
Licenciements et enquête du parquet à l'hôpital de Varsovie après des révélations sur un accès prioritaire pour les politiciens du parti au pouvoir
Le parquet régional de Varsovie a ouvert une enquête sur le service des urgences de l'hôpital Sud de la ville, où un jeune médecin et conseiller municipal aurait instauré un système de priorité non médicale pour les politiciens de la Coalition civique au pouvoir et leurs familles, tandis que d'autres patients attendaient jusqu'à 10 heures.
Les accusations de file d'attente prioritaire
Dawid Kacprzyk, un médecin anesthésiste-réanimateur de 29 ans et conseiller municipal de la Coalition civique (KO), coordonnait le service des urgences (SOR) de l'hôpital Sud de Varsovie. Une enquête du portail Zero.pl a révélé qu'il avait mis en place une filière d'admission accélérée distincte pour les politiciens de la KO et leurs proches, contournant les règles de triage standard. Le personnel médical de l'hôpital a qualifié ce dispositif de « clinique privée Kacprzyk ».
Revenus et horaires de travail
Selon des déclarations de patrimoine citées par plusieurs médias, Kacprzyk a gagné 1,6 million de złotys en une seule année, bien que n'ayant pas de qualification de spécialiste. Les mêmes documents montrent qu'il a acheté un appartement de 900 000 złotys comptant et conduit une Porsche Panamera valant plus d'un demi-million de złotys. Les relevés d'heures indiquent qu'il déclarait environ 331 heures par mois à l'hôpital Sud tout en occupant simultanément des gardes dans trois autres établissements médicaux et en assistant à des sessions du conseil municipal. Des journalistes l'ont repéré apparaissant dans les médias pendant des gardes où il était censé travailler.
L'Ordre a déposé une plainte officielle auprès du médiateur en responsabilité professionnelle concernant les gardes manquantes.
Le parquet intervient
Mercredi, le parquet régional de Varsovie a annoncé avoir ouvert un réexamen d'office pour deux infractions possibles : la création d'un système d'admission des patients au SOR de l'hôpital Sud basé sur des critères non médicaux, contrairement aux règles de triage, ce qui aurait pu exposer d'autres patients à un danger direct de perte de vie ou de dommage grave à la santé (article 160 § 1 du code pénal) ; et la certification de faussetés dans les relevés d'heures de travail pour obtenir un avantage financier (article 271 § 3).
Le parquet examine les soupçons d'un système d'admission non médical des patients au SOR de l'hôpital Sud et de fausses déclarations dans les documents de temps de travail faites pour un gain financier.
Audit de la mairie et licenciements
Le maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski, a ordonné un audit d'urgence le 15 juin. Des résultats partiels ont déjà confirmé des irrégularités dans la programmation des gardes de Kacprzyk. L'hôpital a mis fin à tous ses contrats le 17 juin et prépare une notification de fraude aux procureurs. Le maire a également demandé au conseil de surveillance de révoquer la directrice adjointe des affaires médicales de l'hôpital, Agata Kusz-Rynkun, qui approuvait les plannings et les factures du médecin. Le conseil doit se réunir le 18 juin.
- Le maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski, ordonne un audit d'urgence de l'hôpital Sud.
- Les résultats partiels de l'audit confirment des irrégularités dans la programmation des gardes du médecin Dawid Kacprzyk.
- Le parquet ouvre une enquête ; l'hôpital met fin aux contrats de Kacprzyk ; le maire demande au conseil de révoquer la directrice médicale adjointe.
- Le conseil de surveillance doit se réunir pour décider de la révocation de la directrice adjointe.
Expérience des patients
Pendant que la filière prioritaire fonctionnait, d'autres patients subissaient de graves retards. Un patient a signalé avoir attendu 10 heures pour une sciatique sans même recevoir de perfusion intraveineuse, ajoutant que « les médecins s'en fichent tout simplement ». Un autre, avec une fièvre à 40 °C et une oppression thoracique, a été renvoyé et hospitalisé plusieurs jours plus tard après l'échec du traitement prescrit. Une femme de 82 ans a attendu 10 heures et on lui a dit que le délai d'attente estimé était de trois jours.
Les urgences sont tragiques, désespérées. Évitez-les à tout prix.
Répercussions politiques
Les députés PiS Anna Kwiecień et Łukasz Kmita ont effectué leur propre inspection parlementaire et ont remis en question le moment choisi pour l'audit de Trzaskowski, notant qu'il avait commencé à 17 heures alors que les bureaux administratifs ferment à 15 heures, le qualifiant de « tentative de dissimulation ». L'hôpital a publié un communiqué soulignant la confidentialité des patients et a refusé de divulguer des détails sur les soins individuels, tout en soulignant que toute divulgation non autorisée de données de santé est illégale. Le Fonds national de la santé (NFZ) a été saisi pour examiner la pertinence médicale des décisions passées.


