Gouvernement · Buenos Aires
Taty Almeida, militante argentine des droits humains et figure des Mères de la place de Mai, est décédée à 95 ans
La militante argentine, qui cherchait son fils disparu de force depuis 1975 et était devenue une autorité morale dans la lutte contre l'impunité des crimes de la dictature, a reçu un hommage public lors d'une veillée funèbre à Buenos Aires lundi.
Texte IA fondé sur les articles de France 24, lastampa.it, RFI et d’autres médias. Modifié . Comment il est fait
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En bref
Taty Almeida, présidente de la Ligne fondatrice des Mères de la place de Mai, est décédée le 14 juin 2026 à 95 ans, après plus de quatre décennies de militantisme.
Son fils Alejandro, étudiant en médecine de 20 ans, a été victime d'une disparition forcée en juin 1975 par le groupe paramilitaire Triple A, des mois avant le coup d'État militaire de 1976.
Les Mères de la place de Mai manifestent chaque jeudi sur la place centrale de Buenos Aires depuis plus de 49 ans, portant des foulards blancs et exigeant vérité et justice pour les 30 000 disparus.
Durant ses dernières années, Taty Almeida s'est fermement opposée au président Javier Milei, dont l'administration remet en question le nombre de victimes de la dictature et minimise les crimes de la junte.
- 10 déc.Fin de la dictature militaire en Argentine.
- 1 janv.Taty Almeida publie un recueil de poèmes de son fils.
- 14 juinTaty Almeida décède à 95 ans à Buenos Aires.
Une vie de résistance s'éteint
Taty Almeida, présidente de la Ligne fondatrice des Mères de la place de Mai et l'une des figures les plus emblématiques de la défense des droits humains en Argentine, est décédée dimanche à l'âge de 95 ans. Sa famille a indiqué qu'elle s'est éteinte entourée de ses proches dans un hôpital de Buenos Aires après trois semaines d'hospitalisation. L'organisation des Mères a annoncé sa disparition avec cet hommage :
« Merci de nous avoir appris qu'aimer, c'est résister, que le seul combat que l'on perd est celui que l'on abandonne, et qu'il n'y a pas de force plus grande que celle de l'amour. »
Sa dépouille a été exposée lundi au siège du syndicat FOETRA, une salle art déco qu'elle fréquentait souvent. Des dizaines de personnes ont fait la queue autour du pâté de maisons. Taty Almeida avait laissé des instructions pour qu'aucune fleur ne soit apportée ; des dons ont été collectés pour son organisation. Seuls quelques foulards blancs en papier et des couronnes déposées par des mouvements sociaux marquaient l'entrée.
« Maman, laisse-toi aller. Alejandro t'attend là-haut. Embrassez-vous et veillez sur nous depuis là-haut. »
La disparition qui a tout changé
Née Lidia Stella Mercedes Miy Uranga le 28 juin 1930, Taty Almeida était enseignante et fille d'un officier de cavalerie. Elle a épousé son collègue Jorge Almeida et a eu trois enfants. Sa vie a basculé en juin 1975 lorsque son fils Alejandro, étudiant en médecine de 20 ans et membre de l'Armée révolutionnaire du peuple, a été enlevé par le groupe paramilitaire d'extrême droite Triple A, neuf mois avant le coup d'État militaire du 24 mars 1976. Sa dépouille n'a jamais été retrouvée.
Au début, Taty Almeida faisait confiance aux forces armées. Elle a raconté plus tard qu'elle s'était réjouie du premier communiqué de la junte, pensant que « les nôtres » étaient arrivés. La recherche de son fils et ses rencontres avec d'autres femmes ayant perdu leurs enfants face à l'appareil d'État l'ont transformée. En 1979, elle a rejoint les Mères de la place de Mai.
« C'est comme être orpheline à nouveau. Les Mères nous ont protégées, elles nous ont montré le chemin à suivre jusqu'au bout. »
Les foulards blancs et la place
À partir du 30 avril 1977, un groupe de femmes, qualifiées de « folles » par les militaires, a commencé à manifester chaque jeudi sur la place de Mai à Buenos Aires, portant des foulards blancs et les photographies de leurs enfants disparus. Elles exigeaient la vérité sur les 30 000 personnes qui, selon les organisations de défense des droits humains, ont été victimes de disparitions forcées durant la dictature de 1976 à 1983. Taty Almeida est devenue le visage public de la faction de la Ligne fondatrice après la scission du mouvement sur la question de savoir s'il fallait accepter que les disparus étaient morts.
Face à un nouveau négationnisme
Taty Almeida est restée politiquement active jusqu'à ses derniers mois. Elle a participé à une manifestation massive le 24 mars dernier pour marquer les 50 ans du coup d'État. Depuis son fauteuil roulant, le foulard blanc noué sur la tête et la photo de son fils autour du cou, elle a dirigé sa colère contre le président Javier Milei, dont l'administration conteste le bilan officiel des victimes et minimise les crimes de la junte.
« C'est juste un clown, avec tout le respect que je dois aux clowns. »
Un héritage transmis
« C'était une femme incroyable, avec un militantisme incroyable, et son combat ainsi que celui des Mères ont acquis une importance internationale », a déclaré la députée péroniste María Teresa García devant le lieu de la veillée. En 2008, Taty Almeida a publié un recueil des poèmes de son fils qu'elle avait découvert parmi ses affaires. Son propre corps ne sera pas enterré aux côtés d'Alejandro, car cette tombe n'a jamais existé, mais le rituel de la marche du jeudi se poursuit.
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Sources et contexte
- France 24Argentinos despiden a la madre Taty Almeida, símbolo de la lucha por los DDHH
- lastampa.itAddio a Taty Almeida, la madre di tutti i desaparecidos. Suo figlio scompare nel nulla nel '75
- RFIArgentine: Taty Almeida, figure des Mères de la place de Mai, est décédée
- LaVanguardiaMuere "Taty" Almeida, dirigente histórica del movimiento de Madres de la Plaza de Mayo
- Taty Almeida
- Présidente de la Ligne fondatrice des Mères de la place de Mai ; a passé cinq décennies à rechercher son fils disparu Alejandro
- Alejandro Almeida
- Fils de Taty Almeida, étudiant en médecine et militant de gauche disparu de force en juin 1975
- Javier Milei
- Président de l'Argentine, dont le gouvernement remet en question le bilan officiel des victimes de la dictature
- Fabiana Almeida
- Fille de Taty Almeida, citée au chevet de sa mère
- Verónica Castelli
- Fille de parents disparus, citée devant le lieu de la veillée
- María Teresa García
- Députée péroniste ayant salué le militantisme de Taty Almeida lors de la veillée
- Lieux
- Buenos Aires
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