
Un sondage espagnol montre que 76 % des personnes interrogées soutiennent une intervention de l'État, la crise du logement provoquant des élections anticipées
Une enquête menée auprès de 6 019 personnes par le Centro de Investigaciones Sociológicas montre que 87 % des Espagnols se disent préoccupés par le logement et que 76,3 % sont favorables à une intervention de l'État pour garantir l'accès.
Préoccupation générale et soutien à l'intervention publique
Le Centro de Investigaciones Sociológicas (CIS) a publié son baromètre du logement le 8 octobre 2026, sur la base de 6 019 entretiens réalisés en juin. Les résultats indiquent que 87 % des Espagnols se déclarent très ou assez préoccupés par les conditions de logement : 51,6 % se disent très préoccupés et 35,4 % assez préoccupés. Seuls 5,1 % n'expriment aucune inquiétude, tandis que 6,6 % se disent peu préoccupés. Interrogés sur l'implication de l'État, 76,3 % se prononcent pour que les pouvoirs publics interviennent sur le marché autant que nécessaire pour garantir l'accès, contre 18,8 % qui préfèrent une non-intervention dans l'offre et la demande. En outre, 79 % estiment que la politique devrait faire du logement une priorité en tant que droit constitutionnel, tandis que 13,5 % le considèrent avant tout comme un actif de marché. Les données du CIS montrent que le logement reste le principal problème public du pays depuis 22 mois consécutifs, depuis décembre 2024, avec un pic en mai 2026.
- Baisses d'impôts sur la première résidence
- 95.4 %
- Construire plus de logements publics
- 91.4 %
- Récupérer les logements publics privatisés
- 83.1 %
- Créer une entreprise publique de logement
- 76.3 %
- Limiter les meublés touristiques
- 75.6 %
- Taxer les propriétaires de 10 logements ou plus
- 72 %
- Gel des loyers pendant deux ans
- 70.6 %
- Exproprier des terrains pour le logement public
- 49.9 %
- Exproprier les logements vacants
- 40 %
Soutien du public à des mesures de marché précises
Le baromètre a testé plusieurs options politiques récemment inscrites dans des décrets gouvernementaux entrés en vigueur jeudi, après un rejet antérieur du Parlement. Le niveau de soutien le plus élevé concerne la réduction des taxes sur l'achat d'une première résidence, approuvée par 95,4 % des personnes interrogées. L'extension de la construction de logements publics recueille 91,4 % d'adhésion, tandis que 83,1 % soutiennent la récupération de logements publics vendus auparavant à des entreprises privées. La création d'une entreprise publique de logement obtient 76,3 % d'approbation et 75,6 % se prononcent pour la limitation des meublés touristiques. D'autres mesures réglementaires bénéficient d'un large soutien : 72 % approuvent une hausse des impôts visant les propriétaires de 10 logements ou plus et 70,6 % un gel des loyers de deux ans. Les propositions impliquant une expropriation n'obtiennent pas de majorité : 49,9 % soutiennent l'expropriation de terrains pour du logement public, contre 43,6 % d'opposants, tandis que 40 % sont favorables à l'expropriation de logements vacants, contre 54,3 % qui la rejettent.
Impact personnel et statut d'occupation
L'enquête documente un écart net entre l'inquiétude générale et l'impact personnel direct dans la population. Si l'inquiétude est répandue, seuls 41,6 % des citoyens indiquent que les conditions du marché du logement leur nuisent personnellement. 52,6 % déclarent que la situation ne leur nuit ni ne leur profite, et 4,4 % reconnaissent en tirer un bénéfice personnel. Ce clivage reflète la composition du parc de logements du pays, où 55 % des ménages sont propriétaires de leur logement et où 54 % de ces propriétaires ont entièrement remboursé leur prêt immobilier. Les locataires représentent 24,1 % de la population interrogée, tandis que 20 % vivent dans un logement cédé ou ne paient pas de loyer. Parmi les locataires en activité, 39 % paient les prix du marché, 32,7 % font face à des loyers supérieurs au marché et 23,6 % paient en dessous des tarifs du marché.
- Propriétaires
- 55 %
- Locataires
- 24.1 %
- Logement gratuit ou cédé
- 20 %
Obstacles à l'accès et contexte politique
La préférence pour l'acquisition d'un bien reste dominante : 93,5 % des personnes interrogées choisiraient la propriété, contre 5,4 % qui préfèrent la location. La capacité d'achat reste toutefois limitée : seuls 18,4 % prévoient d'acheter dans les deux prochaines années, et 63,5 % de ces acheteurs potentiels comptent sur un achat en commun. Parmi les adultes vivant chez des proches ou occupant une chambre individuelle dans un appartement partagé et qui n'envisagent pas de déménager, 85,6 % citent des prix d'achat excessifs par rapport aux revenus, 84,9 % des loyers élevés et 77 % l'absence de fonds pour un apport. La publication fait suite au décès d'une habitante nommée Maricarmen lors d'une expulsion, qui a déclenché des campements de rue et des manifestations sur la Puerta del Sol à Madrid. Ces événements ont conduit à un appel à la grève générale et poussé le Premier ministre Pedro Sánchez à convoquer des élections générales anticipées.

