
Fabien Roussel appelle à des manifestations contre le prix des carburants et exige une baisse de 30 centimes
Le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a exhorté les citoyens à manifester sur les ronds-points contre le coût de l'énergie, tout en exigeant des baisses d'impôts et une action de l'État contre les entreprises énergétiques.
Appel à des manifestations sur les ronds-points
Le secrétaire national du Parti communiste français et candidat à la présidentielle, Fabien Roussel, a exhorté vendredi les citoyens à lancer des manifestations dans tout le pays si le gouvernement ne réduit pas immédiatement le coût de l'énergie. S'exprimant sur France 2 avant la Fête de l'Humanité, le maire de Saint-Amand-les-Eaux a évoqué les précédents mouvements de protestation nationaux. Il a prévenu que sans intervention rapide de l'exécutif, les actions publiques devraient s'étendre aux sous-préfectures, préfectures et sièges de l'exécutif, dont l'Élysée et Matignon. Roussel a spécifiquement évoqué les mobilisations prévues le 15 septembre, menées par les syndicats du secteur de l'énergie, ainsi qu'une journée d'action ultérieure programmée le 17 octobre.
Si le gouvernement n'agit pas dans les jours qui viennent, j'appelle les Français à se mobiliser comme nous avons su le faire en 2018 avec les gilets jaunes.
- Fabien Roussel lance un appel à des mobilisations dans la rue et sur les ronds-points
- Mobilisation inter-syndicale du secteur de l'énergie prévue dans toute la France
- Manifestations nationales contre la hausse des prix des carburants et de l'énergie
Baisses de taxes sur les carburants proposées et ciblage des entreprises
Pour réduire les dépenses des ménages à la pompe, Roussel a présenté un plan fiscal spécifique qui réduirait le prix des carburants de 30 centimes par litre. Sa proposition exige l'annulation immédiate des certificats d'économies d'énergie appliqués à l'essence depuis le 1er janvier, qui représentent 15 centimes par litre. Il a également appelé à réduire la taxe sur la valeur ajoutée sur les carburants de 20 % à 5,5 %, ce qui entraînerait une réduction supplémentaire de 15 centimes. Outre les ajustements fiscaux, Roussel a insisté pour que le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu intervienne directement contre les entreprises énergétiques Total et Rubis, le principal fournisseur de carburant de la Corse. Roussel a affirmé que les bénéfices de Total sont illicites et a soutenu que son directeur général, Patrick Pouyanné, devrait être traduit devant un tribunal.
- Abrogation des certificats d'économies d'énergie
- 15 centimes
- Réduction de la TVA à 5,5 %
- 15 centimes
Idées concurrentes de l'opposition et réponse du gouvernement
D'autres figures de l'opposition ont également présenté des propositions pour faire face à la flambée des prix à la pompe. La candidate socialiste à la primaire, Ségolène Royal, a soutenu sur RTL que les prix de détail de l'essence ne devraient pas dépasser 1,70 euro par litre. Royal a plaidé pour des ajustements ciblés de la taxe sur la valeur ajoutée ainsi que pour des limites strictes aux marges bénéficiaires du raffinage, notant que les acteurs intermédiaires du secteur de l'énergie ont accumulé des bénéfices substantiels. L'administration de Sébastien Lecornu a rejeté les réductions d'impôts généralisées. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déclaré que les réductions d'impôts générales étaient exclues, expliquant que l'exécutif préfère une aide financière ciblée.
La bonne solution, c'est encore une fois une aide ciblée, destinée à ceux qui en ont le plus besoin.
Pressions économiques et critique de la politique étrangère
Roussel a lié la crise énergétique intérieure à la stagnation économique plus large et aux choix de politique étrangère. Se référant aux récents indicateurs économiques de l'INSEE qui pointent vers une hausse du chômage, un ralentissement de la croissance et une stagnation de la consommation des ménages, il a attribué la hausse du coût de la vie à la guerre prolongée en Ukraine et aux politiques énergétiques européennes. Il a déclaré que les contribuables français en supportent le coût via 6 milliards d'euros supplémentaires alloués au budget de la défense, ainsi que des tarifs élevés de l'électricité et du gaz naturel suite à la coupure des approvisionnements en gaz russe. Roussel a soutenu que des négociations de paix internationales et une réforme énergétique nationale sont nécessaires pour empêcher une nouvelle détérioration du niveau de vie.


