
L'OLAF démantèle un réseau qui a introduit clandestinement 200 000 préservatifs contrefaits en Europe
L'Office européen de lutte antifraude (OLAF) a annoncé le démantèlement d'un réseau international qui a distribué plus de 200 000 préservatifs contrefaits dans toute l'Europe, faussement déclarés comme des jouets pour contourner les contrôles douaniers.
L'Office européen de lutte antifraude (OLAF) a annoncé mardi le démantèlement d'un réseau international qui a distribué plus de 200 000 préservatifs contrefaits dans toute l'Europe. Les produits, vendus sous le nom et le logo d'une marque bien connue, ont été introduits en contrebande depuis la Chine et faussement déclarés comme des jouets pour contourner les strictes réglementations de l'UE sur les dispositifs médicaux. L'opération, menée avec les autorités douanières nationales et les responsables chinois, a donné lieu à des saisies en Roumanie, en Serbie et en Espagne.
L'opération de contrebande
L'OLAF a reçu des informations initiales de la part des autorités nationales, puis a procédé à une analyse comparative des produits saisis avec les responsables douaniers en Roumanie, en Serbie et en Espagne. L'enquête a déterminé que tous les préservatifs contrefaits provenaient d'un fournisseur commun en Chine. En collaboration avec les autorités chinoises, l'OLAF a identifié l'exportateur responsable des expéditions. Les marchandises avaient été faussement déclarées comme des jouets, apparemment pour contourner les contrôles rigoureux appliqués aux dispositifs médicaux entrant dans l'UE. Les préservatifs en Europe sont classés comme dispositifs médicaux et doivent répondre à des normes spécifiques de santé et de sécurité, notamment la certification CE et la conformité à des normes telles que l'ISO 4074. L'OLAF a déclaré avoir « perturbé un flux important de préservatifs », sans toutefois indiquer si l'exportateur fait l'objet de poursuites judiciaires. On ignore encore si d'autres envois sont encore en circulation.
Risques pour la santé et défauts de qualité
Les faux préservatifs n'ont pas satisfait aux exigences de qualité de l'UE pour les dispositifs médicaux, notamment les tests de durabilité, de stabilité, de contamination microbienne, de biocompatibilité, de résistance aux fuites, de précision dimensionnelle et de durée de conservation. L'OLAF a averti que l'utilisation de ces produits pourrait entraîner des infections sexuellement transmissibles, des grossesses non désirées et une exposition à des produits chimiques toxiques et à des matières dangereuses. L'agence n'a pas révélé combien des 200 000 préservatifs ont atteint les consommateurs. La valeur marchande estimée des marchandises saisies dépassait les 200 000 euros.Les préservatifs contrefaits sont dangereux. Ils ne sont ni testés, ni contrôlés, ni sûrs.
Tromperie sur la marque et risque pour les consommateurs
Les préservatifs contrefaits étaient commercialisés sous le nom et le logo d'une marque connue, mais l'OLAF a refusé de divulguer publiquement le nom de la marque. Les produits étaient emballés de manière à paraître légitimes, trompant les acheteurs qui pensaient acheter des contraceptifs certifiés et sûrs. La fausse déclaration comme jouets a permis aux expéditions de contourner les contrôles douaniers plus stricts appliqués aux dispositifs médicaux, qui exigent une preuve de conformité avec les normes de sécurité, de santé et d'environnement de l'UE. Le marquage CE, obligatoire pour les préservatifs vendus en Europe, garantit l'efficacité par des évaluations régulières de conformité et des inspections des installations de fabrication, que les contrefaçons n'ont pas subies.
Baisse de l'utilisation du préservatif chez les jeunes
Cette opération intervient alors que l'utilisation du préservatif chez les adolescents européens a diminué, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2024. Parmi les jeunes de 15 ans sexuellement actifs, l'utilisation du préservatif est passée de 70 % en 2014 à 61 % en 2022. La combinaison d'une moindre utilisation et de la circulation de produits contrefaits accentue les risques pour la santé publique, car moins de jeunes comptent sur les préservatifs pour se protéger contre les IST et les grossesses non désirées.
- 2014
- 70 %
- 2022
- 61 %


