
Alexis Tsipras présente le programme électoral d'ELAS et ouvre la porte à une coalition avec le PASOK
Lors de la 90e Foire internationale de Thessalonique, l'ancien Premier ministre grec a présenté le programme de son parti, proposé des impôts sur la fortune et rejeté l'idée d'un Premier ministre de compromis issu d'un tiers parti.
Retour à la politique nationale et stratégie électorale
L'ancien Premier ministre Alexis Tsipras a tenu une conférence de presse de quatre heures au Centre de conférences Vellidion lors de la 90e Foire internationale de Thessalonique le 9 septembre 2026. Apparaissant pour la première fois en tant que président de la Coalition de la gauche hellénique (ELAS), Tsipras a présenté son retour sur le devant de la scène politique comme un effort pour battre Kyriakos Mitsotakis et la Nouvelle Démocratie. Il a déclaré être revenu parce qu'il ne voyait pas d'autre perspective de vaincre l'administration en place, rejetant les suggestions selon lesquelles il viserait simplement une modeste part d'opposition. Tsipras a exclu d'accepter une figure de compromis issue d'un tiers parti comme Premier ministre lors de futures négociations de coalition, arguant que les Premiers ministres doivent être choisis par les électeurs plutôt que négociés à huis clos. Il a également noté que si ELAS arrive en premier sans majorité absolue, il cherchera un accord sur un programme politique avec d'autres forces d'opposition démocratiques.
Quand le moment sera venu pour nous d'être premiers et de tenir des discussions, nous tendrons la main aux partis de l'opposition démocratique. S'il y a une réponse, il y aura un gouvernement. S'il n'y a pas de réponse, nous irons à nouveau aux élections.
Relations avec le PASOK et positionnement de coalition
Abordant les relations avec le PASOK, Tsipras a fait la distinction entre rivaux politiques et concurrents électoraux. Il a déclaré qu'ELAS et le PASOK sont des concurrents plutôt que des adversaires directs, identifiant la Nouvelle Démocratie et Mitsotakis comme le seul adversaire politique. Tsipras a expliqué que la tenue d'un second scrutin ne représenterait pas un désastre si les négociations initiales de coalition échouent, arguant qu'un vote répété clarifierait les préférences des électeurs. Il a souligné les données d'opinion publique indiquant que plus de 70% des citoyens souhaitent un changement de gouvernement. Un sondage mené par GPO pour STAR a placé ELAS à 16% dans les estimations de vote, proche du PASOK à 12,8%, avant que le leader du PASOK, Nikos Androulakis, ne présente sa propre plateforme à la foire.
- ELAS
- 16 %
- PASOK
- 12.8 %
Propositions économiques et débat fiscal
Tsipras a défendu le programme économique qu'il avait présenté la semaine précédente, le décrivant comme son discours le plus structuré et le plus à gauche en 14 ans de participation à la Foire internationale de Thessalonique. Un élément central de la plateforme implique une contribution patriotique prélevée sur les 1% les plus riches de la population, ciblant spécifiquement les gros dépôts bancaires et les actifs majeurs plutôt que les résidences standard. Tsipras a rejeté les affirmations du gouvernement selon lesquelles ses propositions économiques coûteraient 13 milliards d'euros par an, qualifiant ce calcul de tableau surréaliste préparé à l'avance. Il a renvoyé les critiques fiscales au Premier ministre, affirmant que Mitsotakis avait triplé la dette du parti de la Nouvelle Démocratie, passant de 200 millions d'euros. Tsipras a également annoncé son intention de lancer une application sur le site web d'ELAS permettant aux citoyens de suivre en temps réel les finances et les dons du parti.
Gestion du parti et politique étrangère
Revenant sur son précédent mandat gouvernemental et sa direction de SYRIZA, Tsipras a reconnu des erreurs administratives passées dans la gestion du parti. Il a concédé avoir fait preuve d'une tolérance excessive envers les agendas individuels parmi les responsables du parti, promettant une discipline interne stricte et une cohésion pour ELAS. Abordant les affaires internationales, Tsipras a critiqué la politique étrangère du gouvernement comme étant unidimensionnelle, déclarant qu'il aurait étendu les eaux territoriales de la Grèce à 12 milles nautiques en Méditerranée orientale. Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a publié une déclaration rejetant les positions de Tsipras peu après la fin de la conférence.
Quiconque a suivi le processus de regarder la conférence de presse de M. Tsipras est arrivé à une conclusion : le fameux rebranding n'était qu'un gaspillage d'argent. Il reste constamment le même et inchangé.


