
Sumar élit Verónica Martínez Barbero et Rosa Martínez comme nouvelles co-dirigeantes dans l'ère post-Díaz
Le parti fondé par Yolanda Díaz installe sa première direction sans elle, approuve un nouveau document politique et se prépare pour les élections de 2027 avec 95,92 % de soutien pour l'unique liste.
Une assemblée à liste unique
La troisième assemblée du Movimiento Sumar, tenue à l'Espace COEM de Madrid, a approuvé une liste unique de 65 noms pour le groupe coordinateur par 95,92 % des voix. Le vote installe Verónica Martínez Barbero, porte-parole du parti au Congrès, et Rosa Martínez, secrétaire d'État aux droits sociaux, comme co-coordinatrices. La liste remplace 35 membres sortants, dont des proches de la fondatrice Yolanda Díaz et ceux qui ont quitté le parti après la démission le 1er juillet de l'ancienne coordinatrice Lara Hernández. Hernández avait dénoncé une « campagne de discrédit » et faisait l'objet d'une enquête pour harcèlement au travail, close peu avant la date limite de la direction.
- Liste des coordinateurs
- 95.92 %
- Document politique
- 98.96 %
Le document politico-organisationnel, débattu dans plus de 25 assemblées territoriales et sectorielles, a reçu 98,96 % des votes des délégués. Il reconnaît l'« usure » des derniers mois et engage le parti à construire sa propre identité, distincte à la fois du PSOE et des autres forces de gauche. L'assemblée a été notablement opaque (aucun espace de presse n'a été prévu) alors que la direction cherchait à projeter l'unité après des semaines de turbulences internes.
Yolanda Díaz quitte la scène
La fondatrice du parti, la vice-présidente Yolanda Díaz, est formellement retirée de la structure organique après avoir annoncé plus tôt qu'elle ne se représenterait pas. Bien qu'elle ait assisté au rassemblement de clôture, elle n'occupe aucun poste dans le nouveau groupe coordinateur. Son départ met fin à la phase d'un parti largement construit autour de sa personne pour unir la gauche avant les élections générales de 2023, lorsque Sumar est devenu la quatrième force au Congrès avec 31 députés.
Le Parti populaire vient de conclure un accord de gouvernement avec des négationnistes du changement climatique.
Barbero a lié cette remarque à l'incendie de Los Gallardos en Almería, qui a tué au moins 12 personnes, accusant le PP de bloquer l'action climatique. Rosa Martínez a également critiqué le PP pour avoir voté contre la réforme de la loi sur la dépendance et le handicap en commission, le qualifiant de « non pour le non et ne permettant aucun progrès social dans ce pays » après qu'une disposition obligeant le gouvernement central à couvrir 50 % du financement de la dépendance a été incluse.
- Yolanda Díaz fonde Movimiento Sumar pour unir la gauche et obtient 31 sièges aux élections générales.
- Carlos Martín et Lara Hernández sont nommés co-coordinateurs dans le premier modèle de direction bicéphale.
- Après les élections andalouses, l'assemblée est convoquée pour renouveler la direction.
- Lara Hernández démissionne de son poste de co-coordinatrice, alléguant une campagne de diffamation.
- L'assemblée élit Verónica Martínez Barbero et Rosa Martínez comme nouvelles co-coordinatrices ; Yolanda Díaz quitte la structure du parti.
Un nouveau noyau idéologique : le travail écosocialiste
Le document approuvé définit Movimiento Sumar comme un « laborismo ecosocialista » ou « ecosocialismo laborista », visant à fusionner les droits des travailleurs avec la transition écologique. Il crée également un Conseil de coordination territoriale pour renforcer l'implantation régionale, une réponse aux plaintes de longue date selon lesquelles le parti restait trop centré sur Madrid. Ce changement vise à transformer le parti d'un simple « parapluie » pour la coalition en une force distincte avec son propre discours et ses propres structures.
Préparation pour 2027
Le renouvellement de la direction est explicitement programmé pour les élections générales, régionales et municipales de 2027. Le document approuve une « alliance conjoncturelle » avec les partis indépendantistes au niveau national si nécessaire pour bloquer la droite, les différends internes étant réglés par des primaires. Movimiento Sumar continuera à travailler « sur un pied d'égalité avec d'autres organisations sœurs » (IU, Más Madrid, Comuns) pour former un large front, mais il doit maintenant prouver qu'il peut survivre en tant qu'acteur indépendant sans Díaz.
Le rôle ambigu d'Urtasun
Le ministre de la Culture Ernest Urtasun, le visage le plus reconnu de la liste gagnante, est un candidat de premier plan pour diriger la coalition plus large qui remplacera Sumar. Cependant, ses fonctions spécifiques au sein de Movimiento Sumar n'ont pas été définies lors de l'assemblée, laissant ouverte la question de savoir si le profil public du parti reposera sur les deux coordinatrices ou sur le ministre.


