Retailleau lance sa campagne présidentielle avec le soutien de Sansal, promettant de « remettre la France à l'endroit »
Bruno Retailleau a tenu samedi son premier grand meeting de campagne pour la présidentielle française de 2027, se présentant comme le candidat pour « remettre la France à l'endroit » et bénéficiant du soutien de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal.
Bruno Retailleau, le candidat Les Républicains (LR) pour l'élection présidentielle française de 2027, a lancé sa campagne par un meeting au Parc Floral de Paris samedi. Des milliers de personnes ont bravé une canicule (4 400 chaises étaient disposées et les organisateurs ont revendiqué 6 000 participants) pour entendre Retailleau promettre de restaurer ce qu'il a appelé une France mise sens dessus dessous sous la présidence d'Emmanuel Macron.
Mobiliser les militants
À l'intérieur du site climatisé, les partisans agitaient des drapeaux français et vendéens en scandant « Bruno président ! » et en chantant La Marseillaise. Le sénateur de la Vendée est entré dans la salle en serrant des mains avant de monter sur scène, où il a rendu hommage aux élus qui l'entouraient. Gérard Larcher, le président du Sénat, et les anciens Premiers ministres Michel Barnier et François Baroin figuraient parmi les personnalités au premier rang, tout comme Valérie Pécresse, que Retailleau a saluée comme « une loyale, une combattante ». Le candidat a insisté sur le fait qu'aucun autre mouvement ne pouvait rassembler autant de députés et de sénateurs, présentant LR comme le lieu naturel de la droite.
Nous allons relever la France. Nous allons la remettre à l'endroit.
S'attaquer au macronisme et à la gauche
Retailleau a réservé ses mots les plus durs à l'ère Macron et à Gabriel Attal, le candidat Renaissance. Il a moqué le slogan d'Attal « tu casses, tu répares », initialement inventé lorsque Attal était Premier ministre, comme étant bon seulement pour gronder des enfants désobéissants et inutile contre les « barbares » auxquels la police fait face. Il a également attaqué Jean-Luc Mélenchon, accusant La France insoumise de promouvoir un « nouvel antisémitisme qui puise aux sources de l'islamo-gauchisme ». Aucune mention du Rassemblement national.
Cette menace, c'est pour gronder les enfants qui ont fait des bêtises. Mais elle ne fera pas peur aux barbares auxquels nos policiers et gendarmes doivent faire face.
Le soutien de Sansal
Le moment le plus marquant du meeting est venu de la présence de Boualem Sansal, l'écrivain franco-algérien libéré en novembre dernier après près d'un an de détention en Algérie. Sansal, assis au premier rang sous des applaudissements nourris, a déclaré qu'il voterait « très probablement » pour Retailleau. Pour Retailleau, l'occasion était une chance de se distancier de la politique algérienne de Macron : en tant que ministre de l'Intérieur, il avait cherché, sans succès, à établir un « rapport de force » pour obtenir la libération de Sansal. Il a qualifié l'auteur de « plus qu'un symbole, une légende » et a également exigé la libération du journaliste Christophe Gleize, toujours détenu en Algérie.
Je voterai très probablement pour lui.
Sondages et unité du parti
Retailleau est actuellement crédité d'environ 9 à 10 % des intentions de vote, derrière Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal. Néanmoins, il a présenté 2027 comme « l'élection de la dernière chance » et le scrutin présidentiel le plus important depuis un demi-siècle, insistant qu'il mènerait sa candidature « jusqu'au bout ». Quelques figures seniors de LR, dont Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et Jean-François Copé, étaient absentes, soulignant le défi d'unir le parti derrière lui. Ceux qui étaient présents ont cependant décrit le meeting comme une démonstration de force. Larcher a déclaré que le but de la journée était de « voir qu'il est soutenu », compte tenu de son désir d'une candidature unique de la droite et du centre.
Je vais mettre mes tripes, mon cœur sur la table. J'irai jusqu'au bout.


