
Keir Starmer devrait annoncer sa démission lundi, sous la pression des travaillistes
Le Premier ministre britannique Keir Starmer devrait annoncer sa démission lundi, cédant à la pression de son propre parti après la victoire de son rival Andy Burnham à une élection partielle et les demandes de départ formulées par plus de 100 députés travaillistes.
Une élection partielle déclenche la crise
L'emprise de Keir Starmer sur le pouvoir s'est effritée après la victoire d'Andy Burnham, le populaire maire du Grand Manchester, à l'élection partielle de Makerfield le jeudi 19 juin. Burnham est désormais le grand favori pour succéder à Starmer comme chef du Parti travailliste et Premier ministre. Il prêtera officiellement serment comme député lundi, une étape nécessaire avant toute candidature à la direction du parti.
Starmer avait insisté vendredi sur sa volonté de rester en fonction, mais le week-end a vu une cascade de défections. Dimanche, plus de 100 députés travaillistes (environ un quart du groupe parlementaire) appelaient publiquement à sa démission. Selon The Guardian, Starmer « devrait annoncer lundi qu'il démissionnera de son poste de Premier ministre après les pressions considérables des députés travaillistes pour qu'il laisse la place à Andy Burnham. »
Les ministres réclament son départ
De hautes figures du cabinet se sont retournées contre le Premier ministre. La ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper faisait partie de ceux qui ont exhorté Starmer à fixer une date pour quitter le 10 Downing Street, selon Sky News. Le ministre des Entreprises Peter Kyle a déclaré à Sky News que Starmer « prenait le temps de réfléchir aux réalités politiques, aux défis et aux opportunités qui se présentent à lui » après ce qu'il a décrit comme une conversation « franche » avec le Premier ministre vendredi.
Starmer a passé le week-end à Chequers, la résidence de campagne du Premier ministre, en consultation avec un cercle restreint d'alliés. The Observer a rapporté qu'il « fixerait un calendrier pour son départ » et que la plupart des ministres qu'il a contactés lui ont dit qu'il devait établir un calendrier de démission.
Trump s'en mêle
Le président américain Donald Trump a tenu pour acquise la démission de Starmer dimanche, écrivant sur Truth Social : « Keir Starmer va démissionner de son poste de Premier ministre du Royaume-Uni. Il a échoué de façon pitoyable sur deux sujets très importants : L'IMMIGRATION ET L'ÉNERGIE (FORAGE POUR LE PÉTROLE DE LA MER DU NORD !). Je lui souhaite bonne chance ! » Trump a attaqué Starmer à plusieurs reprises ces derniers mois.
Un mandat difficile
Starmer est entré au 10 Downing Street le 5 juillet 2024 après une large victoire électorale du Parti travailliste, promettant de réparer un pays qu'il qualifiait de « brisé » par 14 ans de pouvoir conservateur. Deux ans plus tard, le Royaume-Uni est toujours confronté à une économie atone, à la hausse du coût de la vie et à des services publics sous tension, en particulier le NHS. Son gouvernement a été entaché par des scandales : la vice-chef du parti Angela Rayner a été contrainte au départ en septembre 2025, et la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington s'est soldée par un limogeage après neuf mois. L'impopularité personnelle de Starmer est largement considérée par les députés travaillistes comme le principal obstacle au redressement du parti.
La suite
Downing Street a insisté dimanche sur le fait que la position de Starmer était inchangée par rapport à vendredi, mais la presse britannique est unanime : une annonce de démission est imminente. The Guardian suggère que Starmer restera en fonction au moins jusqu'à la fin de l'été, un nouveau chef devant être choisi lors de la conférence du Parti travailliste fin septembre. Burnham, l'homme politique le plus populaire de Grande-Bretagne selon les sondages, est le favori pour prendre la relève.
- Andy Burnham remporte l'élection partielle de Makerfield, devenant le favori pour succéder à Starmer.
- Starmer insiste sur sa volonté de rester au pouvoir ; des ministres commencent à lui demander de fixer une date de départ.
- Starmer consulte ses alliés à Chequers ; plus de 100 députés travaillistes appellent à sa démission.
- Annonce attendue de la démission ; Burnham prête serment comme député.
- Starmer devrait rester en fonction au moins jusqu'à la fin de l'été.
- La conférence du Parti travailliste devrait choisir un nouveau chef.


