'homme des Nations Unies perd de sa crédibilité depuis des décennies. Volker Türk l'a mis à l'agonie. Le vote d'aujourd'hui lui a porté le coup de grâce.
Les trois puissances opposées ont présenté le résultat comme un coup porté à la légitimité de l'institution. Leurs votes ont cependant été submergés par la large majorité d'États qui se sont ralliés au titulaire.
La suite
Türk, un diplomate autrichien chevronné, dirige le Haut-Commissariat depuis octobre 2022. Son nouveau mandat commence en octobre 2026 et doit s'étendre jusqu'en 2030, dépassant le mandat de Guterres, qui se termine en décembre 2026. Le prochain Secrétaire général héritera d'un chef des droits de l'homme qui vient d'obtenir un second mandat complet malgré les objections de trois membres permanents du Conseil de sécurité.
- L'Assemblée générale de l'ONU vote 144-10 pour réélire Volker Türk ; la contre-proposition à court terme de la Russie rejetée
- Début du second mandat de quatre ans de Türk
- Le Secrétaire général António Guterres quitte ses fonctions
- Fin prévue du mandat de Türk


