
Shell cède tous ses parcs solaires et éoliens terrestres européens à TotalEnergies alors qu'elle se recentre sur le pétrole et le gaz
La vente comprend 0,5 GW d'actifs opérationnels et un pipeline de 3,5 GW aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni, alors que le PDG Wael Sawan recentre l'entreprise sur la production de combustibles fossiles.
L'accord
Shell a annoncé lundi qu'elle vend l'intégralité de son activité européenne d'énergies renouvelables terrestres à son rival français TotalEnergies. Le portefeuille comprend des parcs solaires, des parcs éoliens terrestres et des installations de stockage par batterie aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni. Aux Pays-Bas, la vente couvre cinq parcs solaires à Moerdijk, Heerenveen-Zuid, Emmen et deux à Terneuzen, ainsi que le parc combiné éolien et solaire Pottendijk à Emmen. Les actifs opérationnels et en développement ont une capacité combinée de 0,5 gigawatt, soit environ 12 % des projets énergétiques totaux de Shell et suffisante pour alimenter environ un demi-million de foyers. TotalEnergies acquiert également un pipeline de développement de 3,5 GW de futurs projets solaires, éoliens et de batteries en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne. Les conditions financières n'ont pas été divulguées. La transaction est soumise à l'approbation des autorités réglementaires et devrait être conclue d'ici la fin 2026.
Le repli de Shell sur les énergies vertes
Cette vente est la dernière d'une série de mesures prises par Shell pour réduire ses ambitions renouvelables et se recentrer sur le pétrole et le gaz. Depuis que Wael Sawan a pris la direction de l'entreprise en 2023, celle-ci examine ses investissements à faible teneur en carbone. À la fin de l'année dernière, Shell a vendu ses participations dans deux parcs éoliens offshore au large de l'Écosse. Plus tôt ce mois-ci, elle a cédé sa filiale indienne d'énergies renouvelables Sprng Energy pour près de 1,6 milliard d'euros. En avril, Shell a dépensé 12 milliards d'euros pour acquérir une société pétrolière et gazière canadienne. L'entreprise a également exploré de nouveaux gisements de pétrole en Angola et en Namibie. L'objectif climatique antérieur de Shell d'une réduction de 45 % des émissions d'ici 2035 a été abandonné, bien que l'entreprise promette toujours zéro émission nette d'ici 2050.
Cet accord reflète la volonté de Shell de gérer activement et d'améliorer son portefeuille.
- Wael Sawan devient PDG de Shell, entame un examen stratégique des investissements à faible teneur en carbone
- Shell vend ses participations dans deux parcs éoliens offshore écossais
- Shell acquiert une société pétrolière et gazière canadienne pour 12 milliards d'euros
- Shell vend sa filiale indienne d'énergies renouvelables Sprng Energy pour près de 1,6 milliard d'euros
- Shell annonce la vente de tous ses actifs renouvelables terrestres européens à TotalEnergies
TotalEnergies mise sur les renouvelables
Alors que Shell se retire, TotalEnergies étend son empreinte verte. Le géant français achète activement des actifs d'énergie renouvelable. Parallèlement à l'accord avec Shell, TotalEnergies a annoncé que la société d'investissement américaine KKR acquerra une participation de 50 % dans un portefeuille distinct de 1,2 GW de projets solaires et éoliens terrestres en Allemagne, en Espagne, en France et en Pologne. La valeur de ce portefeuille est de 1,8 milliard d'euros, TotalEnergies conservant l'autre moitié. Stéphane Michel, président de TotalEnergies pour le gaz, les renouvelables et l'électricité, a déclaré que l'entreprise conserverait 50 % des actifs.
- Shell opérationnel
- 0.5 GW
- Pipeline Shell
- 3.5 GW
- Portefeuille TotalEnergies-KKR
- 1.2 GW
Ce que Shell conserve
Shell ne quitte pas complètement les énergies renouvelables. L'entreprise conservera ses parcs éoliens offshore et continuera à commercialiser de l'électricité verte en Europe. Elle poursuit également le projet Holland Hydrogen I dans le port de Rotterdam, conçu pour produire 60 000 kilogrammes d'hydrogène vert par jour à partir de 2027. Les projets de captage et de stockage du carbone restent également dans le portefeuille.
Avis d'expert
L'expert en énergie Jilles van den Beukel du Centre d'études stratégiques de La Haye a qualifié la décision de Shell d'« inévitable » d'un point de vue commercial. Il a déclaré que l'entreprise avait été déçue par les rendements de ses projets d'énergie renouvelable et que les actionnaires exigeaient des résultats. Van den Beukel a noté que Shell s'éloigne progressivement de l'Europe, ayant déjà transféré son siège social de La Haye au Royaume-Uni. Il a suggéré que l'entreprise pourrait éventuellement déplacer son centre de gravité vers les États-Unis, où le climat d'investissement pour les entreprises de combustibles fossiles est plus favorable. Il a contrasté l'approche de TotalEnergies, soulignant que l'État français, bien que seulement actionnaire à 1 %, exerce toujours une influence sur la direction de l'entreprise.
Shell s'éloigne de l'Europe.


