L'Espagne débloque la retraite partielle pour 700 000 agents publics après un gel d'un an
Le Conseil des ministres a approuvé lundi un décret-loi royal autorisant les contrats de remplacement temporaires, mettant fin à un blocage qui paralysait des milliers de retraites partielles depuis avril 2025.
Contexte
Le blocage a commencé lorsque le décret-loi royal 11/2024, issu d'un accord sur les retraites entre le gouvernement et les syndicats CCOO et UGT, exigeait que tout travailleur remplaçant un employé à la retraite partielle soit embauché avec un contrat permanent à temps plein. Pour les administrations publiques, cela entrait en conflit avec les principes constitutionnels d'égalité, de mérite et de capacité, car les postes permanents doivent passer par de longues offres d'emploi public. Résultat : à partir d'avril 2025, des milliers d'agents de droit privé à tous les niveaux de l'administration, environ 700 000 travailleurs dans les mairies, les communautés autonomes et les universités, n'ont pas pu exercer leur droit à la retraite partielle, bien qu'ils l'aient acquis.
Le gouvernement a pris des décisions qui ignoraient la spécificité de l'emploi public et les principes constitutionnels qui le régissent, créant une situation profondément préjudiciable pour des milliers d'agents publics de droit privé qui, bien qu'ayant le droit à la retraite partielle reconnu, ont été empêchés dans la pratique de l'exercer.
Le revirement
Le décret-loi royal approuvé lundi par le Conseil des ministres, sous la tutelle du ministère de la Fonction publique, permet aux administrations d'utiliser des contrats de remplacement temporaires lorsque l'embauche indéfinie n'est pas immédiatement possible. Les postes seront ensuite intégrés dans les offres d'emploi public formelles et pourvus de manière permanente. La mesure couvre tous les agents publics de droit privé, allant au-delà d'une décision antérieure de juin 2026 qui avait réactivé les retraites partielles uniquement pour ceux couverts par le Quatrième Accord Unique de l'Administration Générale de l'État.
Réactions syndicales
Le CSIF, qui avait fait pression pour des changements par le biais des tribunaux, d'initiatives parlementaires et d'une manifestation solitaire devant le ministère des Finances le 11 juin, a attribué cette avancée à une pression soutenue. Le syndicat a noté que les tribunaux avaient jugé que la réglementation initiale n'avait pas tenu compte des contraintes de recrutement du secteur public. La CCOO a salué cette mesure mais a prévenu que le problème « est loin d'être totalement résolu ». Le syndicat a également appelé le gouvernement à donner suite aux engagements antérieurs, notamment un régime de retraite partielle pour les fonctionnaires et le personnel statutaire qui manque encore d'un cadre clair.
La retraite partielle était un droit bloqué lors de la dernière réforme des retraites, qui n'a pas pris en compte les exigences de sélection du personnel des administrations publiques.
Fonctionnement de la retraite partielle
Dans le cadre de ce système, les employés qui n'ont pas atteint l'âge ordinaire de la retraite peuvent réduire leur temps de travail, entre 25 % et 75 % dans la plupart des cas, ou 20 % à 33 % la première année s'ils prennent leur retraite plus de deux ans avant l'âge légal, et percevoir un salaire proportionnel ainsi qu'une pension proportionnelle. Les travailleurs éligibles doivent prendre leur retraite trois ans avant l'âge normal, avoir 33 ans de cotisations et six ans d'ancienneté immédiatement avant la date de la retraite partielle.
- Le décret-loi royal 11/2024 entre en vigueur, exigeant des contrats de remplacement indéfinis, bloquant de fait les retraites partielles dans le secteur public.
- Le CSIF rencontre Óscar López, ministre de la Fonction publique, pour exiger une solution réglementaire.
- Le CSIF demande un décret-loi royal pour réglementer la retraite partielle des fonctionnaires et du personnel statutaire, ainsi que des mesures provisoires pour le personnel de droit privé.
- Le CSIF organise une manifestation solitaire devant le ministère des Finances pour exiger un déblocage immédiat.
- Le gouvernement réactive la retraite partielle pour le personnel de droit privé couvert par le Quatrième Accord Unique de l'Administration Générale de l'État (AGE).
- Le Conseil des ministres approuve un nouveau décret-loi royal débloquant la retraite partielle pour tout le personnel de droit privé de l'administration publique via des contrats de remplacement temporaires.
Prochaines étapes parlementaires
Le décret-loi royal doit maintenant être validé par le Parlement dans un délai d'un mois. La mesure avait été convenue avec les syndicats majoritaires il y a des mois, mais son approbation a été retardée dans le cadre d'un ensemble de négociations plus large qui comprenait également les pensions de veuvage pour les partenariats non enregistrés avec enfants et une prestation temporaire d'incapacité spéciale pour les patients atteints de cancer. Ces mesures supplémentaires n'ont pas été incluses cette fois-ci, laissant le déblocage de la retraite partielle se poursuivre seul.


