
Les rois d'Espagne président le défilé du 12 octobre, Sánchez hué à l'approche des élections
Le roi Felipe VI a présidé lundi 12 octobre le défilé militaire de Madrid, tandis que le Premier ministre Pedro Sánchez était hué par les spectateurs à l'approche des élections générales fixées au 29 novembre.
Un défilé à la veille d'élections anticipées
Le roi Felipe VI, capitaine général des armées, a présidé lundi 12 octobre le défilé militaire de Madrid pour le Día de la Hispanidad. La reine Letizia, la princesse Leonor et l'infante Sofía ont pris place dans la tribune royale aux côtés du Premier ministre Pedro Sánchez, de la ministre de la Défense Margarita Robles et du chef d'état-major de la Défense, l'amiral général Teodoro Esteban López Calderón. El País a inscrit la cérémonie dans la pré-campagne des élections générales du 29 novembre, convoquées de façon anticipée par le gouvernement. Le défilé s'est déroulé le long du Paseo del Prado et du Paseo de Recoletos, le Paseo de la Castellana étant toujours en travaux pour enfouir la voie.
4 380 personnes y ont participé, 3 850 hommes et 530 femmes, issues des forces armées, des forces de sécurité et d'autres institutions publiques. El País a également fait état de 34 aéronefs de combat et d'entraînement et de 16 avions de transport dans le défilé aérien.
- Hommes
- 3850 personnes
- Femmes
- 530 personnes
Des huées pour Sánchez et un accueil froid des dirigeants madrilènes
Sánchez a été hué à son arrivée, et une insulte à son adresse a traversé la foule. La présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, et le maire José Luis Martínez-Almeida l'ont accueilli froidement, et eldiario.es a rapporté qu'ils venaient de tenir des propos critiques à son sujet devant les caméras de Telemadrid. Les insultes ont cessé pendant l'hymne et ont repris lors des salutations aux membres du gouvernement, aux présidents de région et aux autres autorités. Felipe VI a été acclamé par des « Viva el Rey » à son arrivée avec sa famille.
Ayuso a profité de la journée pour attaquer le gouvernement devant Telemadrid, déclarant :
C'est le dernier défilé de Sánchez, donc nous sommes tous très heureux, et lui aussi sans doute, parce que ce calvaire touche à sa fin pour lui.
Elle a ajouté que plus personne ne croit au discours du gouvernement et prédit que Sánchez tenterait « un dernier leurre » pour se maintenir au pouvoir, citant la proposition de chèque-vote. Óscar Puente, ministre socialiste des Transports, et les ministres de Sumar Mónica García, Pablo Bustinduy et Sira Rego ne figuraient pas parmi les membres du gouvernement présents dans la tribune.
L'absence de Ceuta et la visite royale
La crise de Ceuta a plané sur la journée. Les unités de Ceuta étaient absentes, car elles restent déployées sur le territoire après l'atteinte à l'intégrité territoriale de Ceuta le 30 juillet, et les Regulares de Melilla représentaient les villes autonomes. Leur passage sur le Prado a suscité l'une des plus longues salves d'applaudissements de la matinée, et le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a été longuement salué par Felipe VI. Ayuso a déclaré à Telemadrid qu'un hommage au peuple de Ceuta serait rendu lors de la corrida de Las Ventas l'après-midi, ajoutant :
Ceuta, c'est l'Espagne, et aujourd'hui est un bon jour pour la défendre.
Les membres de la famille royale doivent se rendre à Ceuta et Melilla mardi et mercredi 13 et 14 octobre, pour transmettre un message de « normalité » après l'entrée massive de migrants en juillet. Ayuso a qualifié ce déplacement de « gran gesto ».
- Atteinte à l'intégrité territoriale de Ceuta ; entrée massive de migrants en juillet
- Défilé militaire à Madrid pour le Día de la Hispanidad
- Début de la visite de deux jours des souverains à Ceuta et Melilla
- Élections générales
L'absence d'Abascal et la campagne dans les tribunes
Santiago Abascal, le chef de Vox, a boudé le défilé pour la deuxième année consécutive. Il a déclaré sur les réseaux sociaux qu'il ne se tiendrait dans aucune tribune avec un gouvernement qu'il accuse de trahir l'Espagne, et eldiario.es a rapporté qu'il s'était rendu à Ceuta pour accompagner le responsable français d'extrême droite Jordan Bardella. Alberto Núñez Feijóo, le chef du PP, se tenait près de la tribune des autorités avec sa porte-parole de campagne, Esther Muñoz, et a passé de longs moments au téléphone, s'entretenant avec des barons régionaux dont Jorge Azcón, président d'Aragon. La plupart des présidents de région étaient présents, tandis que Juanma Moreno se trouvait à Bruxelles, que María Chivite a invoqué des raisons personnelles et qu'Imanol Pradales n'est pas venu.
La chèvre Babieca, mascotte âgée de deux ans du Tercio Don Juan de Austria de la 3e Légion, a défilé avec les légionnaires à 160 pas par minute, contre 124 pour le pas standard de l'infanterie, et a été applaudie par la foule.


