
Israël et le Liban s'accordent pour mettre en œuvre un cessez-le-feu fragile, l'Iran met en garde contre des attaques sur Beyrouth
Israël et le Liban se sont mis d'accord sur une feuille de route pour mettre en œuvre un cessez-le-feu sans cesse violé, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères a prévenu que toute frappe israélienne sur Beyrouth déclencherait une reprise totale de la guerre.
Un cessez-le-feu de nom seulement
Israël et le Liban se sont engagés à mettre en œuvre un cessez-le-feu en place depuis la mi-avril mais qui n'a guère permis d'arrêter les combats. Une déclaration conjointe publiée après des pourparlers à Washington, sous la médiation du département d'État américain, indique que la trêve dépend d'un arrêt complet des attaques de la milice chiite du Hezbollah, soutenue par l'Iran, contre Israël. Les deux gouvernements ont également convenu de reprendre les négociations la semaine du 22 juin pour parvenir à un accord global.
Zones pilotes et ligne du Litani
La déclaration de Washington envisage la création de zones dites pilotes au Liban où seules les forces armées libanaises régulières exerceraient le contrôle. Le Hezbollah est censé se retirer des zones situées au sud du fleuve Litani, près de la frontière israélienne. La manière dont ces zones de sécurité seront établies reste floue. La déclaration a décrit ces mesures comme permettant de progresser vers un accord de paix et de sécurité global.
Ces mesures permettront de progresser vers un accord de paix et de sécurité global.
Le Hezbollah en dehors de la salle
Le gouvernement libanais n'est pas lui-même une partie belligérante et a une influence limitée sur le Hezbollah, allié de Téhéran. La milice ne participe pas aux pourparlers et considère les négociations avec Israël comme une capitulation. Malgré le cessez-le-feu déclaré pour la première fois à la mi-avril et prolongé à plusieurs reprises depuis, le Hezbollah a continué de lancer des drones et des roquettes sur le nord d'Israël, tandis qu'Israël a répondu par des frappes aériennes et des avancées terrestres dans le sud du Liban.
- Premier cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah conclu après les retombées de la guerre de Gaza, mais reste extrêmement fragile.
- Israël et les États-Unis lancent la guerre contre l'Iran ; le Hezbollah reprend ses tirs de roquettes sur Israël, déclenchant une nouvelle escalade.
- Le Liban est entraîné dans la guerre contre l'Iran alors que les combats s'intensifient entre Israël et le Hezbollah.
- Un nouveau cessez-le-feu est déclaré entre Israël et le Liban dans le cadre de négociations plus larges ; prolongé à plusieurs reprises depuis.
- Israël et le Liban conviennent à Washington d'une feuille de route pour mettre en œuvre le cessez-le-feu, y compris des zones de sécurité pilotes.
- Israël et le Liban doivent reprendre les pourparlers visant à un accord global.
L'Iran maintient les canaux ouverts
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtschi, a déclaré à la chaîne pro-Hezbollah Al-Majadin que la communication avec les États-Unis n'avait pas été interrompue, contredisant des informations antérieures dans les médias iraniens selon lesquelles les pourparlers indirects s'étaient effondrés. Araghtschi a indiqué que des messages avaient été échangés concernant la nécessité de mettre fin à l'agression contre Beyrouth, mais a reconnu qu'aucun progrès tangible n'avait été réalisé dans le processus de négociation.
La communication avec les Américains n'a pas été interrompue.
Téhéran a lié son retour à la table des négociations à des garanties sur les droits du peuple iranien, à la fin de la guerre au Liban et à une réduction des tensions régionales. Le président américain Donald Trump, s'exprimant mercredi à la Maison-Blanche, a décrit les pourparlers comme se déroulant « très bien », bien que des évaluations récentes suggèrent que les négociations sont au point mort.
Avertissement sur Beyrouth
Araghtschi a également lancé un avertissement direct concernant d'éventuelles frappes israéliennes sur Beyrouth. Toute attaque contre la capitale libanaise aurait des conséquences graves et entraînerait une reprise totale de la guerre, a-t-il déclaré, ajoutant que les forces de Téhéran sont prêtes à frapper Israël. Cet avertissement fait suite à une déclaration du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, mardi, qui a menacé d'attaquer les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth si la milice reprenait ses tirs de roquettes sur Israël.
Toute attaque d'Israël contre Beyrouth aura des conséquences graves et entraînera une reprise totale de la guerre.
Un conflit enchevêtré
Les hostilités actuelles remontent à la guerre de Gaza, après laquelle Israël et le Hezbollah sont entrés en conflit ouvert. Un cessez-le-feu de novembre 2024 s'est avéré extrêmement fragile, Israël continuant de frapper des positions du Hezbollah et accusant la milice de se réarmer. Lorsqu'Israël et les États-Unis ont lancé la guerre contre l'Iran fin février, le Hezbollah a recommencé à tirer des roquettes sur Israël, déclenchant une nouvelle escalade. La guerre contre l'Iran elle-même est sous cessez-le-feu depuis près de deux mois, bien que des attaques mutuelles sporadiques se poursuivent.


