Diplomatie · Bruxelles et Kaboul
L'UE accueille une première délégation talibane à Bruxelles pour discuter de retours de migrants, provoquant une vive indignation des droits humains
Pour la première fois, l'Union européenne a rencontré une délégation talibane à Bruxelles mardi, discutant du retour de demandeurs d'asile afghans, tandis que la Belgique pousse à expulser les criminels condamnés.
Texte IA fondé sur les articles de Blick.ch, Le Soir, La Libre.be et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
La Commission européenne, la Suède et 15 États membres ont coprésidé une réunion technique avec les autorités de facto afghanes à Bruxelles, dans le prolongement des discussions de janvier 2026 à Kaboul.
La ministre belge Anneleen Van Bossuyt a tenu une réunion séparée et a déclaré que les conditions sont désormais réunies pour soumettre un plan de retour au Conseil des ministres, en priorisant 72 Afghans emprisonnés sans séjour légal.
La lauréate du prix Nobel Malala Yousafzai, Amnesty International et d'autres groupes de défense des droits ont fustigé l'UE pour avoir légitimé un régime qui persécute les femmes, organisant une manifestation devant la Commission.
Les responsables ont souligné que l'engagement est technique et n'implique pas de reconnaissance, notant que le gouvernement taliban reste sous sanctions de l'ONU et de l'UE et que son chef fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI.
Des discussions techniques inédites
Le 23 juin, la Commission européenne et 15 États membres, coprésidés par la Suède, ont tenu une réunion technique avec cinq représentants des autorités de facto afghanes, dirigés par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdul Qahar Balkhi. Cette réunion, faisant suite à des contacts initiaux à Kaboul en janvier 2026, s'est concentrée sur l'identification des personnes à renvoyer, la délivrance de documents de voyage et l'organisation des expulsions. Un porte-parole de l'UE, Markus Lammert, a déclaré que ces discussions étaient une occasion d'établir des contacts sur l'immigration, en particulier pour le retour de personnes considérées comme des menaces pour la sécurité ou des criminels graves.
« Nous n'allons pas reconnaître le régime taliban, certainement pas, mais je pense qu'il est néanmoins important de leur parler des questions migratoires. »
La Belgique pousse pour des retours
La ministre belge de l'Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a confirmé une réunion bilatérale distincte avec les délégués afghans. Elle a qualifié les discussions de positives et constructives, et a annoncé que tous les documents étaient désormais rassemblés pour soumettre un dossier au Conseil des ministres en vue de retours effectifs. Van Bossuyt a révélé que 157 Afghans sont incarcérés en Belgique, dont 72 sans aucun droit de séjour, et qu'un autre groupe libéré ces dernières années a disparu dans la clandestinité.
« Nous ne pouvons pas tolérer que des Afghans ayant commis des crimes graves ici circulent librement dans les rues belges après leur peine de prison. Les droits humains sont essentiels, mais les victimes ont aussi des droits. Nos citoyens méritent la sécurité. »
Indignation des défenseurs des droits
La visite a suscité de vives condamnations. Ludovic Laus d'Amnesty International Belgique l'a qualifiée de scandaleuse, accusant l'UE de compromission avec un régime totalement liberticide. La lauréate du prix Nobel de la paix Malala Yousafzai a déclaré être secouée et profondément troublée, avertissant que les talibans arrêtent, battent et exécutent les femmes qui osent s'exprimer ou désobéir à leurs règles. Une manifestation a eu lieu devant le bâtiment de la Commission. Jeff Crisp, ancien responsable du HCR désormais à Oxford, a prévenu que les Afghans renvoyés subiraient des persécutions.
« L'Europe ne doit pas légitimer un régime responsable de l'une des pires crises des droits humains au monde. »
Un équilibre délicat
L'UE a constamment refusé de reconnaître le gouvernement taliban depuis son retour au pouvoir en 2021 après un retrait de l'OTAN mené par les États-Unis. Le chef suprême taliban fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité et persécution fondée sur le genre. Pourtant, la Commission affirme que l'engagement est le seul moyen de permettre les expulsions. Le ministère belge des Affaires étrangères a délivré un visa d'un jour limitant la présence de la délégation, et les responsables ont insisté sur le fait que les discussions étaient purement techniques et non une approbation politique.
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Sources et contexte
- Abdul Qahar Balkhi
- porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères dirigeant la délégation talibane à Bruxelles
- Malala Yousafzai
- lauréate du prix Nobel de la paix et militante qui a condamné la réunion UE-Talibans
- Anneleen Van Bossuyt
- ministre belge de l'Asile et de la Migration qui a tenu des discussions bilatérales avec la délégation
- Markus Lammert
- porte-parole de la Commission européenne qui a confirmé la réunion technique
- Magnus Brunner
- commissaire européen qui a argué que les discussions étaient nécessaires malgré l'absence de reconnaissance des talibans
- Ludovic Laus
- représentant d'Amnesty International Belgique qui a qualifié la réunion de scandale
- Jeff Crisp
- ancien responsable du HCR et chercheur invité à Oxford qui a prévenu que les personnes renvoyées subiraient des persécutions
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