
Le géant automobile chinois SAIC choisit la Galice pour sa première usine européenne de véhicules électriques, investissant 200 millions d'euros
Le groupe automobile public chinois SAIC Motor a officiellement déposé une demande pour construire sa première usine européenne de véhicules électriques en Galice, en Espagne, un projet de 200 millions d'euros visant à contourner les droits de douane de l'UE et à produire 120 000 voitures par an d'ici fin 2028.
Le géant automobile chinois SAIC Motor, propriétaire de la marque MG, a officiellement soumis sa demande pour établir sa première usine de véhicules électriques en Europe continentale dans la région de Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne. Le gouvernement régional de Galice a confirmé cette décision lundi, qualifiant le projet d'initiative industrielle stratégique pour accélérer son développement.
Un atterrissage stratégique dans le Ferrolterra
L'usine sera construite sur deux sites : le port extérieur de Ferrol et la municipalité voisine d'As Pontes de García Rodríguez, toutes deux dans la province de La Corogne. L'investissement initial est fixé à 200 millions d'euros pour la première phase, avec un début de construction prévu en 2027 et une mise en service complète de l'usine avant la fin 2028. Une fois achevée, elle aura une capacité de production annuelle de 120 000 véhicules.
Le projet devrait créer 2 300 emplois dans sa phase initiale, répartis en 1 000 emplois directs à l'usine portuaire, 1 000 emplois indirects et 300 postes au centre industriel et logistique d'As Pontes. María Jesús Lorenzana, la ministre régionale de l'économie et de l'industrie, l'a décrit comme « le plus grand projet international à arriver en Galice depuis des décennies ».
Contourner les droits de douane de l'UE et une crise européenne
L'une des principales motivations de cet investissement est d'atténuer les droits de douane sévères de 45,3 % imposés par l'Union européenne sur les véhicules électriques importés de Chine. En fabriquant localement, SAIC peut contourner ces taxes et accélérer sa stratégie « En Europe, pour l'Europe ». Cette décision intervient alors que les constructeurs automobiles européens traditionnels, notamment en France et en Allemagne, sont confrontés à une crise structurelle avec une baisse drastique des ventes mondiales, laissant les usines fonctionner avec une surcapacité moyenne de 50 % et risquant la fermeture.
Grâce à notre stratégie « En Europe, pour l'Europe », nous ne nous contentons pas de répondre à l'avenir de la mobilité, nous contribuons à le définir. En investissant dans les capacités locales, en renforçant notre présence en Europe et en favorisant un écosystème automobile plus compétitif, nous accélérons la voie de l'Europe vers un avenir de mobilité plus propre, plus intelligent et plus durable.
Une tendance aux partenariats sino-européens
Le projet de SAIC s'inscrit dans une tendance plus large des constructeurs automobiles chinois à établir une production en Europe pour conquérir le marché. Le 20 mai, le groupe franco-italo-américain Stellantis a signé un protocole d'accord avec le géant chinois Dongfeng pour distribuer et fabriquer ses voitures électriques à l'usine de Rennes, dans l'ouest de la France. Les experts du secteur suggèrent que d'autres consortiums traditionnels, comme le groupe Volkswagen, pourraient bientôt être tentés d'ouvrir leurs usines aux modèles chinois pour remplir les chaînes de montage vides.
Un chemin long et complexe à venir
Malgré le battage médiatique, les responsables régionaux ont prévenu que le processus ne fait que commencer et sera « très long et complexe ». Alfonso Rueda, le président de la Xunta de Galice, a reconnu qu'il reste un travail important, notamment l'obtention de concessions portuaires et l'autorisation d'investissement étranger du gouvernement central espagnol. Lorenzana a souligné la nécessité d'une « rigueur technique et environnementale maximale » et a noté que SAIC s'est engagé à s'approvisionner en une partie très significative de ses fournitures auprès de sources européennes, conformément à une future réglementation de l'UE exigeant un minimum de 70 % de fabrication locale.
Il y a un long et minutieux travail à accomplir.
Le gouvernement régional a remercié le gouvernement central de Pedro Sánchez pour sa collaboration « exemplaire », qui a inclus des réunions de haut niveau et une visite de Rueda et Lorenzana en Chine en avril, suite à un voyage du Premier ministre espagnol.
Construire un hub européen
Au-delà de l'usine initiale, l'ambition à long terme de SAIC est de transformer la région du Ferrolterra en un hub industriel et logistique complet pour l'Europe, similaire au complexe Stellantis dans le sud de la Galice. L'usine intégrera la recherche et le développement de véhicules, la fabrication avancée, la fourniture de composants clés et les opérations logistiques intelligentes, créant un écosystème industriel entièrement connecté. MG a qualifié le projet de « jalon historique » qui apportera des technologies de pointe en Europe grâce à une fabrication et une R&D localisées, soutenant la transition vers les objectifs de zéro émission de l'UE pour 2035.
- SAIC Motor explore pour la première fois des alternatives en Galice pour son usine européenne.
- Le président galicien Alfonso Rueda et la ministre María Jesús Lorenzana se rendent en Chine pour des négociations, suite à une visite du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.
- Stellantis signe un protocole d'accord avec Dongfeng pour fabriquer des VE à Rennes, en France, soulignant la tendance des partenariats automobiles sino-européens.
- SAIC soumet officiellement sa demande ; la Xunta de Galice déclare le projet comme une initiative industrielle stratégique.
- Le début de la construction de l'usine est prévu.
- L'usine devrait être pleinement opérationnelle avec une capacité de 120 000 véhicules par an.

