
Quatre jours après le séisme le plus meurtrier au Venezuela depuis plus d'un siècle, les secouristes extraient des survivants des décombres et les hôpitaux restent débordés
Près de quatre jours après un séisme catastrophique au Venezuela, les équipes de secours ont extrait vivants un homme et son fils adolescent des décombres, alors que le bilan officiel dépasse les 1 400 morts et plus de 50 000 personnes sont toujours portées disparues.
Près de quatre jours après le séisme le plus fort à frapper le Venezuela depuis plus d'un siècle, le pays tente lentement de retrouver une normalité fragile tandis que l'ampleur de la tragédie continue de croître.
Le bilan humain
Les autorités ont confirmé au moins 1 450 morts et environ 3 300 blessés, même si ces chiffres sont provisoires. Plus de 50 000 personnes sont portées disparues, présumées ensevelies sous des immeubles et des bâtiments effondrés le long de la côte centrale et dans la capitale. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) rapporte que 1,8 million de personnes, dont 680 000 enfants, ont un besoin urgent d'aide humanitaire. Les dégâts sont particulièrement graves dans l'État de La Guaira, où une analyse satellite préliminaire indique que près d'un tiers des bâtiments de la zone évaluée de Catia La Mar ont subi des dommages.
- Morts confirmés
- 1450 personnes
- Blessés
- 3300 personnes
- Disparus
- 50000 personnes
Efforts de secours
Les équipes internationales de recherche et de sauvetage, y compris des contingents américains et français, continuent de travailler sans relâche. Dimanche, quatre jours après le séisme, un homme et son fils adolescent ont été extraits vivants des décombres à Caraballeda. Dans un autre succès rare, un nouveau-né de 18 jours a été retrouvé indemne. Pourtant, les recherches avancent terriblement lentement. Plus de 130 répliques significatives, faisant partie d'une séquence de plus de 300 secousses, ont interrompu les opérations à plusieurs reprises. Dans certains quartiers, les habitants creusent à mains nues, manquant d'engins lourds et submergés par l'ampleur des destructions.
Transports et logistique
L'aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía avait ses deux pistes hors d'usage. L'une a été rouverte samedi après une coordination américaine, permettant à des avions de transport militaire C-17 de livrer des hôpitaux de campagne équipés de salles d'opération. La deuxième piste reste fissurée et inutilisable. Dans la capitale, les services de métro et les grandes routes ont été partiellement rétablis. La ministre des Transports, Jacqueline Faría, a déclaré que les opérations avaient repris après des inspections de sécurité des voies, tunnels et systèmes automatisés.
Système de santé débordé
Les hôpitaux de Caracas et de La Guaira sont à la limite de la rupture, selon Médecins Sans Frontières. Au moins deux établissements médicaux se sont effondrés lors des secousses. Il existe des pénuries critiques d'antibiotiques, d'anesthésiques et de solutions intraveineuses. Le directeur du programme MSF pour le Venezuela, Andreas Spaett, a décrit la scène à La Guaira :
On aurait dit une zone de guerre. J'en ai vu beaucoup dans ma carrière chez MSF, mais c'était exactement ça. En quittant l'hôpital, un camion est arrivé transportant plusieurs corps.
MSF distribue des kits de traumatologie d'urgence, des analgésiques et des pansements. Le gouvernement a activé un site web, localizapacientes.com, qui avait enregistré plus de 2 500 patients vendredi pour aider les familles à retrouver leurs proches.
Aide internationale
Un premier vol de l'UNICEF est arrivé avec 20 tonnes de fournitures médicales, de produits de purification de l'eau, de kits d'hygiène et de tentes. Le Commandement sud des États-Unis a déployé des hélicoptères et des équipes médicales. Les travailleurs humanitaires continuent de faire face à de graves difficultés d'accès ; des trajets qui prennent normalement 45 minutes s'étendent à plus de quatre heures alors que des milliers de motocyclistes et de volontaires encombrent les routes pour tenter d'apporter de l'aide.


