
Sánchez ouvre la porte à des législatives anticipées si le budget 2027 est rejeté par le Congrès
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a déclaré pour la première fois le 18 juin qu'il pourrait convoquer des élections législatives anticipées si son budget d'État pour 2027 ne parvient pas à passer le Congrès, après que l'allié nationaliste basque PNV a exigé la dissolution.
Un changement de position de Sánchez
S'exprimant lors du sommet du Conseil européen à Bruxelles, Pedro Sánchez a refusé de répéter son insistance antérieure sur le fait que la législature irait jusqu'à son terme même si le budget d'État 2027 était rejeté. Il a plutôt offert une réponse conditionnelle :
Le Premier ministre a ajouté qu'il ne veut pas spéculer, car le gouvernement est encore en train de rédiger le budget et va négocier. Mais ce choix de mots marque une rupture avec sa position antérieure (exprimée le plus récemment sur TVE en septembre 2025) selon laquelle un veto parlementaire sur les comptes n'aurait aucune conséquence politique.Si des décisions doivent être prises, nous les prendrons lorsque ces hypothèses se présenteront.
La demande du PNV et le calcul politique
Le PNV (Parti nationaliste basque), un allié parlementaire clé, avait déjà accru la pression. Le 17 juin, sa porte-parole Maribel Vaquero a déclaré à Sánchez lors d'une séance de contrôle que la législature « nage la dernière longueur » et l'a exhorté :
Le chef du PNV Aitor Esteban a intensifié ses critiques depuis des semaines. Le parti, confronté à la concurrence électorale d'EH Bildu au Pays basque, veut éviter que les élections générales ne coïncident avec les élections municipales et régionales prévues en mai 2027. Cette demande, relayée par des conversations privées entre Sabin Etxea et Moncloa, a été reprise par Sánchez lorsqu'il a publiquement exclu un « super-dimanche » électoral.Présentez le budget général de l'État, c'est votre obligation. Mais si vous ne parvenez pas à un accord dans cette Chambre, dissolvez les Cortès et convoquez des élections.
Calendrier budgétaire et déclencheur potentiel
Le gouvernement prévoit de présenter le cadre macroéconomique le 23 juin, d'approuver le plafond de dépenses et la trajectoire de déficit à la mi-juillet, et de commencer le traitement parlementaire après les vacances d'été. Un vote final au Congrès est attendu à l'automne 2026. Avec un soutien fragmenté (Junts et Podemos se sont distanciés), le budget risque d'être rejeté. Certaines figures du PSOE et l'entourage de Sánchez l'encouragent à utiliser un rejet comme déclencheur d'élections anticipées. Des sources à Moncloa présentent toute avance comme simplement technique : la législature devait se terminer d'ici juillet 2027, donc un vote au début 2027 la raccourcirait de seulement quelques mois.
Autres alliés et pression de l'opposition
Junts et Coalición Canaria font également pression pour que la législature soit close. Pendant ce temps, le chef de l'opposition Alberto Núñez Feijóo a qualifié la feuille de route budgétaire d'« écran de fumée » pour les affaires de corruption affectant l'environnement du gouvernement. L'exécutif parie que le retour de Carles Puigdemont en Catalogne une fois que la Cour de justice de l'UE validera la loi d'amnistie pourrait changer la position de Junts. Pour l'instant, Sánchez s'est engagé à présenter les comptes et dit qu'il va « suer la chemise » pour obtenir une majorité.
- Vaquero (PNV) demande à Sánchez de dissoudre le Congrès et de convoquer des élections si le budget échoue.
- Sánchez dit 'si des décisions doivent être prises, nous les prendrons', ouvrant la porte à des élections anticipées.
- Le gouvernement présente le cadre macroéconomique.
- Approbation attendue du plafond de dépenses et de la trajectoire de déficit.
- Le traitement parlementaire du budget 2027 commence après les vacances d'été.
- Vote final sur le budget attendu à l'automne ; un rejet probable déclencherait des spéculations électorales.
- Possible élection générale anticipée au premier trimestre 2027, évitant un conflit avec les élections locales de mai.


