
Le président hongrois signe un amendement constitutionnel mettant fin à son mandat et le qualifie d'« abus de pouvoir politique honteux »
Le président Tamás Sulyok a signé samedi le 17e amendement constitutionnel, déclenchant la fin anticipée de son mandat un jour après sa publication. Il a déclaré ne disposer d'aucun outil juridique pour bloquer une mesure qu'il a décrite comme un coup fatal porté à la démocratie, à la séparation des pouvoirs et à l'État de droit en Hongrie.
La signature
Le président hongrois Tamás Sulyok a annoncé samedi 18 juillet 2026 avoir signé le 17e amendement à la Constitution du pays, une loi qui met officiellement fin à son mandat. Son mandat expirera le lendemain de la publication du document signé au Journal officiel. Dans une vidéo publiée sur Facebook, Sulyok a déclaré qu'il n'avait aucune voie légale pour contester l'amendement, malgré son possible conflit avec les principes constitutionnels, car le président ne peut pas soumettre les amendements à la Cour constitutionnelle pour un examen au fond.
Ma signature représente le sceau final de mes fonctions présidentielles et est l'expression de mon respect absolu pour la fonction en toutes circonstances.
Il a déclaré avoir accompli son devoir constitutionnel après avoir soigneusement pesé les options juridiques disponibles et agi conformément à sa conscience.
Un tournant « honteux »
Sulyok n'a pas retenu ses critiques. Il a qualifié l'amendement d'exemple grave et honteux d'abus historique du pouvoir politique, de tournant pour la démocratie constitutionnelle hongroise et de coup porté à ses valeurs fondamentales : la démocratie, la séparation des pouvoirs et l'État de droit.
Les valeurs fondamentales d'une société libre ont été piétinées au nom d'intérêts politiques. Cet amendement a de facto mis fin à l'État de droit démocratique, né de l'héritage de 1956 et du changement de régime, et a sapé le mandat de la fonction présidentielle, inchangé depuis 1990.
Sulyok a averti qu'après l'entrée en vigueur de l'amendement, la présidence sera subordonnée au pouvoir exécutif, son rôle dans l'ordre juridique s'affaiblira, des fonctions clés disparaîtront et la fonction cessera de servir de mécanisme de contrepouvoir.
Ce que fait l'amendement
Le Parlement a adopté l'amendement lundi. Il a été conçu pour destituer Sulyok, nommé par le précédent Parlement contrôlé par l'ancien Premier ministre Viktor Orbán. La législation contient 12 points. Parmi eux figurent une limitation à trois mandats pour les députés et la création d'un bureau spécial de recouvrement et de protection des avoirs, chargé de récupérer les fonds prétendument détournés sous les gouvernements Orbán.
Le mandat de Sulyok devait courir jusqu'en mars 2029. La présidence hongroise est en grande partie un rôle cérémoniel, bien que le titulaire puisse soumettre les lois adoptées par le Parlement à la Cour constitutionnelle pour examen. Le Premier ministre actuel, Péter Magyar, avait signalé ces derniers jours que le pays aurait bientôt un nouveau chef d'État.
La voie à suivre
La publication de l'amendement au Journal officiel déclenchera le compte à rebours immédiat du départ de Sulyok. Le calendrier prépare la Hongrie à une transition rapide, la présidence devant être remodelée dans le cadre du nouveau cadre constitutionnel. Le changement institutionnel plus large décrit par Sulyok, une présidence dépouillée de sa fonction d'équilibrage et placée sous le contrôle de l'exécutif, se déroulera une fois que son successeur aura pris ses fonctions.
- Le Parlement adopte le 17e amendement constitutionnel, incluant la destitution de Sulyok.
- Le président Sulyok signe l'amendement et annonce la décision sur Facebook.
- Le mandat de Sulyok expire et la Constitution modifiée entre pleinement en vigueur.
