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Le milliardaire français Sterin défend la rémigration et un programme conservateur devant le Sénat

Pierre-Edouard Sterin, le milliardaire français vivant en exil fiscal en Belgique, a détaillé sa campagne « métapolitique » visant à diffuser des idées libérales et conservatrices et à porter une politique de droite libérale-conservatrice au pouvoir en France, lors d'une audition par visioconférence devant une commission d'enquête du Sénat le 4 juin 2026.

Une apparition publique rare

Pierre-Edouard Sterin, le fondateur de Smartbox âgé de 52 ans et milliardaire autoproclamé, s'est adressé aux sénateurs par visioconférence depuis la Belgique le 4 juin 2026. C'était sa première comparution devant des parlementaires, et il a utilisé la séance de plus de 90 minutes pour présenter sa vision politique. Souriant et parfois ironique, Sterin a reconnu un parcours scolaire difficile et un rêve d'enfant avorté de devenir champion de tennis, mais il a réussi à transformer un prêt de 5 000 euros de ses parents en 2003 en une fortune de 1,4 milliard d'euros début 2026. Il s'est présenté comme une figure publique réticente, affirmant ne consacrer que 10 % de son temps à l'activisme politique.

Le projet métapolitique

Sterin a raconté comment, après avoir acquis une fortune colossale, il s'est demandé « tout cela pour quoi ? » Sa réponse a été de donner un autre sens à sa vie : utiliser son talent pour gagner de l'argent « pour faire le bien ». Il a créé deux structures philanthropiques. Le Fonds du bien commun, selon lui, soutient des projets d'intérêt général dans les domaines de la culture, de l'éducation et du handicap. La seconde, Périclès, est explicitement « métapolitique » et finance des organisations et des think tanks visant à influencer le débat public sans participer directement aux élections. « Notre objectif est de diffuser le plus largement possible les idées libérales et conservatrices », a déclaré Sterin, ajoutant qu'il espère que ces efforts permettront, dans les mois et les années à venir, de porter au pouvoir en France une politique « de droite libérale-conservatrice ».

Nous espérons que cela permettra, dans les mois et les années à venir, de porter au pouvoir en France des idées de droite libérales et conservatrices.

Des documents internes de Périclès, publiés par L’Humanité en 2024 et confirmés par Sterin, décrivent ses objectifs comme la lutte contre « le socialisme, le wokisme, l'islamisme, l'immigration ». Le cofondateur de l'organisation, François Durvye, est depuis devenu conseiller spécial du leader d'extrême droite Jordan Bardella, que les sondages donnent en tête de la prochaine élection présidentielle.

Positions sur l'immigration et l'économie

Les déclarations les plus controversées de Sterin ont porté sur l'immigration. « Je suis favorable à la rémigration des criminels étrangers, des sans-papiers ou des chômeurs de longue durée de plus de 12 mois », a-t-il déclaré, reconnaissant que cette position le plaçait « à droite de l'extrême droite (française) ». Sur les questions économiques, il a cependant affirmé se situer « à l'extrême gauche de l'extrême droite ». Invité à se définir politiquement, il s'est qualifié de « centre droit ». Sterin a également dit s'opposer au droit à l'avortement mais a refusé d'entrer dans ce débat.

Je suis favorable à la rémigration des criminels étrangers, des sans-papiers ou des chômeurs de longue durée de plus de 12 mois.

Exil fiscal et fortune personnelle

Sterin s'est décrit comme un « exilé fiscal de la génération François Hollande », ayant déménagé en Belgique en 2012 après la proposition par le président de l'époque d'une taxe à 75 % sur les millionnaires. Bien que le Conseil constitutionnel ait rapidement annulé la mesure, Sterin n'est pas revenu. Il a déclaré aux sénateurs économiser entre 100 000 et 200 000 euros par an d'impôts en vivant à l'étranger, argent qu'il dit redistribuer à des projets caritatifs en France pour des sommes bien plus importantes. « Hollande n'aime pas les riches, et je n'aime pas les sociaux-communistes », a-t-il lancé.

Hollande n'aime pas les riches, et je n'aime pas les sociaux-communistes.

Ses dépenses familiales annuelles se situent entre 150 000 et 200 000 euros, bien en deçà de ce que sa fortune lui permettrait, a-t-il dit, renforçant son message selon lequel l'accumulation de richesses n'est pas son objectif.

Examen juridique

L'audition s'inscrivait dans le cadre d'une commission d'enquête du Sénat sur le financement des activités politiques par les fondations privées. Sterin a nié toute irrégularité. « Il n'y a aucune procédure judiciaire en cours, aucune enquête, aucune infraction à la loi », a-t-il affirmé. Il a reconnu avoir refusé une convocation similaire en personne de l'Assemblée nationale l'année précédente et avoir été interrogé par la police judiciaire en novembre 2025 à propos de ce refus. Au cours de la séance au Sénat, plusieurs sénateurs se sont irrités lorsque Sterin a admis ignorer les structures juridiques précises de son propre écosystème entrepreneurial et s'en est remis à plusieurs reprises à ses équipes, qu'il a qualifiées de « bien plus compétentes » que lui.

Principales étapes publiques et privées de Pierre-Edouard Sterin
  1. Démarre son entreprise avec un prêt de 5 000 euros de ses parents.
  2. S'installe en Belgique après la proposition de taxe à 75 % de Hollande.
  3. L'Humanité publie des documents internes de Périclès.
  4. Interrogé par la police judiciaire pour avoir refusé une convocation de l'Assemblée nationale.
  5. Comparaît devant la commission d'enquête du Sénat par visioconférence.
Paris

7 sources

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