Le bureau électoral ouvre une procédure de sanction contre Pedro Sánchez pour une conférence de presse à la Moncloa
La Junta Electoral Central espagnole a ouvert une procédure de sanction contre le Premier ministre Pedro Sánchez à propos de sa conférence de presse du 6 octobre à La Moncloa, à l'approche des élections générales du 29 novembre.

La décision du bureau
La Junta Electoral Central (JEC) a décidé jeudi 15 octobre 2026 d'ouvrir une procédure de sanction contre le Premier ministre Pedro Sánchez à propos d'une conférence de presse qu'il a tenue à La Moncloa le 6 octobre. Cette intervention faisait suite à un Conseil des ministres qui avait approuvé deux décrets-lois sur le logement, les mêmes textes que le Congrès avait laissés tomber la semaine précédente. Le bureau estime que cette intervention a pu enfreindre l'interdiction, prévue par la loi électorale, d'utiliser des ressources publiques à des fins électorales pendant la période pré-électorale. La procédure en est à un stade précoce et une sanction ne pourrait intervenir qu'après la conclusion de l'enquête.
L'origine de la plainte
Le Partido Popular (PP) a déposé sa plainte le jour même de la conférence de presse, affirmant que Sánchez avait utilisé le siège de la présidence du gouvernement pour « un meeting du PSOE ». Le parti soutenait qu'il avait présenté de prétendues réalisations gouvernementales, attaqué l'opposition et envoyé des messages de campagne, dont un appel à une majorité parlementaire plus large. SALF a également déposé une plainte, selon eldiario.es. Le PP a demandé le retrait de la vidéo du site officiel de la Moncloa et que l'ensemble du gouvernement s'abstienne de déclarations similaires. ABC rapporte que le parti a qualifié cette décision de « première victoire » de la pré-campagne. La JEC a retenu une partie des plaintes, pas leur totalité.
Ce que le bureau a relevé
Le bureau n'a pas inclus la déclaration institutionnelle du 5 octobre, lorsque Sánchez a annoncé la dissolution des Cortes et des élections anticipées. Le décret n'était pas encore en vigueur ce jour-là, la période électorale n'avait donc pas commencé. Le bureau critique en revanche la diffusion de ces déclarations sur les canaux officiels une fois la période ouverte. Parmi les propos qu'il conteste, Sánchez a affirmé que le gouvernement avait adopté 33 lois, 43 décrets-lois royaux et deux réformes constitutionnelles au cours de cette législature. Il a aussi cité des chiffres du fonds de réserve des pensions et critiqué les groupes d'opposition. Sur le logement, Sánchez a déclaré dans la même intervention :
Je pense que ce gouvernement a fait énormément ces huit dernières années en matière de logement.
Antécédents en matière de sanctions
Europa Press compte là la cinquième procédure de sanction contre Sánchez, pour un total d'amendes de 6 600 euros à ce jour. La première, de 500 euros, a été infligée en janvier 2020 pour une interview télévisée accordée depuis La Moncloa pendant une période électorale. En octobre 2023, il a été condamné à une amende de 2 200 euros pour des déclarations électorales lors d'une conférence de presse à Bruxelles après un Conseil européen. Une amende de 2024 concernait l'utilisation d'un événement officiel pour soutenir Salvador Illa pendant la campagne des élections catalanes, même si les articles n'en donnent pas le montant. ABC, citant Servimedia, avance un décompte différent : six processus électoraux antérieurs, quatre amendes d'un total de 6 600 euros et deux sanctions confirmées par la Cour suprême.
- Amende de 500 euros pour une interview télévisée depuis La Moncloa pendant une période électorale
- Amende de 2 200 euros pour des déclarations électorales lors d'une conférence de presse à Bruxelles après un Conseil européen
- Amende pour avoir utilisé un événement officiel pour soutenir Salvador Illa pendant la campagne catalane
- Sánchez annonce la dissolution des Cortes et des élections anticipées
- Conférence de presse à La Moncloa après le Conseil des ministres
- La Junta Electoral Central ouvre une nouvelle procédure de sanction
Éventail des sanctions et suites
La sanction possible varie selon les médias. El Mundo cite une fourchette de 300 à 3 000 euros, tandis qu'ABC évoque un maximum de 3 000 euros, avec un paiement réduit possible si Sánchez reconnaît sa responsabilité avant que la sanction ne soit fixée. El Mundo rapporte que le bureau a ordonné le retrait des déclarations de tous les sites institutionnels et demandé à Sánchez d'observer la neutralité politique pendant la période électorale. Sánchez a annoncé la dissolution des Cortes le 5 octobre, fixant les élections générales au 29 novembre.
Le Congrès et les décrets
La Vanguardia rapporte que le bureau a partiellement accepté un recours du PP mais rejeté sa demande d'empêcher la Diputación Permanente du Congrès de valider des décrets pendant la période pré-électorale. Les juges ont donné raison au gouvernement, qui peut approuver des décrets-lois durant cette période et les faire valider par la Diputación Permanente.

