
Trump affirme que les négociations américano-iraniennes sont en cours « en ce moment même » ; Téhéran dénie toute négociation et affirme ne traiter qu'avec Oman
Donald Trump a déclaré lundi à des journalistes à la Maison-Blanche que des négociations avec l'Iran étaient en cours « en ce moment même », les qualifiant de « dernière chance » pour Téhéran de conclure un bon accord. Le ministère iranien des Affaires étrangères l'a immédiatement contredit, affirmant qu'il ne négociait qu'avec Oman au sujet d'une route maritime dans le détroit d'Ormuz.
Les déclarations de Trump à la Maison-Blanche
Donald Trump a affirmé lundi 3 août que des négociations avec l'Iran étaient en cours, les présentant comme ayant lieu à la « demande » de Téhéran et avec le « soutien » de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar. S'exprimant devant des journalistes à la Maison-Blanche, il a présenté ces pourparlers comme une ultime opportunité.
C'est la dernière chance qu'ont les Iraniens de signer un bon document.
Trump a déclaré que les discussions portaient notamment sur la réouverture du détroit d'Ormuz, qui pourrait avoir lieu « dès demain ». Plus tôt dans la journée de lundi, il avait posté sur Truth Social en dénonçant la « duplicité incroyable » des dirigeants iraniens, écrivant qu'ils demandent une réunion, que les pourparlers commencent, puis qu'ils nient publiquement toute discussion en cours.
Les propos du président ont suivi un week-end de revirements. Il avait menacé d'une nouvelle attaque majeure contre l'Iran avant d'annoncer samedi soir qu'il suspendait les plans de bombardements massifs. Dimanche, à bord d'Air Force One, il a déclaré que les pourparlers commenceraient lundi après-midi sans fournir plus de détails.
Ce que nous faisons maintenant, c'est discuter avec eux sous la forme d'une négociation.
Le déni catégorique de l'Iran
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a opposé un démenti direct lors de sa conférence de presse hebdomadaire lundi matin. Il a déclaré qu'aucune négociation avec les États-Unis n'était en cours et que l'engagement diplomatique de l'Iran se limitait à Oman.
Nous ne négocions pas avec les États-Unis pour le moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz.
Baghaï a ajouté que tous les négociateurs iraniens se trouvaient en Iran et que le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, partait ce jour-là en pèlerinage. La veille, Baghaï avait déclaré à la télévision d'État que l'Iran et Oman étaient proches d'un accord sur une route maritime acceptable pour les deux parties.
Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties — ni la route nord ni la route sud — respectant les droits souverains de chaque pays et garantissant nos intérêts nationaux et notre sécurité.
Le goulot d'étranglement du détroit d'Ormuz
Le détroit d'Ormuz, géré conjointement par l'Iran et Oman, est de nouveau bloqué depuis l'effondrement du protocole d'accord américano-iranien début juillet. L'Iran n'autorise actuellement qu'une seule route le long de son littoral et refuse un retour à la situation d'avant-guerre. En juin, Oman a déclenché la colère de Téhéran en ouvrant une route alternative à travers le détroit. Mascate n'a pas encore commenté les dernières déclarations iraniennes.
Deux désaccords principaux persistent entre l'Iran et Oman : les routes maritimes elles-mêmes et les droits de transit. Téhéran veut le contrôle de tout le trafic maritime dans le détroit et rejette une route passant uniquement par les eaux omanaises. Sur les droits, l'Iran cherche à taxer la navigation tandis qu'Oman propose une contribution volontaire. Même si un accord bilatéral est conclu, l'Iran a prévenu que la navigation ne reprendra pas sans un arrêt des hostilités et la levée des sanctions internationales.
Un schéma d'escalade et de revirements sur cinq mois
Le conflit a commencé le 28 février par une campagne de bombardements des États-Unis et d'Israël contre l'Iran. Un cessez-le-feu en vigueur depuis avril s'est effondré début juillet lorsque les frappes américaines ont repris et que l'Iran a riposté contre les alliés des États-Unis dans le Golfe et en Jordanie. La guerre s'est depuis étendue à la mer Rouge, où les rebelles houthis soutenus par l'Iran ont annoncé un blocus des ports saoudiens.
Trump a alterné à plusieurs reprises entre menaces et évocation de négociations. En juillet, il a évoqué la possibilité de cibler les infrastructures énergétiques iraniennes. Au cours du week-end, il a affirmé avoir été prêt à lancer « la plus grande attaque militaire depuis la Seconde Guerre mondiale » avant de reculer sous la pression des alliés. Le protocole signé à la mi-juin avec l'Iran s'est rapidement effondré, chaque camp accusant l'autre d'en violer les termes.
Les marchés pétroliers ont réagi aux progrès diplomatiques apparents lundi matin, les prix du brut Brent chutant à l'ouverture des marchés.
- Les États-Unis et Israël lancent une campagne de bombardements contre l'Iran, début du conflit.
- Un cessez-le-feu entre en vigueur entre les parties.
- Signature du protocole américano-iranien visant à mettre fin à la guerre ; Oman ouvre une route alternative dans le détroit, provoquant la colère de Téhéran.
- Effondrement du cessez-le-feu ; reprise des frappes américaines, l'Iran riposte contre les alliés du Golfe et la Jordanie.
- Trump suspend les bombardements massifs prévus, annonce que les pourparlers avec l'Iran commenceront lundi.
- Trump affirme que des négociations sont en cours ; l'Iran dénie tout pourparlers avec les États-Unis, déclare être proche d'un accord sur une route avec Oman.

