
Le président roumain va nommer son conseiller Eugen Tomac comme Premier ministre désigné, un test pour un parlement divisé
Le président Nicușor Dan annoncera son choix de Premier ministre désigné à 18 heures jeudi, avec son conseiller et député européen Eugen Tomac comme choix attendu. Cette nomination intervient après un vide politique d'un mois suite au renversement du gouvernement d'Ilie Bolojan par une motion de censure.
L'annonce de 18h00
Le président Nicușor Dan prononcera une déclaration de presse au palais Cotroceni à 18h00 jeudi 4 juin 2026 pour nommer un Premier ministre désigné. De multiples sources de la presse roumaine, notamment Digi24, Mediafax, Libertatea et ProTV, rapportent que le conseiller honoraire du président, le député européen Eugen Tomac, est le candidat choisi. La déclaration ne comprendra pas de séance de questions avec les journalistes.
Tomac, 44 ans, est un historien qui dirige le Parti Mouvement populaire (PMP), fondé par l'ancien président Traian Băsescu. Il a été député européen et conseiller honoraire du président Dan. Son nom circule depuis deux semaines comme favori, même si jusqu'à jeudi matin on ne savait pas comment une majorité parlementaire pourrait être réunie derrière lui.
Un mois sans gouvernement complet
La Roumanie est sans exécutif pleinement habilité depuis le 5 mai 2026, date à laquelle le cabinet du Premier ministre Ilie Bolojan a été renversé par une motion de censure intitulée « STOP 'Planul Bolojan' ». La motion, initiée par le Parti social-démocrate (PSD), l'Alliance pour l'union des Roumains (AUR) et le parti PACE, a été adoptée avec 281 voix pour, bien au-dessus du seuil de 233 voix. Depuis, le gouvernement Bolojan fonctionne à titre intérimaire, avec un délai constitutionnel de 45 jours pour résoudre l'impasse.
Le président Dan a tenu plusieurs séries de consultations formelles et informelles à Cotroceni. Mercredi, il a convoqué les dirigeants du PNL, du PSD et de l'USR. Jeudi matin, il a rencontré en vidéoconférence le leader de l'UDMR, Kelemen Hunor, lui faisant part de son intention de nommer Tomac.
La contre-stratégie du PNL
Digi24 rapporte que le Parti national libéral (PNL) se prépare à voter contre un cabinet dirigé par Tomac. Des sources libérales ont indiqué au média que le parti prévoit de rejeter le gouvernement au parlement, en invoquant publiquement la présence continue de nominations du PSD dans les échelons inférieurs de l'administration. Une voix du parti a déclaré : « Aujourd'hui, le PSD est toujours aux commandes. Les directeurs et tout le monde seront ceux du PSD. »
Aujourd'hui, le PSD est toujours aux commandes. Les directeurs et tout le monde seront ceux du PSD.
Si la première proposition de cabinet échoue, le PNL entend pousser pour un second tour de consultations à Cotroceni, puis présenter son propre candidat au poste de Premier ministre, peut-être à nouveau le Premier ministre intérimaire Ilie Bolojan. Le parti espère conserver le soutien de l'USR et utiliser la menace d'élections anticipées pour faire pression sur les députés afin qu'ils soutiennent une seconde proposition. Le plan repose sur l'unité du parti et l'absence de révolte interne.
L'AUR et l'opposition
Le leader de l'AUR, George Simion, a posté sur Facebook que son parti ne soutiendra pas le nouveau gouvernement. Il a qualifié la nomination attendue de « continuation du coup porté à la démocratie » et a déclaré que les députés de l'AUR n'entreront pas dans la salle de vote, que le scrutin soit secret ou ouvert.
À 18h00, un gouvernement sans soutien populaire sera annoncé. Ce n'est que la continuation du coup porté à la démocratie… L'AUR ne soutiendra pas une telle chose et reste avec le peuple roumain.
Simion a ajouté que les parlementaires de l'AUR ne voteront pas pour un Premier ministre qui « n'a pas obtenu ne serait-ce que 1 % de soutien de la part des Roumains ». Par ailleurs, le porte-parole de l'AUR, Petrișor Peiu, a déclaré que le parti ne voterait que pour un gouvernement dirigé par un Premier ministre de l'AUR.
La voie vers une majorité
Une fois nommé, Tomac disposera de 10 jours pour négocier un soutien au parlement et présenter un programme de gouvernement. Il a besoin de 233 voix dans les chambres réunies pour être investi. Des sources du PSD ont déclaré à ProTV que le parti pourrait se réunir lundi pour décider s'il entre au gouvernement. Des noms circulent déjà pour les portefeuilles clés : Cătălin Cîrstoiu, directeur d'un grand hôpital de Bucarest, est envisagé pour le ministère de la Santé, tandis que Bogdan Drăgoi, ancien ministre des Finances sous Mihai Răzvan Ungureanu, figure sur la liste pour le ministère des Finances.
Les dirigeants du PSD, Sorin Grindeanu, Claudiu Manda et Marian Neacșu, ont rencontré Tomac au parlement mardi. L'un des objectifs du PSD dans les discussions est d'obtenir un rôle important dans la nomination des postes administratifs de second et troisième échelons. Si les négociations aboutissent rapidement, les auditions parlementaires et le vote d'investiture pourraient avoir lieu dès la semaine prochaine.
L'agence de paris Fortuna Bet estime qu'un Premier ministre indépendant ou technocrate est le résultat le plus probable, avec une cote de 1,44, loin devant un Premier ministre du PSD à 3,33 ou un Premier ministre du PNL à 7,77.
- Motion de censure renverse le gouvernement d'Ilie Bolojan avec 281 voix ; le cabinet devient intérimaire.
- Le président Nicușor Dan convoque les dirigeants du PNL, du PSD et de l'USR à Cotroceni pour des consultations.
- Dan rencontre en vidéoconférence le leader de l'UDMR Kelemen Hunor, signale son intention de nommer Eugen Tomac.
- Le président Dan annonce Eugen Tomac comme Premier ministre désigné.
- Date limite pour Tomac pour présenter un programme de gouvernement et obtenir le soutien parlementaire (10 jours après la nomination).


